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La suspension des cours à l’école primaire, au collège, au lycée et à l’université dans la quasi-totalité des pays d’Afrique du fait des restrictions imposées par la COVID-19 a donné un coup de fouet au téléenseignement sur le continent.
 
Des informaticiens ont tôt fait de développer des applications ou des plateformes sur internet pour permettre aux élèves et étudiants de continuer à suivre leurs formation ou à accéder à leurs leçons depuis la maison.
 
C’est le cas au Burkina Faso avec la plateforme d’études en ligne baptisée « Ecole digitale », créée au début du mois d’avril 2020. Pour bénéficier des cours, il suffit pour l’apprenant de s’inscrire dans la rubrique « élève » en précisant son nom, son prénom, son adresse e-mail, et son niveau d’études. 

“Nous avons mis en place des cours qui répondent aux critères et exigences du ministère de l’Education nationale. Il y a même des cours en langage de signes pour les sourds-muets et des dessins animés pour les plus petits”

Pascal Kanik, informaticien

Des leçons allant du cours moyen à la terminale sont fournis par plus de 50 enseignants et la version numérique est mise en ligne. Les élèves peuvent alors les lire et les télécharger. Ils ont également la possibilité d’interagir avec les enseignants connectés via le chat disponible sur la plateforme pour signaler ce qu’ils n’ont pas compris du cours.
 
« Nous sommes conscients que c’est difficile pour les élèves de lire un texte et de le comprendre totalement. Les professeurs sont là pour aider les élèves à éclairer toutes les zones d’ombre », affirme Isidor Bouda, l’un des concepteurs de la plateforme.
 
Au terme de chaque leçon, le niveau de connaissances de l’élève est évalué à travers un quiz. Si l’élève n’atteint pas un taux de succès élevé, il lui est demandé de réviser davantage le cours. Dans le cas contraire, la plateforme l’autorise à passer au cours suivant.
 
« L’objectif est de permettre aux élèves d’avoir un bon niveau de compréhension avant de passer au cours suivant. Sinon, certains élèves vont passer avancer sans avoir assimilé la leçon précédente ; et cela ne serait pas productif pour eux », explique Isidor Bouda.
 
Toutefois, la publication d’une leçon sur la plateforme fait l’objet d’une surveillance de la part des inspecteurs pédagogiques nationaux. « Des groupes pédagogiques de 15 à 20 professeurs ont été créés. Ils s’entendent pour valider le cours qui est publié dans le groupe pédagogique WhatsApp », indique David Kientega, conseiller pédagogique de l’enseignement secondaire pour les sciences physiques.
 
« Après la publication d’une leçon, je vérifie si le contenu du cours proposé est en conformité avec le programme officiel et s’il est juste. Si oui, je donne mon quitus pour sa publication sur la plateforme », ajoute l’intéressé.
 

Sensibilisation

Pour l’heure, les promoteurs de « Ecole digitale » annoncent qu’une version vidéo des cours sera bientôt mise en ligne pour faciliter l’apprentissage.
 
En République démocratique du Congo (RDC), il existe une plateforme semblable appelée SchoolAp, qui a vu le jour bien avant la COVID-19.
 
L’idée de mettre en place cet outil vient du fait qu’en 2017, Pascal Kanik effectue une mission en province pour l’installation d’un réseau en télécommunications suivie d’une mission de sensibilisation sur le développement durable.
 
« Mais, j’avais trouvé des enseignants qui ne savent pas ce que c’est que le développement durable. Je me suis alors demandé comment ils vont enseigner aux élèves ce que eux-mêmes enseignants ne maîtrisent pas », raconte l’intéressé
 
Ainsi a commencé une réflexion qui a abouti à la création de cette plateforme qui, à la faveur de la fermeture des classes due à la pandémie de la COVID-19, connaît un succès croissant. Selon Pascal Kanik, elle totalise déjà plus 735 000 visites depuis décembre 2019.
 
Lorsqu’on se connecte, on crée un compte et l’on a le choix entre les différentes matières disponibles ainsi que le choix entre les différents formats.
 

Télévision

« Nous avons mis en place des cours qui répondent aux critères et exigences du ministère de l’Education nationale. Il y a même des cours en langage de signes pour les sourds-muets et des dessins animés pour les plus petits », décrit Pascal Kanik.
 
« Sur ma tablette, cette plateforme permet à mon enfant de faire plusieurs exercices appris à l’école pendant cette période de confinement. ShoolAp l’a rendu indépendant », témoigne Rita Masengo, une mère de famille.
 
« ShoolAp permet aux utilisateurs de se connecter gratuitement. Les cours peuvent aussi être téléchargés sur n’importe quel terminal, et lorsqu’on a internet, ce n’est que pour faire des mises à jour. Et cela ne coûte rien en termes de crédit internet», explique Pascal Kanik
 
L’initiative qui incorpore aussi une tablette pour les utilisateurs qui désirent l’acquérir, ne rend pourtant pas satisfaction à tout le monde : « J'ai accédé à la plateforme, mais je ne m'y suis pas retrouvée. Alors je préfère continuer à enseigner et occuper mes enfants par mes propres trouvailles », constate une habitante de Kinshasa.
 
Outre les sites web et les applications, la radio et la télévision sont mises à contribution pour assurer l’éducation des enfants durant cette période. Dans certains pays, elles ont aménagé des tranches dans leurs programmations pour la dispensation de leçons que les élèves suivent depuis la maison.
 
C’est le cas de la Cameroon Radiotelevision (CRTV), la radiotélévision nationale a lancé dès le milieu du mois de mars une série de programmes au cours desquels un enseignant dispense son cours à la télévision tandis que les enfants qui le suivent à la maison sur le petit écran prennent des notes.
 

Problèmes

Au lancement de l’initiative qui vise les classes d’examens, les autorités avaient indiqué qu’un numéro vert avait été mis en place pour que les élèves puissent poser des questions aux enseignants pendant le cours.
 
« Mais, il arrive que le cours se termine sans que le professeur ne réponde à ta question et tu ne sais pas pourquoi », regrette le jeune Alain Timban, élève de la classe de troisième dans un lycée de la ville de Douala.
 
« Il se peut que le nombre de questions arrivant de partout soit tel que l’enseignant ne puisse pas toutes les épuiser tout en poursuivant sa leçon », croit savoir Stanislas Kenmoé, enseignant de sciences de la vie et de la terre (SVT) au collège Saint-Laurent de Douala.
 
Dans cet établissement privé, les dirigeants se sont arrangés pour la création de groupes WhatsApp dans lesquels les enseignants dispensent leurs leçons à l'attention de leurs élèves.
 
Mais « dans la discipline que j’enseigne, je dois faire beaucoup de schémas et de croquis. Et ce n’est pas du tout évident d’y arriver avec le téléphone », constate cet enseignant.
 
Si les différents acteurs saluent ces diverses initiatives, ils font aussi remarquer qu’elles sont entravées par des problèmes comme les fréquentes coupures d’électricité qui ne permettent pas à tous les élèves de suivre les cours à la télévision. Tout comme ce ne sont pas tous les foyers qui disposent d’un téléviseur, ni tous les élèves qui possèdent un smartphone.

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