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[NDJAMENA] La ville d’Abéché dans l’est du Tchad est touchée depuis le mois de juillet 2020 par une maladie contagieuse que les médecins, les chercheurs et les autorités cherchent encore à comprendre.
 
Les symptômes de la maladie en l’occurrence la fièvre, les nausées, les courbatures et surtout sa forte contagiosité ont semé la panique parmi les habitants de la ville qui redoutent la COVID-19.
 
« Au début, j’avais une forte fièvre, la nausée et des céphalées. J’avais également des courbatures. Pendant la maladie, j’avais du mal à me tenir debout. On devait me soutenir pour que je me déplace. J’avais vraiment mal aux articulations. On dirait que la maladie attaquait surtout les articulations » témoigne Naïma Nasradine, une patient qui est maintenant guérie.
 
Cette enseignante, ainsi que douze autres membres de sa famille habitant tous la même concession ont contracté la maladie. 

“La maladie laisse des traces sur le corps notamment le visage, les pieds et les mains qui enflent au réveil”

Naïma Nasradine, une patiente

Naïma Nasradine dit par ailleurs que « la maladie laisse des traces sur le corps notamment le visage, les pieds et les mains qui enflent au réveil ». Elle ignore cependant si cela est dû au traitement ou à la maladie elle-même.
 
Face à cette situation inhabituelle, les autorités ont diligenté une enquête sanitaire pour comprendre cette pathologie. A l’issue de celle-ci, Ismael Bahr Bachar, directeur général du ministère de la Santé publique et de la solidarité nationale, a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a indiqué qu’après les analyses épidémiologiques et cliniques, tout concourt vers le paludisme.
 
« La quasi-totalité des malades sont positifs au paludisme. Et la totalité des malades diagnostiqués qui ont reçu le traitement du paludisme ont retrouvé la santé », a-t-il ajouté.
 
De fait, Naïma Nasradine n’est même pas allée dans un centre de santé, mais elle a trouvé la guérison grâce à un traitement antipaludéen. « Maintenant je vais beaucoup mieux. Au réveil, je ressens encore de légères douleurs aux articulations mais dès que je fais un peu de mouvement, cela passe » affirme cette dernière.
 
« A mon avis, c’est le paludisme. Sinon, comment expliquer que les médicaments de la famille des antipaludéens puissent résoudre ce cas clinique ? » Analyse pour sa part Etienne Djimtolnan, médecin à l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine de Ndjamena.
 

Contagiosité

Et pourtant, les experts continuent de s’interroger sur la forte contagiosité de cette maladie qui fait que des familles entières sont touchées pratiquement au même moment ; car, la famille de Naïma Nasradine, est loin d’être isolée.
 
Ce d’autant plus que, comme l’indique Etienne Djimtolnan, le paludisme n’est pas contagieux. « C’est une maladie parasitaire. Il se transmet par la piqûre d’un moustique appelé anophèle. Lors de son repas, l’anophèle inocule le plasmodium. C’est le moustique qui le transmet », rappelle ce dernier qui n’exclut pas dès lors l’hypothèse qu’on soit en présence d’une nouvelle forme de paludisme.
 
Mais, pour Ismael Bahr Bachar, de par la mode de transmission du paludisme, il est possible qu’à partir d’un cas, tous les membres d’une famille soient finalement touchés par le paludisme.
 
« L’anophèle pique une personne et elle pique les autres tout autour. Finalement, ces derniers vont aussi présenter la maladie parce que pendant son repas sanguin, elle prend des germes chez les uns qu’elle va inoculer chez les autres et le cycle continue » démontre-t-il.
 
Les inquiétudes des populations d’Abéché seront certainement dissipées dans les prochaines semaines puisque les experts poursuivent les recherches pour comprendre ce phénomène sanitaire et surtout sa contagiosité.
 
Depuis le début de la crise, aucun décès n’a été enregistré. Les autorités demandent à la population de se rendre systématiquement dans les centres de santé en cas de symptômes.

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