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Une étude indique que les petits exploitants de riz africains utilisent de plus en plus des herbicides non homologués et de qualité médiocre, en raison de l'incapacité des États à mettre en œuvre des politiques de contrôle strict des réglementations nationales en matière de pesticides.
 
Selon les chercheurs à l'origine de cette étude, bien que les herbicides puissent aider à réduire les pertes de production de riz, une utilisation inappropriée peut avoir un impact négatif sur la santé humaine et l'environnement et heurter les efforts pour accroître la sécurité alimentaire.
 
Parallèlement, une autre étude révèle que l’utilisation de faux intrants agricoles est un défi mondial, tant pour les pays en développement que pour les pays développés.
 
La situation en Afrique est grave, les faux intrants agricoles représentant 15 à 20% des intrants agricoles.
 
L’Égypte, l’Ouganda, la Tanzanie et la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest constituent des zones à risque pour les intrants agricoles. 

“La plupart des herbicides vraiment bon marché sont ceux qui sont contrefaits ou a minima non homologués.”

Jonne Rodenburg, Université de Greenwich

"La plupart des herbicides vraiment bon marché sont ceux qui sont contrefaits ou a minima non homologués", a déclaré Jonne Rodenburg, auteur principal de l'étude, publiée dans la revue Food Security du 23 janvier."
 
"Certains d'entre eux pourraient en effet avoir des effets décrits sur l'étiquette de la bouteille, mais sans offrir aucune garantie."
 
Jonne Rodenburg, chercheur principal à l’Institut des ressources naturelles de l’Université de Greenwich au Royaume-Uni, ajoute que les gouvernements africains n’ont pas la capacité de suivre tous les nouveaux produits importés de pays producteurs d’herbicides tels que la Chine et la France.
 
L'étude comprenait des enquêtes sur les exploitations agricoles menées auprès de 1965 agriculteurs de 20 pays africains, dont l'Éthiopie, le Nigeria, le Sénégal, l'Ouganda, le Tchad, entre 2012 et 2014 et des études de marché menées dans 17 pays africains, de 2014 à 2015.
 
« Parmi les marques d'herbicides disponibles sur le marché, 62% ne semblaient pas être autorisées par un organisme de réglementation des pesticides reconnu », selon les conclusions des chercheurs.
 
Ces derniers ajoutent qu'en Ouganda, « les agriculteurs ont principalement utilisé l'étiquette du produit et les agriculteurs du Burkina Faso et du Nigeria ont le plus souvent consulté leurs voisins ».
 
Suleiman Musa, agent de vulgarisation agricole au ministère fédéral de l’Agriculture au Nigeria, explique à SciDev.Net que les conclusions de l’étude ne sont pas surprenantes.
 
« La falsification de produits chimiques n’est pas une nouveauté. Le choix de ce qu'il faut acheter incombe uniquement aux agriculteurs », explique-t-il.
 
« Les agents de vulgarisation ne font que conseiller les agriculteurs, mais les gouvernements doivent mettre en place des lois et des réglementations strictes garantissant que tous les produits chimiques importés dans les pays africains respectent les normes appropriées. »
 
Ocholi Adams, maître de conférences au département d'économie agricole de l'Université de l'agriculture de Makurdi, au Nigeria, a déclaré à SciDev.Net que la dépendance excessive des agriculteurs africains aux herbicides auto-prescrits contribuait de manière significative aux faibles rendements des cultures sur le continent.
 
« Moins de 10% des agriculteurs d'Afrique subsaharienne demandent conseil à des experts sur les produits chimiques nécessaires », a-t-il déclaré, ajoutant que 90% d'entre eux se basaient sur des informations communiquées par des agriculteurs et des marchands illettrés de produits chimiques.

Références

Jonne Rodenburg et autres
Statu quo concernant la lutte chimique contre les mauvaises herbes en riziculture en Afrique subsaharienne (Food Security, 23 Janvier 2019)