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  • Des 'cases-pièges' à l'essai en Tanzanie pour lutter contre le palu

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[MBEYA, TANZANIE] Des améliorations apportées aux cases-pièges conçues pour l'étude de la transmission du paludisme en Tanzanie rurale ont permis de mieux comprendre le comportement du moustique.

Les cases expérimentales sont utilisées en Afrique depuis les années 1940, et des améliorations y ont été apportées au fil du temps pour permettre aux chercheurs de mieux comprendre comment les moustiques se comportent dans les habitats humains.

C'est ainsi qu'un nouveau modèle a été conçu en 2007 par des scientifiques de l'Institut de la santé d'Ifakara en Tanzanie.

Les cases ont ainsi été utilisées dans une série d'études sur la transmission du paludisme au Bénin, au Kenya, en Tanzanie et en Zambie au cours des dernières années. Elles sont livrées sous forme de kits qui présentent l'avantage de pouvoir être déplacées, à l'inverse des structures expérimentales fixes.

'Il est facile de démonter toute la case, de transporter les panneaux à un autre endroit et de la réinstaller, en un court laps de temps', explique Nico Bovela, chercheur principal de l'Institut.

'Le problème principal [avec les modèles précédents] était lié à [l'absence de] flexibilité expérimentale', poursuit-il.

Si vous souhaitez rendre compte des variations des conditions en plusieurs endroits, cela devient difficile, sauf à construire des cases [dans chacune des zones que vous voulez étudier], ce qui coûterait cher - chose qu'aucun bailleur de fond ne financerait'

Les cases améliorées comprennent également des pièges permettant d'identifier quelles espèces de moustiques y pénètrent à différents moments de la journée ou de la nuit, ainsi qu'un plafond amovible pour tester les réactions du moustique aux différents insecticides.

Dans cette dernière étude, les cases ont été testées dans un village producteur de riz dans le sud-est de la Tanzanie pour comprendre le comportement des espèces locales de moustique, notamment les heures où ils se nourrissent, les points préférés d'entrée et de sortie des habitations, et leur réaction aux stratégies de prévention du paludisme comme l'imprégnation des mûrs avec de l'insecticide et les moustiquaires imprégnées.

L'étude, publiée le mois dernier (9 février) dans PLoS One, préconise d'étendre les interventions actuelles, notamment la pulvérisation externe des insecticides, au lieu de se limiter à une pulvérisation uniquement interne, comme cela a été le cas par le passé.

Les résultats ont aussi apporté la preuve sur la nécessité d'améliorer les habitations du village, notamment en bloquant les trous dans les avant-toits afin d'empêcher les moustiques d'y entrer.

L'étude a par ailleurs évalué l'efficacité de la conception de la case, et propose une série de recommandations pour de futures études, notamment la nécessité de modifier le recours aux pièges à l'entrée et à la sortie.

Globalement, si les chercheurs estiment que ces cases reproduisent assez bien les conditions des habitations ordinaires dans les villages, ils ne recommandent pas qu'elles remplacent d'autres modèles de cases expérimentales. Ils suggèrent plutôt aux chercheurs sur le paludisme d'identifier le comportement spécifique du moustique qu'ils souhaitent étudier pour déterminer si les cases mobiles d'Ifakara sont adaptées à leurs besoins d'expérimentation.

Donan Mbando du Ministère tanzanien de la santé et de la prévoyance sociale, estime que cette étude sera utile aux décideurs politiques dans le cadre de l'élaboration de meilleures stratégies de prévention, ainsi que pour les recommandations sur les pharmacothérapies.

'Il vaut mieux utiliser les facilités et les mesures locales', a-t-il affirmé.

Lien vers l'article complet dans PLoS ONE

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