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La Sierra Leone vient à bout du virus Ebola
  • La Sierra Leone vient à bout du virus Ebola

Lecture rapide

  • Il y a plus de 42 jours que le dernier patient a subi son deuxième test négatif

  • 90 jours d’observation sont nécessaires pour éviter toute recrudescence

  • La Guinée reste à ce jour le seul pays où la maladie continue de sévir.

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé dans un communiqué publié le vendredi 6 novembre dernier la fin de l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone.
 
"L’OMS déclare que la transmission du virus Ebola a été stoppée en Sierra Leone. Quarante-deux jours, qui représentent deux cycles d’incubation du virus Ebola, sont passés depuis que la dernière personne atteinte par la maladie a subi un deuxième test négatif", indique ce communiqué.
 
Selon la même source, ce pays d’Afrique de l’ouest entre dès maintenant dans une période de haute surveillance qui va durer 90 jours, c’est-à-dire jusqu’au 5 février 2016.
 
"Cette nouvelle phase est essentielle pour assurer la détection précoce de nouveaux cas possibles de la maladie à virus Ebola", indique l’OMS dans son communiqué, ajoutant qu’elle continuera à soutenir la Sierra Leone durant cette période.
 
Cette fin de l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone survient un an et demi après l’enregistrement du premier cas de contamination dans ce pays en mai 2014.
 
Et au moment où l’épidémie prend fin, ce sont 8 704 personnes au total qui ont contracté cette maladie dans le pays, pour 3 589 décès parmi lesquels 221 travailleurs de la santé.
 
Anders Nordström, représentant de l’OMS en Sierra Leone qui donne ces statistiques ajoute dans le communiqué de l’OMS que "Nous avons maintenant une occasion unique de soutenir la Sierra Leone pour construire un système de santé publique fort et résilient prêt à détecter et répondre à la prochaine apparition de la maladie, ou de toute autre menace pour la santé publique".
 
Après le Libéria en juillet dernier, la Sierra Leone est ainsi le deuxième pays à se débarrasser de cette épidémie qui sévit depuis mars 2014 dans trois pays de l’Afrique de l’ouest. 

Nous avons maintenant une occasion unique de soutenir la Sierra Leone pour construire un système de santé publique fort et résilient prêt à détecter et répondre à la prochaine apparition de la maladie, ou de toute autre menace pour la santé publique

Anders Nordström
Représentant de l’OMS en Sierra Leone


Toutefois, la vigilance reste de mise ; car, pour le Libéria, l’OMS s’y était prise par deux fois avant de confirmer la fin de l’épidémie dans le pays.
 
En effet, l’organisation avait annoncé le 9 mai 2015 la fin de l’épidémie : seulement, la maladie avait refait son apparition le 29 juin avec six nouveaux cas détectés ; et c’est finalement en septembre 2015 qu’elle a effectivement pris fin.
 
Si cette éradication de l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone venait à se confirmer, la Guinée resterait le seul pays à subir la persistance de la maladie.
 
Lors d’une rencontre en mai 2015 à Dakar (Sénégal), des chercheurs de plusieurs disciplines s’étaient déjà accordés sur le fait que la maladie avait tendance à reculer plus lentement en Guinée que dans les autres pays touchés.
 
"Lorsqu’il y a des détections de cas ou des recherches de contacts, l’absence de confiance qui prévaut en Guinée fait que les personnes croient qu’elles sont recherchées non pas pour leur bien ou pour leur santé, mais pour des raisons défavorables. C’est vrai que les choses changent ; mais, il a fallu trouver des logiques pour intervenir sur les aspects sociaux, et cela a pris du temps, plus d’un an", expliquait alors à SciDev.Net Alice Desclaux, anthropologue de la santé et directrice de la recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
 
Une explication qui rejoint l’expérience de Mamadou Saliou Sow, médecin infectiologue travaillant dans la réponse à la fièvre Ebola en Guinée.
 
"Au Libéria, témoignait-il à la même occasion, ils sont partis "en commando", ils ont mis le paquet tout de suite et ils ont réussi et c’est très bien. En Guinée, c’est une autre approche : c’est la négociation ; on ne brutalise pas ; on fait intervenir les sciences sociales ; on négocie au sein des familles. Donc, c’est un peu différent de la stratégie de riposte au Libéria".
 
La fin de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en Sierra Leone intervient au moment où le monde entier nourrit l’espoir de voir bientôt sur le marché le vaccin rVSV-ZEBOV dont les essais en laboratoire et sur le terrain en Guinée se sont montrés concluants à 100%.
 
Dans son dernier rapport paru en mars 2014, Médecins sans frontières qui est en première ligne avec l’OMS dans la lutte contre cette maladie, indiquait qu’à ce moment-là, au moins 24 000 personnes avaient été infectées depuis le déclenchement de l’épidémie en mars 2014, pour plus de 10 000 morts, dont environ 500 travailleurs de la santé.

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