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 [LE CAP, AFRIQUE DU SUD] Selon une étude, les femmes dans les ménages pauvres des communautés les plus sensibles au changement climatique sont confrontées à plus de défis lorsque leurs conjoints migrent vers d'autres communautés.
 
Il leur faut notamment assumer des responsabilités ménagères supplémentaires et les écarts de salaire entre les sexes.
 
A en croire les chercheurs, les risques environnementaux, y compris la sécheresse, les inondations, l'érosion, les glissements de terrain et les cyclones, menacent les résidents des zones les plus sensibles au changement climatique, mais la mesure dans laquelle les femmes s'adaptent à ces conditions lorsque leurs conjoints migrent reste sous-étudiée.
 
« Les inégalités sur le marché du travail, notamment les écarts de rémunération entre les sexes [et] le travail de mauvaise qualité pour les femmes, sont essentielles », explique Nitya Rao, professeur de genre et de développement à l'Université d'East Anglia, au Royaume-Uni, et auteur principal de l'étude.
 
« Bien qu'une certaine protection sociale existe et soit très importante, elle n'est souvent pas universelle, si bien que les plus vulnérables et celles qui n'ont pas de contacts sociaux ou qui sont dans des régions éloignées peuvent être exclues », dit-elle. 

Les inégalités sur le marché du travail, notamment les écarts de rémunération entre les sexes [et] le travail de mauvaise qualité pour les femmes, sont essentielles

Nitya Rao, Université d'East Anglia, Royaume-Uni

La pauvreté est un facteur qui rend difficile l'adaptation des femmes car les ménages pauvres ont généralement peu d'actifs ou de ressources sur lesquels s'appuyer, explique Nitya Rao.
 
L’étude publiée le 25 novembre dernier dans Nature Climate Change a analysé les données sur la capacité des femmes à faire des choix significatifs et à prendre des décisions stratégiques ; car elles ont un impact sur leurs réponses en matière d’adaptation.
 
Les chercheurs ont examiné 25 études de cas en Afrique (Éthiopie, Ghana, Kenya, Mali, Namibie et Sénégal) et en Asie (Bangladesh, Inde, Népal, Pakistan et Tadjikistan).
 
« Mon mari est parfois absent pendant quatre à cinq jours. Je gère le magasin, cuisine et prends soin des enfants. Je n'ai aucune aide », témoigne une Kenyane de 22 ans mère de deux enfants, citée dans l'étude.
 
Chanda Gurung Goodrich, spécialiste principale des questions de genre à l’International Centre for Integrated Mountain Development au Népal, dont le travail a été inclus dans l'étude, soutient que les femmes laissées pour compte dans des environnements sous stress sont chargées de responsabilités domestiques, de travaux agricoles et elles prennent aussi en charge des tâches auparavant réservées aux hommes.
 
Nitya Rao affirme qu'à travers les pays, la fourniture par les gouvernements de services essentiels tels que l'eau potable, l'énergie propre, les services de garde d'enfants et les services de santé est extrêmement inadéquate, limitant ainsi les choix des femmes.
 
Cette dernière ajoute que les institutions sociales ne fonctionnent pas en collaboration les unes avec les autres, aggravent ainsi les inégalités.
 
Par exemple, explique-t-elle, si les femmes doivent passer plus de temps à chercher du carburant ou du fourrage, ou à effectuer d'autres tâches de reproduction, elles sont davantage défavorisées dans le choix des opportunités de revenus.

Investissements

Virginie Le Masson, associée de recherche à l'Overseas Development Institute, qui a effectué un travail similaire au Tchad, a déclaré à SciDev.Net que « un message puissant est la nécessité d'aller au-delà des initiatives visant à aider les femmes à s'adapter uniquement au changement climatique, tandis que les causes sous-jacentes de leur lutte quotidienne restent inattaquées. »
 
« Dire que les femmes sont de puissants agents de changement est vrai, mais cela ne sert à rien si des investissements ne sont pas faits dans des secteurs qui soutiendront leur bien-être et leur donneront plus de moyens pour réaliser le changement : les soins de santé, l'éducation et la justice », ajoute Virginie Le Masson.
 
Chanda Gurung Goodrich explique que si pousser les femmes à de nouveaux rôles les aide à acquérir des compétences pour des tâches et un travail qu'elles ne faisaient jamais auparavant, le problème est que les institutions formelles et informelles ne changent pas au même rythme que les changements qui se produisent dans la vie des femmes.
 
« Les structures et les processus institutionnels restent patriarcaux et largement dominés par les hommes, avec peu ou pas de place pour les femmes dans la prise de décision », remarque-t-elle.
 
Cet article a été produit par le desk anglophone de SciDev.Net pour l'Afrique subsaharienne.

Références

Nitya Rao and others A qualitative comparative analysis of women’s agency and adaptive capacity in climate change hotspots in Asia and Africa (Nature Climate Change, 26 novembre 2019)