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Epargnés jusque-là par la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), les pays d’Afrique subsaharienne tombent désormais les uns à la suite des autres. Après le Nigeria une semaine plus tôt, le Sénégal (2 mars), le Cameroun (5 mars) et le Togo (6 mars) ont respectivement enregistré leurs premiers cas confirmés.
 
Dans tous ces pays, les premiers patients ainsi testés positifs sont des personnes venant de l’extérieur surtout par voie aérienne, mais aussi par voie terrestre. Ce qui ne manque pas de susciter des interrogations sur les dispositifs de contrôle et de prévention déployés aux points d’entrée sur le territoire de ces différents Etats.
 
« Lorsque le monsieur est entré au Cameroun le 24 février par le vol Air France, il ne faisait pas de fièvre. Et encore plus, jusqu’à ce qu’il soit diagnostiqué positif, il n’y avait pas de symptômes qui pouvaient permettre de savoir que le monsieur avait le Coronavirus », essaie d’expliquer Manaouda Malachie, le ministre de la Santé publique du Cameroun.
 
« C’est juste pour dire qu’à ce niveau, ce n’est pas la fiabilité de nos installations qu’il faudrait questionner, mais davantage le statut du patient et la science parce qu’au moment de son entrée sur le territoire, on ne pouvait pas diagnostiquer cette fièvre chez le patient numéro 1 », poursuit l’intéressé qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse ce samedi à Yaoundé. 

“Ce n’est pas la fiabilité de nos installations qu’il faudrait questionner, mais davantage le statut du patient et la science parce qu’au moment de son entrée sur le territoire, on ne pouvait pas diagnostiquer cette fièvre chez le patient numéro 1”

Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique, cameroun

Au Togo, l’on a appris d’une communication du Premier ministre Komi Sélom Klassou que le patient qui a été testé positif le 6 mars est une femme de 42 ans qui a séjourné en Allemagne, en France, en Turquie et au Bénin entre le 22 février et le 2 mars 2020.
 
De retour  à Lomé par la frontière terrestre de Hilacondji (Togo-Bénin), elle a regagné sa famille avant de se faire consulter à l’hôpital le 5 mars à l’apparition de signes semblables à ceux d’une grippe.
 
Les autorités n’ont pas voulu s’étendre sur ce qu’une certain nombre d’acteurs considèrent comme « un petit relâchement de la part des agents de contrôle » postés à cette frontière ; le ministre de la Santé et de l’hygiène publique préférant s’appesantir sur les mesures correctives.
 
« On a renforcé la surveillance épidémiologique au niveau des frontières terrestres du pays et à l’aéroport de Lomé dont le dispositif est bien robuste », assure Moustafa Mijiyawa.
 
En attendant de voir si ce renforcement de mesures va porter les fruits escomptés, l’heure est à la gestion de ces patients qui se trouvent déjà sur le sol du continent où ils ont peut-être pu contaminer d’autres personnes avant d’être dépistés.
 

Quarantaine

Ainsi, la patiente a été immédiatement mise en quarantaine au centre de traitement des maladies infectieuses du centre hospitalier universitaire du campus de Lomé.
 
SciDev.Net a appris en outre du ministère de la Santé du Togo que depuis la confirmation de ce premier cas de nationalité togolaise, dix-huit autres personnes qui ont été en contact avec la patiente, sont mises en quarantaine sécuritaire et sanitaire.
 
Au Cameroun, la situation est un peu plus complexe. Selon les explications du ministre de la santé, le patient 1 s’est rendu à des obsèques dans les environs de Yaoundé peu après son arrivée le 24 février à Yaoundé.
 
Mais, Manaouda Malachie rassure en disant que des équipes d’intervention rapide et d’investigations se sont mises à « retracer le parcours des deux patients atteints ».
 
Résultat : 179 contacts approchés par les deux malades (la patient N°2 est le conjoint du patient N°1) ont déjà été tracés. Toutefois, aucune mesure de confinement de ces personnes n’a encore été prise.
 
« Nous essayons de faire le tri pour voir les cas qui présentent un haut risque, ceux qui présentent un risque faible et ceux qui ne présentent pas de risque. Et c’est là qu’intervient notre définition d’écart qui devrait nous permettre d’embrayer sur l’isolement, la mise en quarantaine ou l’entrée dans une phase autre », justifie le ministre.
 

Guérison

Pendant ce temps, au Sénégal, les autorités ont annoncé le 6 mars la guérison du premier patient qui, arrivé à Dakar le 26 février, avait été testé positif le 2 mars et immédiatement mis sous traitement.
 
Dans son  communiqué de presse, le ministère de la Santé et de l’action sociale ajoute que « l’état de santé des trois autres patients déclarés positifs continue son évolution favorable [et que] le suivi des sujets contacts se poursuit ».
 
De leur côté, certains pays de la région qui n’ont pas encore été touchés renforcent les mesures. Au Niger par exemple, le conseil des ministres tenu le 4 mars 2020 « a pris la décision de reporter à une date ultérieure toutes les rencontres internationales devant se tenir à Niamey à titre préventif, à l’exception de la session inaugurale de la 5e législature du parlement de la CEDEAO[1], prévue ce lundi 09 mars 2020 ».
 
Quant au Gabon, en plus du report de tous les événement prévus sur le territoire national, le conseil des ministres tenu le 6 mars a décidé de restreindre les mouvement de personnes à la frontière nord que le pays partage avec le Cameroun.

Références


[1] Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest