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  • Cuba lance la prochaine phase du projet de lutte contre le paludisme en Afrique

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[LA HAVANE] Cuba a annoncé des projets de construction d'usines de production de biolarvicides au Brésil et dans plusieurs pays africains destinés à lutter contre le paludisme et la dengue.

Les biolarvicides sont des produits biologiques solubles dans l'eau destinés à tuer les moustiques au stade larvaire. Labiofam - le laboratoire cubain chargé de l'exécution du projet - produit deux biolarvicides, Bactivec et Griselesf, depuis les années 1990. Ces produits doivent  aujourd'hui être importés en Afrique, mais la construction de nouvelles usines permettra à présent de produire les biolarvicides sur le continent.

José Antonio Fraga Castro – le directeur général de Labiofam - a déclaré à SciDev.Net que Cuba s'efforçait de lutter contre le paludisme en Afrique depuis ces 20 dernières années. Des scientifiques cubains ont effectué des travaux entomologiques, testé des biolarvicides et formé des africains à leur utilisation.

"L'Angola a, par exemple, fait baisser le taux du paludisme de 50 pour cent, et dans certaines régions ce taux a reculé de 70 pour cent", a déclaré Castro Fraga. Il a ajouté que dans un district d'Accra, la capitale du Ghana, le taux avait baissé de 75 pour cent. Ces chiffres sont tirés des rapports nationaux sur la santé et peuvent être attribués à la fois à l'utilisation des biolarvicides et aux activités locales de nettoyage de l'environnement.

Les nouvelles usines poursuivront ce travail et produiront à la fois Bactivec et Griselesf. Le premier est un biolarvicide à action rapide qui tue les larves de toutes les espèces de moustiques, tandis que le second tue les larves de moustiques plus lentement et n'a aucun effet sur le vecteur de la dengue.

Le gouvernement cubain supervisera le projet et le financement proviendra de Labiofam ainsi que des gouvernements africains intéressés. Les chiffres définitifs n'ont pas encore été confirmés.

Fraga Castro a déclaré que ces pays pourront vendre leurs produits à leurs voisins et Cuba en achèterait aussi.

Il a affirmé que la lutte biologique est le moyen le plus efficace pour combattre le paludisme, dans la mesure ou elle empêche la naissance de nouveaux moustiques sans polluer l'environnement et ne présente pas de risques pour la santé.

Les 15 délégations africaines présentes lors du premier congrès international de Labiofam, qui s'est tenu du 28 septembre au 1er octobre à La Havane, ont proposé pour la première fois de retenir la lutte biologique comme moyen de lutte contre le paludisme.

Benjamin Kumbour, le ministre ghanéen de la Santé, s'est réjoui du projet, affirmant qu'il importerait au Ghana les pratiques utilisées à Cuba pour lutter contre la maladie et renforcera les relations bilatérales entre les deux pays.

Il a ajouté que de nombreuses méthodes traditionnelles avaient été testées et s'étaient avérées inefficaces.

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