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Six pays africains peuvent éliminer le paludisme d’ici 2020
  • Six pays africains peuvent éliminer le paludisme d’ici 2020

Crédit image: Giacomo Pirozzi/Panos

Lecture rapide

  • L’Afrique a recensé 188 millions de patients en 2015 contre 214 millions en 2000

  • A l’échelle mondiale, 33 pays n’ont pas enregistré de cas de paludisme en 2015

  • Ces performances résultent des efforts de prévention, de lutte et de diagnostic

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ce lundi plusieurs rapports sur le paludisme dans le monde, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie.
 
L’un de ces rapports, intitulé "Eliminating malaria" (éliminer le paludisme), cite six pays africains parmi les 21 Etats qui ont le potentiel nécessaire pour éliminer cette maladie d’ici à 2020.
 
Les six pays en question sont l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Botswana, la Cap Vert, les Comores et le Swaziland.
 

“Le paludisme n’est plus la première cause de mortalité infantile en Afrique subsaharienne”

OMS

  
L’OMS a dressé cette liste au terme d’une analyse réalisée dans le cadre de sa stratégie technique globale d’élimination du paludisme qui vise l’éradication de la maladie dans au moins 10 pays d’ici 2020, au moins 20 pays d’ici 2025 et au moins 35 pays d’ici 2030.
 
"Pour atteindre cet objectif, un pays doit passer au moins une année sans enregistrer de cas de maladie d'ici 2020", indique le rapport.
 
Tandis que "les pays qui passent au moins trois années consécutives sans enregistrer de cas de paludisme sont éligibles au statut de pays sans paludisme délivré par l’OMS".
 
Les 15 autres pays qui réunissent les conditions pour pouvoir éliminer la maladie d’ici 2020 sont d’Asie (Chine, Malaisie, Corée du Sud, Bhoutan, Timor-est, Népal, Arabie Saoudite, Iran) et d’Amérique Latine (Costa Rica, Belize, Salvador, Mexique, Paraguay, Equateur, Surinam).
 
Le deuxième document publié par l’OMS ce lundi est le rapport sur le paludisme dans le monde en 2015.
 
Cet autre document indique que le nombre de pays et de territoires où la transmission du paludisme est active a diminué entre 2000 et 2015 ; passant de 106 à 95.
 
Enfants
 
L’on y apprend aussi qu’à l’échelle mondiale et durant la même période, le nombre de cas de paludisme a considérablement baissé, passant de 262 millions à 214 millions. Tandis que le nombre de décès est passé de 839 000 à 438 000.
 
Même si elle enregistre aussi ces progrès, l’Afrique demeure le continent le plus touché, avec 214 millions de cas en 2000 pour 188 millions de cas en 2015 ; et 764 000 décès en 2000 contre 395 000 en 2015.
 
Bien plus, "depuis 2000, le pourcentage d’infections palustres a diminué de moitié chez les enfants des régions endémiques d’Afrique" dit le rapport qui précise que "la prévalence parasitaire chez les enfants âgés de 2 à 10 ans est passée de 33 % en 2000 à 16 % en 2015"
 
Dès lors, constate l’OMS, "le paludisme n’est plus la première cause de mortalité infantile en Afrique subsaharienne".
 
"Au niveau mondial, le nombre de décès dus au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans a diminué de 723 000 en 2000 à 306 000 en 2015. C’est dans la région Afrique que cette baisse est la plus prononcée", peut-on lire.
 
Du point de vue de l’éradication de la maladie, si 10 pays seulement n’avaient pas répertorié le moindre cas de paludisme en 2000, ils étaient au nombre 33 en 2015. Dans ce même registre, l’Europe n’a enregistré aucun cas de paludisme au cours de l’année 2015.
 
Test de diagnostic
 
Bien entendu, ces résultats sont à mettre à l’actif des mesures de prévention, de diagnostic et de traitement déployés un peu partout ces dernières années et qui vont des moustiquaires imprégnés d’insecticides aux traitements thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT) en passant par la chimioprévention chez les enfants et les femmes enceintes.
 
A ce propos, il existe désormais sur le marché un nouveau test de diagnostic développé au Sénégal par Daouda Ndiaye, chercheur au département de parasitologie-mycologie de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
 
Baptisé Illumigene Malaria, ce test est 80 000 fois plus sensible que les tests jusque-là utilisés et il permet de ce fait de diagnostiquer la maladie en moins d’une heure sans nécessiter une expertise spéciale de la part de son utilisateur.
 
"Cette nouvelle technique règle aussi bien le problème du déploiement périphérique - c'est-à-dire, dans les villages, les centres périurbains, etc. -, que celui de la rapidité du résultat. Les résultats sont généralement disponibles au bout d'une cinquantaine de minutes", déclarait Daouda Ndiaye dans une interview à SciDev.Net en février dernier.

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