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Des chercheurs burkinabè affirment que l’utilisation des semences améliorées est l’un des moyens pour garantir la sécurité alimentaire dans le contexte de la COVID-19 et de la crise sécuritaire que connaît le pays.
 
Ils l’ont exprimé à l’occasion de la 11e foire aux semences améliorées de plantes qui vient de se tenir à Ouagadougou sous le thème : « la contribution des semences améliorées à la sécurité alimentaire dans le contexte de crises sécuritaire et sanitaire ».
 
« L'une des particularités de ces semences améliorées est leur précocité. Elles présentent, en outre,  un rendement plus élevé, résistent à certains parasites et préservent l’environnement », explique Grégoire Palé, le chef de service scientifique et technique de l’INERA (Institut de l’environnement et de recherches agricoles) à Koudougou.

“Le faible taux d’utilisation des semences améliorées explique la faible productivité agricole”

Amidou Traoré, directeur, INERA

Le Burkina Faso, dont le secteur agricole emploie plus de 80% de la population est durement impacté par les attaques terroristes et la COVID-19. Ce qui entraîne des difficultés en matière de production.
 
« Les crises sécuritaire et sanitaire ont engendré plus de 800 000 déplacés et ralenti les activités économiques avec, à la clé, la baisse de la production », rappelle le ministre en charge de l’Agriculture, Salif Ouédraogo.
 
Face à tous ces aléas, le ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation, à travers l’INERA, veut promouvoir les semences de variétés améliorées de plantes pour une intensification durable de la production agricole.
 
Sébastien Kiéma, le chef de service de la station Banfora de l’INERA, estime que la contribution des semences améliorées dans l’atteinte de la sécurité alimentaire n’est plus à démontrer du moment que les agriculteurs qui l’utilisent enregistrent de bons rendements à l’hectare.
 
En conséquence, les producteurs sont encouragés à utiliser davantage de semences de variétés améliorées afin de pouvoir faire face à une éventuelle crise alimentaire due à la pandémie du COVID-19 et aux multiples attaques terroristes qui contraignent les populations à abandonner leurs zones de cultures familiales.
 
« Pour la campagne 2020-2021, c’est plus de 9 milliards de francs CFA qui vont être investis pour la production agro-sylvo-pastorale et halieutique. Le gouvernement va mettre à la disposition des producteurs, à prix fortement subventionnés, 39 659 tonnes d’engrais minéral, 14 126 tonnes de semences améliorées certifiées », lance le ministre Salif Ouédraogo.
 
« Les agriculteurs ont l’opportunité d’essayer plus de 300 nouvelles variétés avec l’arrivée de la saison des pluies », renchérit Amidou Traoré, le directeur de l’INERA qui rappelle au passage que « le faible taux d’utilisation des semences améliorées explique la faible productivité agricole ».
 

Difficultés

Les expert soutiennent en effet que la qualité de la semence participe à hauteur de 40% au rendement final.
 
Mais, pour Evariste Ouédraogo, technicien supérieur d’agriculture et agent assermenté en production de semences, il est « utopique » de croire que ces actions seules vont sortir le Burkina Faso de l’insécurité alimentaire.
 
Selon ses explications, pour changer la donne, il faut créer un réseau d’encadrement solide des producteurs et mettre rapidement à la disposition de ces derniers les semences améliorées. Dans le cas contraire, il sera difficile de relever le pari de la sécurité alimentaire dans ce contexte particulier.
 
Car, dit-il, il y a des localités où il n’y a pas de semences améliorées pour les agriculteurs. Ce qui fait que les producteurs ont recours aux semences traditionnelles à faible rendement.
 
Bassiaka Dao, le président de la Confédération paysanne du Faso, abonde dans le même et indique que la pandémie de la COVID-19 et l’insécurité viennent s’ajouter aux nombreuses pesanteurs existantes qui expliquent les contre-performances du secteur agricole.
 
Il cite notamment les difficultés d’accès aux intrants, l’insuffisance de la main-d’œuvre, les difficultés d’écoulement des produits agricoles… Toutes choses qui ont pour conséquences les pertes de production qui entrainent à leur tour l’insécurité alimentaire.
 

Sécurisation du territoire

Pour le président de l’association pour le développement du monde rural, Jean Ouédraogo, la lutte contre la COVID-19 et l’insécurité alimentaire passe d’abord par la sécurisation du territoire.
 
Sinon, dit-il, la culture des semences améliorées sur des superficies réduites à cause de l’occupation des terres par les terroristes ne pourra pas résoudre l’insécurité alimentaire qui touche des millions de Burkinabè.
 
Kanni Bicaba producteur de maïs et du sorgho dans la région de la Boucle de Mouhoun martèle qu’il n’est pas simplement question de promouvoir les semences améliorées alors que les agriculteurs n’arrivent à exploiter la quasi-totalité de leurs superficie.
 
Et pour ne rien arranger, Boué Koumbia, producteur agricole de la localité de Bondokuy (250 Km de Ouagadougou) regrette que « la fermeture des frontières et les restrictions liées à la COVID-19 aient eu un effet non intentionnel de perturber le flux d’intrants agricoles essentiels ».
 
Au total, les producteurs agricoles estiment que la mise à disposition des semences améliorées, plutôt que d’être une action isolée, devrait s’inscrire dans un ensemble de mesures collectives destinées à sécuriser les terres et les producteurs agricoles.