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Les doctorants africains à l'étranger
  • Les doctorants africains à l'étranger "envisagent de rentrer"

Crédit image: Flickr/Lubuto Library Project

Lecture rapide

  • 90% des doctorants africains étudiant à l'étranger envisagent de retourner en Afrique

  • Mais il n'y a toujours pas assez de financements de programmes de doctorat, pour encourager les candidats à rester

  • Les universités africaines doivent rendre plus attractives les conditions de travail des universitaires pour retenir les meilleurs talents

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Selon une enquête qui devrait être publiée en octobre, la plupart des doctorants africains étudiant à l'étranger envisagent de rentrer chez eux, à la fin de leurs études.
 
90% des quelque 400 étudiants africains interrogés souhaitent travailler dans leur pays d'origine.
 
Mais les enquêteurs ont aussi relevé qu'il y a peu de programmes doctoraux en Afrique, et le financement international implique souvent une période d'étude à l'étranger.
 
Pour freiner le "déficit doctoral" sur le continent, les universités africaines doivent fournir davantage de soutien et d'information aux étudiants qui entreprennent de mener des études de niveau doctoral au sujet des possibilités sur le continent, révèle une analyse des besoins.
 
L'enquête et l'analyse ont été effectuées par l'Association des universités du Commonwealth (ACU) dans le cadre de leur projet DocLinks, qui a entrepris de rassembler sur son site Internet des informations sur les programmes de doctorat et leur financement.
 
La solution pour enrayer la «fuite des cerveaux» se trouve dans la capacité des universités africaines de développer des stratégies de recherche, de collaborer avec d'autres instituts régionaux et de communiquer avec les étudiants pour s'assurer qu'ils peuvent rester en Afrique tout en menant leurs études doctorales, estime Jonathan Harle, directeur des programmes de l'Association des Universités du Commonwealth et auteur de l'analyse des besoins.
 
"Les universités doivent identifier les domaines dans lesquels le soutien est disponible, au niveau international, national et régional. Elles doivent ensuite communiquer ces possibilités de financement à leurs étudiants et à leur personnel," explique encore Harle à SciDev.Net.
 

“Les termes et les conditions du travail académique dans les universités africaines doivent être suffisamment attractifs pour permettre de retenir les meilleurs talents”

Philip Altbach, directeur du Centre International pour l'Enseignement Supérieur

 
Les sponsors internationaux proposent des programmes utiles aux étudiants, comme le programme allemand DAAD (Office allemand d’échanges universitaires) et la Commonwealth Scholarship Commission du Royaume-Uni, mais selon Jonathan Harle, ceux-ci impliquent souvent une formation dans d'autres pays.
 
"Il n'y a pas beaucoup de programmes de doctorat solides et bien dotés en ressources dans les universités africaines, et parce que la plupart des financements sont offerts par des bailleurs de fonds internationaux, le modèle tend à être que les gens vont en Amérique ou en Europe pour faire leur doctorat", explique Harle.
 
"Donc, même en assurant la formation de votre personnel universitaire, vous le perdez aussi pendant quelques années." Certains pays africains ont des programmes d’augmentation du nombre de titulaires de doctorat, mais le nombre limité de places peut entraver ces efforts. 

Le Zimbabwe a pour objectif de permettre à chaque professeur d'université d'obtenir un doctorat en 2015, et l'Ethiopie espère qu'un quart de ses professeurs seront titulaires d'un doctorat. Cependant, Jonathan Harle estime qu'il est peu probable qu'ils puissent atteindre ces objectifs.
 
"Compte tenu du nombre de places de doctorat au plan national dans ces pays, il ne sera pas possible de former autant de gens", estime-t-il. "Et s'ils devaient envoyer autant d'employés à l'extérieur, pour étudier dans le cadre de bourses internationales, cela causerait de toute façon plus de problèmes."
 
Philip Altbach, directeur du Centre International pour l'Enseignement Supérieur, à l'université de Boston, aux États-Unis, affirme qu'il est de la responsabilité des universités africaines de former leurs étudiants à travers leurs propres programmes.
 
"Mais le point principal est que les conditions de travail académique dans les universités africaines doivent être suffisamment attractives pour retenir les meilleurs talents - ce qui implique non seulement des salaires décents, mais aussi des infrastructures, la liberté académique, et autres", a-t-il ajouté.
 
L'équipe de DocLinks envisage d'analyser davantage les résultats, afin de comprendre les aspirations futures des étudiants et le besoin d'une expérience internationale, avant de rendre publique son étude.

Lien vers le texte intégral de l'analyse des besoins

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