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[NAIROBI] Selon une étude, des interventions rentables sont nécessaires dans les pays à revenu faible et intermédiaire pour réduire le fardeau de la mort dû aux maladies non transmissibles (MNT).

Selon le groupe de chercheurs à l'origine de l'étude, c'est l'évaluation inadéquate de la manière dont les maladies liées au mode de vie sont traitées dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) qui les a motivés à mener l’étude.

Celle-ci estime que le cancer, le diabète et d'autres maladies liées au mode de vie tuent plus de personnes dans les pays en développement que dans les pays occidentaux à revenu élevé.

Selon des experts de la santé, les cas de diabète, de cancer et de maladies cardiaques ont considérablement augmenté dans les pays en développement au cours des dernières années.

“Il est également important que les donateurs, qui ont négligé les maladies non transmissibles dans le financement du développement, réalisent que les pauvres sont les plus touchés.”

Majid Ezzati, Imperial College London

"Sur les quelque 25 millions de décès dans les quatre régions tropicales - Afrique, Inde (Asie du Sud), Asie du Sud-Est, Amérique latine et Caraïbes - en 2016, près de 9 millions (34%) provenaient de maladies infectieuses et parasitaires maternelles, de conditions périnatales, ainsi que de carences nutritionnelles ; et 14 millions (55%) de maladies non transmissibles", indique l'étude, publiée dans l'édition du 25 juillet de la revue Nature.

Majid Ezzati, auteur principal de l'étude et président du groupe mondial sur la santé environnementale de l'Imperial College London, basé au Royaume-Uni, attribue les principales causes de MNT dans les pays tropicaux à revenu faible et intermédiaire à une mauvaise alimentation, à de mauvaises conditions de vie, à l'insuffisance de la régulation en matière de vente de produits alcoolisés et issus du tabac et à un faible accès aux soins de santé.
 
L'étude, qui inclut les données de 2016 sur la mortalité dans 46 pays tropicaux à revenu faible et intermédiaire, a identifié les cinq pays africains ayant les taux de mortalité les plus élevés pour 100.000 personnes : le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, la Sierra Leone, le Togo, le Congo, l'Éthiopie, le Gabon, le Kenya et la Tanzanie.

L’introduction de l’assurance maladie et d’autres interventions sanitaires essentielles dans certains pays africains pourrait avoir conduit à des différences de taux de mortalité entre les pays, suggère Majid Ezzati, sans nommer ces pays.

Majid Ezzati estime en outre que les pays africains doivent financer et mettre en œuvre des interventions rentables pour prévenir les maladies liées au mode de vie telles que l'hypertension, le cancer du col de l'utérus, le diabète et les accidents vasculaires cérébraux.

"Il est également important que les donateurs, qui ont négligé les maladies liées au mode de vie dans le financement du développement, se rendent compte que les pauvres sont les plus touchés et qu’ils devraient être prioritaires aux côtés de problèmes comme le VIH", dit-il.

L'étude recommande des interventions visant à promouvoir de meilleurs comportements en matière d'environnement, de nutrition et de santé, y compris la nécessité de réduire le sel dans les aliments transformés.

Jennifer Mabuka, responsable du programme Human Hereditary and Health en Afrique, un programme mis en œuvre par l’Alliance pour l’accélération de l’excellence scientifique en Afrique, explique à SciDev.Net que le continent africain connaît depuis quelque temps un changement épidémiologique : l'avènement des maladies chroniques, à mesure que la santé publique s'améliore.

"Je pense que plus nous mettons en évidence les problèmes, plus les personnes dans les bureaux adéquats feront attention. En général, nous avons tendance à travailler en cloisonnement, ce qui est mauvais", explique Jennifer Mabuka.

"Je crois que nous ne pouvons pas vraiment prévoir à quoi ressemblera l’épidémie de MNT dans quelques années sur le continent, car cela se produit dans le contexte des maladies transmissibles, ce qui n’est pas vrai pour l’Occident. Cela va être différent et difficile à gérer."

Jennifer Mabuka appelle les gouvernements africains, les responsables de la santé et les chefs religieux à mener des efforts de prévention contre les maladies liées au mode de vie et à mener des recherches approfondies pour lutter contre cette menace.

Références

Majid Ezzati et autres - Acting on non-communicable diseases in low- and middle-income tropical countries (Nature, 25 July 2018)