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Doter les étudiants mal-voyants d’outils de visualisation des données
  • Doter les étudiants mal-voyants d’outils de visualisation des données

Crédit image: Flickr/ Ministry of Foreign Affairs of the Republic of Poland

Lecture rapide

  • Il s’agit de l'un des 46 projets de recherche du programme PEER qui ont été financés cette année

  • Les établissements scolaires kenyans pour aveugles recevront des ordinateurs munis d’outils de visualisation de données

  • Un expert affirme que le projet pourrait encourager les aveugles à s’engager dans des carrières scientifiques

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[NAIROBI] Au Kenya, des chercheurs ont démarré un nouveau projet qui se propose de préparer les étudiants malvoyants à utiliser des tableaux et des graphiques pour apprendre la science, la technologiel'ingénierie et les mathématiques (STIM).

Le projet Mwangaza de deux ans sur les STIM et la formation en informatique, qui a démarré le mois dernier, fait partie des 46 finalistes des subventions mondiales de recherche en collaboration 2014 financées par le canal des Partenariats pour un engagement accru dans la recherche (PEER). Mwangaza est un mot swahili qui signifie lumière.

Jane Mwai, la chercheuse principale du projet et professeure à l'Université Kenyatta du Kenya, rappelle que les personnes ayant une vue normale peuvent compter sur leurs yeux pour lire et donner un sens à des chiffres ou des valeurs présentées à travers des tableaux et des graphiques, qui forment le noyau des études scientifiques et technologiques.

“Mais pour les personnes souffrant d’une perte de vision, ces présentations graphiques de données peuvent être difficiles ou impossibles d'accès. Elles ne sont pas en mesure de très bien comprendre les données, de comprendre des valeurs précises …”

Jane Mwai, Université Kenyatta du Kenya



"Mais pour celles souffrant d’une perte de vision, ces présentations graphiques de données peuvent être difficiles ou impossibles d'accès", explique Mwai. "Elles ne sont pas en mesure de très bien comprendre les données, de comprendre des valeurs précises, d’examiner les tendances et de comparer différents ensembles de données de manière à pouvoir tirer des conclusions".

Jane Mwai ajoute que ces obstacles font que les possibilités de formation et d’emploi dans les domaines des STIM restent une réalité lointaine pour les malvoyants.

Les outils pédagogiques que ce projet (d’une dotation de 120 000 dollars US) cherche à déployer ont été développés au Georgia Tech Sonification Laboratory, aux Etats-unis, et sont actuellement utilisés aux États-Unis, ajoute Jane Mwai.

Selon un communiqué de l'Académie nationale américaine des sciences, qui gère le programme PEER, le laboratoire travaille en partenariat avec des institutions telles que Safaricom, Microsoft et inABLE (une organisation à but non lucratif basée au Kenya et aux Etats-Unis) afin de doter les laboratoires d'informatique des établissements scolaires pour aveugles au Kenya de cette technologie.

PEER est une entreprise conjointe financée par trois institutions basées aux États-Unis, à savoir: l'Agence américaine pour le développement international, la Fondation nationale pour la science et l’Institut national du cancer.

Bruce Walker, le directeur du laboratoire et professeur à Georgia Tech, qui est un partenaire du projet, affirme que les outils d’enseignement des STIM utilisent une combinaison d’enregistrements audio vocaux et non vocaux.

"La plupart du temps, les interfaces utilisateur telles que les menus et les options sont accessibles via un lecteur d'écran tel que JAWS [Job Access With Speech] ou NVDA [Non Visual Desktop Access]. Mais parfois, les logiciels sont conçus pour être vocaux, dans ces cas, le lecteur d'écran n’est pas indispensable, " explique Bruce Walker, qui note que pour un graphique des températures moyennes journalières dans une année, les données pourraient être reproduites sur la hauteur d'une note musicale.

Solomon Bukhala, directeur des services éducatifs à la Société pour les aveugles du Kenya, indique que les malvoyants du Kenya ont depuis longtemps été contraints de s'adapter à un programme d'éducation qui favorise les personnes ayant une vue normale.
 
Selon Solomon Bukhala “étant donné que les étudiants malvoyants comptent sur le sens du toucher pour étudier, [sans les outils nécessaires] ils sont privés de la possibilité d'analyser les représentations visuelles des données. Or, ceci est injuste”.

Cet article est une production de la rédaction Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.


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