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[NAIROBI] La pandémie de la COVID-19 a entraîné de nombreux défis en Afrique subsaharienne, les systèmes de santé fragiles de la région faisant souvent l'objet d'une plus grande attention.
 
Mais avec le système alimentaire souffrant de perturbations majeures en raison des mesures de contrôle de la COVID-19 telles que le confinement et les couvre-feux, je ne pouvais qu’être d'accord avec les participants à un webinaire organisé le 7 mai 2020. Ils étaient préoccupés par le fait que la pandémie perturbait tous les systèmes sur lesquels nous comptons.
 
Organisé par le projet ACToday (Adapting Agriculture to Climate Today) de l'université de Columbia aux États-Unis, le webinaire a examiné les modalités de l'alimentation des populations en cas de pandémie et à une époque où le changement climatique et ses effets connexes sont réels.
 
La COVID-19 est arrivée au pire moment pour de nombreux pays d'Afrique de l'Est tels que l'Éthiopie, le Kenya et la Somalie qui étaient aux prises avec des inondations et des infestations de criquets pèlerins.

La pandémie pourrait durer longtemps. Nous devons veiller à stimuler la production agricole et la sécurité alimentaire

Gilbert Nakweya

En janvier de cette année, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a averti que l'infestation de criquets pèlerins « représente une menace extrêmement alarmante et sans précédent pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance dans la Corne de l'Afrique ».
 
Comment l'humanité peut-elle être bien nourrie alors qu'une pandémie perturbe la vie sur une planète surchauffée et turbulente ? Telle était la principale question abordée par le webinaire.
 
Ousmane Ndiaye, directeur du service national de météorologie du Sénégal et chercheur adjoint à l’International Research Institute for Climate and Society[1](IRI), a déclaré qu'il était nécessaire de fournir des informations sur les changements climatiques aux petits exploitants agricoles pour les aider.
 
Il affirme que même pendant une pandémie comme COVID-19, l'agriculture est essentielle et les agriculteurs devraient être autorisés à se rendre dans leurs champs. Comme de nombreux agriculteurs dépendent de l'agriculture pluviale, les petits exploitants doivent obtenir des informations pour savoir s'il pleuvra, le moment des préparatifs précoces et les semailles en temps opportun des cultures vivrières.
 
Il ajoute que la pandémie de COVID-19 a aggravé les systèmes de production alimentaire au Sénégal car les agriculteurs ne peuvent pas se rendre dans les zones rurales pour cultiver. Habituellement, le pays connaît une saison de semis de quatre mois. Après les récoltes, les agriculteurs se rendent dans les centres urbains pour commercialiser leurs produits. Avec le couvre-feu et les transports publics restreints, certains d'entre eux ne peuvent pas se rendre dans les zones rurales ni dans les villes.
 
Walter Baethgen, chercheur principal et directeur du programme de recherche régional à l’IRI, déclare que de nombreux agriculteurs des zones rurales peuvent être conscients que l’utilisation d’engrais et de semences de qualité supérieure augmente les rendements. « La principale crainte des agriculteurs est une mauvaise saison comme celle où les pluies tombent peu, entraînant de faibles rendements », ajoute-t-il.
 
Mon point de vue du webinaire est que les agriculteurs ont besoin d'accéder aux informations climatiques et aux intrants nécessaires pour stimuler la production agricole. Mais cela va au-delà du simple fait de leur donner des informations. Ils doivent être aidés, en particulier par les gouvernements, dans la traduction des informations climatiques en quelque chose qui se rapporte aux actions qu'ils doivent entreprendre.
 
Et je partage l’avis de Walter Baethgen selon lequel cela nécessitera des agents de vulgarisation agricole pour comprendre comment les agriculteurs prennent des décisions afin de répondre à leurs besoins.
 
Les chercheurs qui travaillent sur l'adaptation au climat ont exhorté les pays à garantir des systèmes qui répondent aux besoins des agriculteurs, tels que l'accès aux intrants et le transport rapide des produits alimentaires pour minimiser les pertes après récolte et permettre aux gens d'accéder à la nourriture.
 
La COVID-19 ne sera pas la dernière pandémie de ce siècle. Il est donc important de minimiser les inefficacités dans la chaîne de valeur agricole, de garantir que les agriculteurs accèdent à temps à des semences de qualité supérieure et puissent vendre les denrées alimentaires sur le marché.
 
Les gouvernements africains devraient veiller à ce que les mesures prises pour lutter contre le virus n'interfèrent pas avec l'approvisionnement en aliments de base tels que le maïs pendant les périodes de confinement.
 
Il est vrai que la pandémie a accru la vulnérabilité des petites exploitations agricoles, en particulier dans les pays touchés par les invasions de criquets pèlerins, les pluies et les inondations irrégulières hors saison. Ces communautés auront besoin d'efforts vigoureux de relèvement après la pandémie pour garantir que les petits exploitants ne souffrent pas d'insécurité alimentaire.
 
La pandémie pourrait durer longtemps. Nous devons veiller à stimuler la production agricole et la sécurité alimentaire.

 
Cet article a été produit par le desk anglophone de SciDev.Net pour l’Afrique subsaharienne.
 

Références

[1] Institut international de recherche sur le climat et la société
 Feeding Humanity as a Pandemic Disrupts a Heating Planet (Earth Institute, Columbia University, May 7, 2020)