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L’épidémie d’Ébola qui sévit depuis dix mois en République démocratique du Congo et s’est étendue la semaine dernière vers l’Ouganda n’est pas une « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI - Public health emergency of international concern), a déclaré le comité d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans une décision qui a dérouté certains critiques.

Le comité d'urgence du Règlement sanitaire international (RSI) s’est réuni vendredi à Genève, suite aux décès, en Ouganda, d’un garçon de cinq ans et de sa grand-mère – les premiers cas confirmés du virus dans ce pays d’Afrique de l’Est.

L’épidémie, qui a débuté dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo en août 2018, a déjà coûté la vie à 1346 personnes et constitue la deuxième plus grande épidémie d’Ébola dans l’histoire.

“Qualifier l’épidémie d’urgence de santé publique de portée internationale aurait augmenté le niveau de soutien politique international qui faisait défaut jusqu'à présent, renforcé les efforts diplomatiques, de santé publique, de sécurité et de logistique, et libéré davantage de ressources financières pour soutenir les équipes incroyablement courageuses et engagées qui travaillent dans le Nord-Kivu.”

Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust

Preben Aavitsland, président par intérim du comité, a déclaré, lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation, à Genève : « Ceci n’est pas une situation d’urgence de portée internationale, c’est une situation d’urgence en RDC, une grave situation d’urgence. »
 
Et d’ajouter : « le comité estime qu’il n’y a vraiment aucun avantage à déclarer une situation d’urgence de santé publique de portée internationale, mais il y a potentiellement beaucoup à perdre. »

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a pour sa part déclaré qu’il acceptait la décision du comité, tout en ajoutant que l’épidémie restait une urgence pour les familles touchées.
 
L'OMS a été largement critiquée pour avoir mis du temps à qualifier l'actuelle épidémie de situation d’urgence de santé publique de portée internationale, ce qui aurait permis de tirer efficacement sur la corde sensible de l'urgence, pour susciter une action internationale plus vigoureuse.
 
Le comité est parvenu aux mêmes conclusions à deux reprises.
 
Marianne Comparet, directrice de la Société internationale pour les maladies tropicales négligées, basée au Royaume-Uni, a déclaré à SciDev.Net que si la maladie continuait de se propager, déclarer une USPPI serait « extrêmement bénéfique pour galvaniser l'attention et les ressources, ainsi que pour coordonner la réponse à cette épidémie. »
 

Qu’est-ce qu’une USPPI ?

 
Le RSI définit une USPPI comme « un événement extraordinaire de nature à poser un risque pour la santé publique des autres États, du fait de la propagation internationale de la maladie et de nature à potentiellement nécessiter une réponse internationale coordonnée. »
 
Selon l’OMS, la définition implique une situation « grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue », « des implications pour la santé publique au-delà de la frontière nationale de l’État touché » et qui « peut nécessiter une action internationale immédiate. »
 
« Le comité était d'avis que l'épidémie constituait une urgence sanitaire en RDC et dans la région, mais ne remplissait pas les trois critères pour qu'une USPPI soit régie par le RSI », a déclaré l'OMS dans un communiqué.
 
Il déconseillait toute mesure de restriction aux frontières ou liée aux voyages, ce qu'une USPPI aurait probablement induit.
 
Jeremy Farrar, directeur de l’organisation caritative de recherche médicale Wellcome Trust, basée au Royaume-Uni, a déclaré qu’il respectait la décision du Règlement sanitaire international, mais estimait qu’une USPPI « aurait été justifiée. »
 
« Qualifier l’épidémie de situation d’urgence de santé publique de portée internationale aurait augmenté le niveau de soutien politique international qui faisait défaut jusqu'à présent, renforcé les efforts diplomatiques, de santé publique, de sécurité et de logistique, et libéré davantage de ressources financières pour soutenir les équipes incroyablement courageuses et engagées qui travaillent dans le Nord- Nord-Kivu », a-t-il déclaré.
 
« Il est essentiel de renforcer la riposte avec un soutien international total si nous voulons mettre fin à l’épidémie et assurer la protection des communautés à risque. »
 
Marianne Comparet a souligné qu’elle soutenait « l’évaluation rigoureuse » du RSI, tout en ajoutant que l’attention de la communauté internationale devait être maintenue, compte tenu de la propagation transfrontalière du foyer de l'épidémie.
 
« La communauté internationale peut aider les systèmes de santé à soutenir des activités telles que l’amélioration des diagnostics, l’augmentation des stocks de vaccins et un nombre croissant d’excellentes recherches sur le virus Ébola », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Les deux pays affectés ne devraient pas être laissés à eux-mêmes. »
 
Ébola est une maladie mortelle qui se transmet par contact avec les fluides corporels d'une personne infectée, accompagnée de symptômes tels que fièvre, fatigue et douleurs musculaires.
 
L'issue de la dernière épidémie montre l'urgence d'une action préventive. En 2014-2016, 11.000 personnes sont décédées dans ce qui est devenu la pire épidémie d’Ébola au monde.
 
Gayle Smith, présidente et responsable de la direction de la campagne ONE, une organisation à but non lucratif qui milite en faveur de l'élimination de l'extrême pauvreté et des maladies évitables, a déclaré à SciDev.Net : « Il est frappant de constater que nous manquons de la même urgence que celle constatée lors de l'épidémie d'Ébola de 2014/2015 en Afrique de l'Ouest. À l’époque, le monde entier a pris conscience de l’ampleur de la situation et s’est rassemblé. Cette fois, c’est presque comme si c’était facultatif. »
 

Vaccins

 
Depuis l’année dernière, les autorités de la RDC ont vacciné des personnes avec le vaccin expérimental rVSV-ZEBOV.
 
L'OMS a déclaré que l'Ouganda avait également vacciné près de 4.700 agents de santé dans 165 établissements de santé.
 
Le ministère ougandais de la Santé et l’OMS ont annoncé le 11 juin que cet enfant de cinq ans serait le premier cas confirmé d’Ébola dans le pays.
 
Une femme congolaise et son petit-fils ougandais âgé de cinq ans sont tous deux décédés du virus, a confirmé jeudi le ministère ougandais de la Santé, dans un point de situation, ajoutant que le frère du garçon, âgé de trois ans, avait également été testé positif et soigné à l'hôpital.
 
Les garçons avaient quitté la RDC avec leur mère congolaise et trois autres membres de leur famille le 9 juin, après avoir assisté à l'inhumation de leur grand-père, décédé des suites du virus Ébola, ont indiqué les autorités.
 
La ministre ougandaise de la Santé, Jane Ruth Aceng, a pour sa part déclaré que les autorités étaient « bien préparées » pour la nouvelle épidémie et avaient agi rapidement pour détecter et isoler les cas.
 
Le ministère ougandais de la Santé et l’OMS ont déclaré que toute personne présumée avoir été en contact avec une personne infectée se verrait proposer un vaccin.
 
Dans une déclaration commune, les deux entités ont déclaré que le vaccin expérimental « a jusqu'à présent été efficace pour protéger les personnes contre le développement de la maladie et a aidé celles qui développent la maladie à avoir de meilleures chances de survie ».
 

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