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  • Les Namibiens impliqués dans l'élaboration d'une loi contre la biopiraterie

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[WINDHOEK] La Namibie a lancé une série de réunions avec des communautés rurales et autochtones afin d'alimenter le premier projet de loi national sur l'accès aux ressources génétiques et aux savoirs traditionnels.

La première rencontre a eu lieu le mois dernier (28-30 juin) dans le sud du pays.

Ce projet de loi est en cours d'élaboration depuis 1998. Il devrait sʹachever d'ici la fin de l'année afin que le pays puisse signer le Protocole de Nagoya (un cadre national visant à garantir un accès et un partage plus équitables des ressources génétiques) avant la date butoir fixée à février 2012. Pour être ratifié, le Protocole de Nagoya doit obtenir la signature de 50 pays et il en compte actuellement 38.

Ce projet de loi vise à empêcher l'exploitation des ressources locales, telles que la griffe du diable (Harpagophytum), une plante utilisée par le peuple San pour soigner les rhumatismes et l'arthrite, ou encore le cactus hoodia (Hoodia gordonii) qui est utilisé pour éliminer la faim.

Selon Pierre du Plessis, expert en ressources génétiques et négociateur de la Namibie pour le Protocole de Nagoya, les investissements ayant été réalisés pour amener certaines de ces plantes sur le marché n'ont pas beaucoup rapporté aux communautés locales.

"Dans le cas du cactus hoodia, les 50 millions d'euros (70,7 millions de dollars américains) qui ont été investis dans la région au cours des 12 dernières années n'ont rapporté aucun bénéfice durables jusque-là, même si certains opportunistes ont pu exceptionnellement en profiter", a-t-il déclaré en citant des tentatives qui ont été faites de commercialiser des produits pour la perte de poids qui étaient à base de cactus hoodia.

Ces ateliers sont l'occasion de renforcer la 'sensibilité environnementale' des populations autochtones, c'est-à-dire leurs connaissances sur leurs ressources naturelles. "Mais nous avons également besoin de leur expertise pour empêcher que le projet de loi présente des lacunes", a déclaré D. Nakwaya en ajoutant que, "après tout, cela fait longtemps que les communautés utilisent ces ressources".

Selon P. du Plessis "Les communautés seront avantagées si leurs savoirs traditionnels sont impliqués, ou s'ils sont les fournisseurs directs légaux des ressources en question".

La Namibie est l'un des principaux architectes ayant élaboré le Protocole de Nagoya 2010, garantissant les droits d'accéder et de partager les bénéfices aux communautés, conformément à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique.

"Nagoya est une importante étape pour la conservation et lʹutilisation durable des ressources naturelles", selon Dietlinde Nakwaya, responsable du programme Strengthening Capacity Enhancement to Implement the Global Environmental Conventions in Namibia, du ministère de l'Environnement et du Tourisme, à savoir un projet qui renforce la capacité à mettre en place des accords internationaux sur l'environnement.

Le projet de loi inclut la création d'une plateforme où les entreprises peuvent poser leur candidature pour fournir des ressources naturelles. Cette plateforme comporte également des avocats qui pourront aider les communautés à préparer des accords équitables.

Selon Konrad Uebelhör, expert en biodiversité et en gestion durable du territoire pour l'entreprise allemande German Company for International Cooperation, GIZ, (qui rassemble depuis peu le German Development Service, la German Technical Cooperation, GTZ, ainsi que Capacity Building International, Inwent), même si les communautés locales ne parviennent pas à tirer des bénéfices de la propriété intellectuelle concernant leurs savoirs traditionnels, ils peuvent toujours profiter des effets qui découlent des développements et des investissements qui les entourent.

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