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Lors de la troisième édition des journées pédiatriques qui se sont tenues les 5 et 6 avril à Stockholm (Suède), des chercheurs et médecins ont relativisé la capacité du seul allaitement maternel à mettre les enfants de zéro à six mois à l’abri de la malnutrition.
 
« Ces dernières années, il est devenu de plus en plus évident que l'hypothèse selon laquelle les nourrissons de moins de 6 mois sont protégés de la malnutrition par l'allaitement au sein n'est souvent pas la réalité que nous observons sur le terrain », peut-on en effet lire dans le dossier de presse de cet événement organisé par Médecins sans frontières (MSF).
 
Montse Escruela, conseillère en matière de nutrition chez MSF, explique comment l’organisation en est arrivée à faire ce constat : « Comme il était supposé que l'allaitement au sein constituait une protection pour un enfant contre la malnutrition, aucun dépistage nutritionnel n'a été réalisé pour les enfants de 0 à 6 mois ».

“Quand nous avons examiné les enfants nourris au sein, nous avons remarqué que certains d'entre eux peuvent encore souffrir de malnutrition, malgré l'allaitement, s'il n'est pas pratiqué correctement.”

Montse Escruela, conseillère en matière de nutrition - MSF

Dans un entretien accordé à SciDev.Net, cette dernière ajoute que « nous pouvons donc voir que ce groupe d'âge était auparavant exclu des évaluations et nous ne pouvons donc pas dire qu'ils n'étaient pas mal nourris. La conséquence est que les enfants de moins de 6 mois ont donc été négligés par les programmes nutritionnels ».
 
Or, « quand nous avons examiné les enfants nourris au sein, nous avons remarqué que certains d'entre eux peuvent encore souffrir de malnutrition, malgré l'allaitement s'il n'est pas pratiqué correctement », poursuit Montse Escruela.
 
En conséquence, l’intéressée attire l’attention de l’opinion sur le fait que l'allaitement maternel ne garantit pas automatiquement une protection du nourrisson contre la malnutrition.
 
Marie Clarisse, formatrice en soins infirmiers chez MSF, indique d’ailleurs que pour repérer des signes de malnutrition chez des enfants d’âge inférieur ou égal à six mois, « nous utilisons une combinaison de mesures anthropométriques telles que le poids, la taille, l’âge et la recherche d’œdèmes ».
 
Suivant ses explications, cette détection se fait en fonction des recommandations spécifiques du pays concerné et celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par exemple, « la présence d’œdèmes sur les deux pieds dénote une malnutrition sévère », ajoute-t-elle.
Auteur d’une évaluation du dispositif de réponse au pic annuel de malnutrition et de paludisme au Niger, qu’elle a présentée lors des journées pédiatriques de Stockholm, Marie Clarisse pense que la prise en charge de la malnutrition chez le nourrisson passe par un soutien à sa mère.
 

Traitement

 
« Aider la mère à améliorer l'allaitement est la meilleure mesure, ainsi que le suivi des recommandations du protocole. S'il n'y a pas de solution d'allaitement possible, nous devons trouver une solution de lait de substitution », dit-elle.
 
Ce traitement, précise Marie Clarisse, devrait s’étendre à toutes les complications médicales et à la fourniture de soins de base tels que l'éducation à la santé, la vaccination et le dépistage de maladies chroniques ou infectieuses comme la tuberculose et le VIH/sida.
 
Or, regrettent les organisateurs des Journées pédiatriques 2019, « nous traitons toujours de la même manière les nourrissons prématurés et / ou petits pour leur âge en raison d'une maladie congénitale, les nourrissons souffrant de malnutrition en raison de mauvaises pratiques d'allaitement, ainsi que les patients atteints de kwashiorkor et de physiopathologie très différente ».
 
D’où l’interpellation de Montse Escruela qui estime que « nous devons garantir une bonne évaluation ainsi que de bonnes pratiques d'alimentation et de soins ».
 
Ce d’autant plus que les conséquences de la malnutrition chez les bébés dépendent de la gravité et de la durée de la maladie; et ces conséquences peuvent aller des retards de développement neurologique aux risques accrus de mortalité, en passant par des risques d'infections et d’anémie, comme l’énumère Marie Clarisse.

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