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Des espèces de cétoine Gnathocera
  • Les insectes comestibles plus nourrissants que la viande

Des espèces de cétoine Gnathocera
Crédit image: Fègbawè Badanaro

Lecture rapide

  • Les cétoines Gnathocera sont plus riches en protéines que la viande de bœuf

  • Elles contiennent aussi la totalité des acides gras et aminés dits essentiels

  • Les chercheurs encouragent l’élevage et la vente des insectes comestibles

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Pour pallier la crise de la viande dans la sous-région ouest-africaine, des études menées au Togo ont permis de répertorier près de 35 espèces d’insectes comestibles.
 
Parmi elles se trouve la cétoine Gnathocera dont les données sur la collecte et les méthodes culinaires ont été publiées dans la revue Agrodok (édition 2015) consacrée aux insectes comestibles.
 
On retrouve ces cétoines sur des pailles dans la plupart des pays d’Afrique de l’ouest et leur période de pullulement dépend du climat de chaque pays.
  

“La promotion de cette ressource alimentaire non conventionnelle pourrait favoriser sa commercialisation pour contribuer au développement économique des zones rurales dans lesquelles vivent ces insectes”

Komina Amevoin
Enseignant-chercheur, université de Lomé

 
Au Togo où ils sont collectés dans la période de septembre à octobre, on en distingue huit variétés qui sont consommées au nord du pays.
 
Une étude comparative entre l’apport nutritionnel de ce coléoptère et la viande de bœuf crue révèle que l’insecte contient 52 à 62% de protéine contre 21,7% pour la viande bœuf crue.
 
En outre, il contient 7 à 8% de lipides contre 4,3% pour la viande de bœuf et 8 à 10% de cendre (proportion de la masse minérale) contre 1% dans la viande de bœuf.
 
Cette étude, réalisée par le laboratoire de Biochimie appliquée à la nutrition de l’université de Lomé, démontre en plus que le Gnathocera est "bien plus complet que la viande de bœuf, du porc ou même de poulet".
 
Selon Fègbawè Badanaro, auteur de l’étude, "les analyses montrent que les cétoines du genre Gnathocera contiennent, selon les espèces, entre 6,75 % et 11,13% de fibres alimentaires qui ont un effet bénéfique sur le transit intestinal".
 
Acides essentiels
 
Par ailleurs, d’autres analyses effectuées au Laboratoire national de la santé publique d’Abidjan (Côte d’Ivoire) et à l’Unité mixte de recherche Qualisud de Montpellier (France) ont montré que les Gnathocera contiennent la totalité des acides gras et aminés dits essentiels.
 
"Les résultats de ces études sont un espoir dans la promotion de la sécurité alimentaire. Ils peuvent contribuer de façon significative à la lutte contre la malnutrition protéino-énergétique et micronutritionnelle en Afrique Subsaharienne", conclut Fègbawè Badanaro.
 
Mais, au-delà de l’aspect nutritionnel, l’impact économique des résultats de cette étude retient aussi l’attention des chercheurs.
 
Au Togo par exemple, enquêtes et observations ont démontré que les insectes comestibles ne font malheureusement pas encore l’objet d’élevage ; tandis que sur les 35 espèces comestibles répertoriées, seulement quatre sont commercialisées ; soit 11,42%.
 
Importance économique
 
Même constat dans les pays voisins comme le Bénin où seul le termite (Macrotermes falciger Gerstӓcker) est commercialisé sur les 17 espèces à importance économique inventoriées.
 
Idem au Nigéria où seulement deux espèces d’insectes comestibles sont commercialisées sur les 22 répertoriées.
 
"La promotion de cette ressource alimentaire non conventionnelle pourrait favoriser sa commercialisation pour contribuer au développement économique des zones rurales dans lesquelles vivent ces insectes", souligne pourtant Komina Amevoin, enseignant-chercheur en entomologie à l’université de Lomé.
 
Mais, "cela ne pourra être possible que si les populations sont sensibilisées sur la biodiversité, la qualité nutritionnelle et les aspects socio-économiques des insectes comestibles", conclut-il.


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