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[KINSHASA] La République Démocratique du Congo (RDC) fait face depuis quelques temps à un nouvel épisode de peste à Djugu dans la province de l'Ituri, située dans l’est du pays.
 
Au cours d’une interview accordée à SciDev.Net, Patrick Karamura, le ministre de la Santé de cette province, rapporte une dizaine de morts et 47 guérisons pour environ 70 contaminations. Pour lui, un tel bilan sur plusieurs jours ne laisse aucun doute : il s'agit bien de la peste bubonique dont le temps d'incubation est plus long.
 
« On aime distinguer peste bubonique, peste pulmonaire et peste septicémique. Mais voyez-vous, on craint généralement pour la forme septicémique qui est pourtant la phase terminale de toute peste. On ne doit pas croiser les bras », indique Célestin Banza Lubaba, chercheur à l'Ecole de santé publique de l'université de Lubumbashi
 
Ce dernier poursuit en expliquant que « un bubon aujourd'hui peut suppurer et le pus, comme liquide, pourrait rapidement atteindre les poumons et à chaque toux, chaque éternuement, on peut redouter une nouvelle contamination ». 

“Il faut isoler le milieu, le dératiser, puis mettre en quarantaine les patients. C'est la solution à deux volets mais il faut l'appliquer vite”

Célestin Banza Lubaba, université de Lubumbashi

Ainsi, comme le corrobore l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur son site web, la peste pulmonaire, plus létale, n'est en réalité qu'une progression, puis l'atteinte des poumons par les bactéries responsables de la maladie.
 
Mais, au stade actuel, la mutation tant redoutée de la peste bubonique vers la peste pulmonaire n’a pas encore été constatée dans l’actuelle épidémie.
 
Car, le traitement aux antibiotiques porte des fruits, même si les délais de la prise en charge demeurent un détail technique déterminant, analyse le médecin et épidémiologiste Chris Kacita de la direction de la surveillance épidémiologique au ministère de la Santé de la RDC.
 
« Si le diagnostic est précoce, la peste bubonique peut être traitée avec succès à l'antibiotique. En revanche, la peste pulmonaire qui est l'une des maladies infectieuses les plus létales peut tuer dans les 24 heures. Le pronostic dépend de la rapidité de la mise en œuvre du traitement à l'antibiotique », explique-t-il.
 
L’actuelle épidémie semble être occultée par la COVID-19 ou encore par l'insécurité qui prévaut dans la région. Pour autant, l'urgence de la situation est bel et bien certaine, selon Célestin Banza Lubaba.
 
Interrogé par SciDev.Net, il soutient que « il faut isoler le milieu, le dératiser, puis mettre en quarantaine les patients. C'est la solution à deux volets mais il faut l'appliquer vite ».
 

Elimination des rongeurs

En effet tous les spécialistes sont unanimes sur le fait que la maladie est transmise à l’homme par les rats et que la lutte contre elle passe par l’élimination de ces rongeurs.
 
« C'est une épidémie qui revient chaque année. Pour l'éradiquer il faut éliminer tous les rats du milieu. Il faut le faire avec les vétérinaires. Auparavant, nous l'avions fait mais lorsque la population avait fui les atrocités, les rats ont envahi les villages causant cette situation », déclare Patrick Karamura.
 
Chris Kacita s'intéresse au phénomène très récurrent de la peste dans le pays. Au moment où les autorités parlent de multiplication exponentielle des rats dont la puce transmet la yersinia, germe responsable de la peste, il appelle à prendre des mesures pour fermer les canaux secondaires de transmission de la maladie.
 
« Il faut utiliser les insectifuges sur la peau et les vêtements. Il ne faut pas laisser les chiens et les chats errer librement. Il faut éviter le contact avec les nids des rongeurs et leurs terriers », dit-il.
 
D'autres pathologies tropicales déjà présentes dans le milieu ont un profil similaire à celui de la peste. En revanche, martèlent les spécialistes, la coexistence des deux formes de peste doit être prévenue parce qu’elle pourrait complexifier la prise en charge.

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