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  • Un institut nigérian de médecine traditionnelle paralysé

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A cause du manque de financements, les activités de recherche sont interrompues dans un institut nigérian développant des candidats-médicaments à partir des remèdes à base de plantes médicinales traditionnelles.

L'Institut national pour la Recherche et le Développement pharmaceutiques (NIPRD), basé à Abuja, a déjà mis au point une thérapie potentielle pour la drépanocytose et connaît des résultats encourageants pour des composés pour traiter le paludisme et la tuberculose.

Pourtant, une importante subvention provenant du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (Institut national des allergies et des maladies infectieuses, ou NIAID), aux Etats-Unis, est arrivée à épuisement et le ministère nigérian de la Santé n'a pas comblé le déficit de financement. Résultat : la recherche sur les médicaments pour toutes les trois maladies est à l'arrêt.

Pour Karniyus Gamaniel, directeur général du NIPRD, "il y a de nombreuses choses que nous ne faisons pas parce que nous n'avons pas d'argent".

Le manque de financements bloquera notamment la production future du Nicosan (Niprisan), un potentiel médicament de l'Institut contre la drépanocytose.

Pour Marie Stuart, professeure de pédiatrie et d'hématologie à l'Université Thomas Jefferson, au Etats-Unis, l'obtention de bonnes données d'essais de phase III est la "prochaine étape cruciale" pour le développement de ce médicament.

Or les contraintes financières ont empêché le NIPRD d'effectuer de nouveaux essais, a affirmé Gramaniel.

Comme l'explique Umar Bindir, directeur général de l'Office national pour l'Acquisition et la Promotion des Technologies (National Office for Technology Acquisition and Promotion) du Nigeria, les départements ministériels ne peuvent financer un institut au-delà d'un plafond annuel fixé par le ministère des finances. Ainsi, les chances de bénéficier d'un quelconque nouveau financement sont minces.

Pour Bindir, "peu importe l'institution ou son importance, le plafond ne change pas et cela n'est pas bon pour la R&D. Le NIPRD doit intensifier ses propres efforts en faisant de la recherche sous contrat pour l'industrie et en soumettant des propositions à des institutions telles que l'Union africaine et l'Union européenne".

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