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Le concours international de vulgarisation scientifique pour les étudiants doctorants, Ma thèse en 180 secondes, sera organisé pour la première fois en Afrique sub-saharienne, au mois de septembre prochain.

Dans le cadre des préparatifs en vue de l'événement, le comité d'organisation a tenu cette semaine à Dakar, une séance de travail avec de potentiels sponsors, dans le but d'associer le monde de l'entreprise à l'événement.

Pour Valérie Leroy, directrice adjointe du bureau de l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) pour l'Afrique de l'Ouest, l'organisation du concours Ma thèse en 180 secondes est une occasion de communier avec le public et de faire connaître les produits locaux.

L'événement est placé sous le haut patronage du président sénégalais, Macky Sall et les organisateurs ont choisi le grand théâtre national de Dakar pour l'accueillir.

Le concours Ma thèse en 180 secondes connaît un franc succès dans les milieux universitaires africains. Il offre une tribune aux jeunes doctorants pour se faire entendre sur la scène internationale et c'est sans surprise que les lauréates des deux dernières éditions sont issues de l'Afrique. Il s'agit de la Burkinabè Geneviève Zabré (2018) et de la Béninoise Marielle Yasmine Agbahoungbata (2017).

Pour Valérie Leroy, contrairement à l'édition de Lausanne, où l'événement est resté quelque peu "confidentiel", l'édition 2019 à Dakar veut sortir du cadre universitaire.
 

 
A titre de comparaison, l'édition de Lausanne en 2018, avait été accueillie dans un amphithéâtre d'une capacité de 600 personnes, tandis que le grand théâtre national de Dakar, où se déroulera la finale 2019, peut en accueillir trois fois plus.

Selon Lamine Ndiaye, professeur titulaire des universités, directeur de l'école doctorale Études sur l'homme et la société (Ethos) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, par ailleurs président du réseau ouest-africain des écoles doctorales, le concours "Ma thèse en 180 secondes" est un événement à la fois festif et intellectuel, orienté vers la recherche.

En apportant sa propre définition du concours, Lamine Ndiaye a rappelé qu'une thèse se conçoit sur plusieurs années et que, contrairement à une perception générale, la résumer en 180 secondes requiert des talents exceptionnels.

Or, explique-t-il, la recherche, pour être admise, comprise et soutenue, a besoin de sortir des laboratoires et de montrer son utilité au public, d'où l'intérêt du concours.
 

 
"Ce qu'on demande aux jeunes doctorants, c'est d'avoir cette efficacité requise d'un chercheur, qui consiste à présenter succinctement et de manière convaincante, ses travaux en trois minutes. C'est un exercice intellectuel de portée majeure", explique-t-il, dans une interview à SciDev.Net.

Lamine Ndiaye a en outre énuméré quelques critères qui, selon lui, sont essentiels pour les candidats : l'originalité, aussi bien de l'énoncé de la recherche que de son phrasé et de sa mise en scène.

"Il s'agit de qualités essentielles requises par le jury", a-t-il insisté, avant de dire que ces qualités se retrouvent chez les chercheurs africains, comme en témoignent les victoires enregistrées par des candidates africaines, lors des deux dernières éditions.

Expliquant l'implication des entreprises dans l'organisation du concours Ma thèse en 180 secondes, Lamine Ndiaye explique que l'État ne peut pas tout faire en matière de recherche scientifique, d'où le rôle nécessaire des privés et de la société, dans son ensemble.



De son côté, Babacar Sall, le conseiller en communication du ministre sénégalais de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'Innovation, estime que le concours Ma thèse en 180 secondes, s'inscrit dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement sénégalais, en vue de "placer le chercheur au cœur de la stratégie de développement."

Il a en outre estimé que cet "universalisme des produits de l'université" permettra au Sénégal de mettre en avant tout ce qui se fait dans le domaine de la recherche.

Interrogé sur la prestation non encore aboutie des candidats sénégalais à cette compétition, Babacar Sall a affirmé, sourire en coin, que c'est précisément pour relever ce défi que le Sénégal accueille cette cinquième édition du concours, ajoutant que "c'est perdu d'avance" pour les autres pays.

Le concours Ma thèse en 180 secondes est calqué sur le modèle anglo-saxon Three Minute Thesis (3MT), une compétition annuelle organisée dans plus de 200 universités du monde.

3MT est ouvert aux doctorants et incite les participants à présenter leur recherche en seulement 180 secondes, sous une forme attrayante qui peut être comprise par un public sans formation dans le domaine de la recherche.

L'exercice développe les compétences de présentation, de recherche et de communication académique et soutient le développement de la capacité des étudiants en recherche à expliquer efficacement leur travail.

Au Québec, le concours est porté depuis 2012 par l'Association francophone pour le savoir (Acfas) ; en France7, il est organisé depuis 2014 par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et la Conférence des présidents d'université ; au Maroc, le concours est coordonné depuis 2014 par l'Université Mohammed V, associée au Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) ; au Bénin, au Cameroun, au Sénégal et en Tunisie, il est organisé grâce au soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

Une vingtaine de pays concourent au niveau international, chaque pays désignant ses candidats au niveau national, suivant son propre calendrier.

La finale internationale de l'édition 2019 aura lieu à Dakar, le 26 septembre 2019, en présence du chef de l'État sénégalais.

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