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  • La Suède réduit son budget d’aide à la recherche

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[LE CAP] Le Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) a appris qu’en raison de la crise financière internationale l’Agence suédoise de Développement va réduire son budget d’aide à la recherche et développement de 20 pour cent en 2010.

L’Agence suédoise de Coopération au Développement international (SIDA) envisage une réduction de son budget alloué à la ‘coopération à la recherche avec les pays en développement’ d’environ 1,05 milliard de couronnes suédoises (US$ 148 millions) à 800 millions (US$ 112 millions).

La réduction est une conséquence de la chute globale du budget suédois d’aide au développement, dont l’ampleur ne sera connue qu’une fois le budget 2010/11 du pays, qui sera présenté par le gouvernement au mois de septembre ou octobre, adopté en décembre.

Les premiers chiffres ont contraint le SIDA à faire des choix difficiles, affirme Tomas Kjellqvist, qui dirige le secrétariat de l’organisation pour la coopération à la recherche.

SIDA tentera de maintenir son aide bilatérale à la R&D aux pays partenaires, n’envisageant que des réductions minimes, de US$ 49 millions à US$ 44 millions, pour cette ligne budgétaire.

“Je suppose qu’il s’agit là d’un point positif,” déclare Kjellqvist.

Mais d’autres lignes budgétaires seront frappées de plein fouet. “L’Amérique latine est une région d’où le gouvernement suédois souhaite dans l’ensemble se retirer, “ annonce Kjellqvist. “ Notre aide consacrée à cette partie du monde passera de US$ 8,5 millions à US$ 1,5 million d’ici 2011.  “

En Afrique, le financement du renforcement des capacités panafricaines de R&D par des organismes tels que le Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences sociales en Afrique (CODESRIA) passera des US$ 24,6 millions prévus à US$ 14 millions.

“ C’est décevant que cette réduction intervienne à un moment où les organisations régionales en Afrique se mobilisent pour le développement de la recherche et de l’enseignement supérieur “ regrette Kjellqvist.

Les mêmes regrets sont exprimés sur le continent africain. “ C’est une mauvaise nouvelle, “ affirme Christoff Pauw, coordonnateur des projets dans le monde en développement de la division du développement de la recherche à l’Université de Stellenbosch en Afrique du Sud. “ SIDA est l’un bailleurs de fonds qui a soutenu la science africaine pendant longtemps. “

Les chercheurs suédois qui travaillent sur des questions de développement seront également touchés. En 2010, le SIDA va réduire d’environ US$ 21 millions à US$ 11 millions le soutien accordé à de tels projets, dont US$ 5,6 millions déjà budgétisés dans des projets en cours d’exécution.

“La situation n’aurait pas été aussi mauvaise si nous n’avions pas récemment lancé un appel à propositions en direction des plus grands groupes de recherche et promis des subventions plus substantielles “,  précise Kjellqvist. Il ajoute qu’à la suite de ces réductions, les taux de réussite des propositions de subventions vont probablement chuter d’environ 15 à 20 pour cent actuels à 5 pour cent.

L’appui aux organisations mondiales sera également réduit, notamment l’OMS et le Groupe consultatif sur la Recherche agricole internationale (CGIAR). Kjellqvist précise que cette dernière, engagée dans un processus de restructuration, a actuellement besoin des fonds SIDA.

SIDA n’est pas le premier organisme de financement à réduire son aide en raison de la crise financière international. Au début de cette année, le Wellcome Trust, une organisation caritative britannique qui travaille dans la recherche médicale, a annoncé l’intention de diminuer l’aide pour l’année 2008/09 de £30 millions (US$ 49 millions), après la réduction de son budget de l’ordre de US$ 3,3 milliards (see Analyse africaine : l'impact de la crise financière internationale sur l'aide au développement).

Pour Kjellqvist, la réduction des budgets d’aide à la R&D en faveur des pays en développement est une tendance préoccupante.

“  La tendance actuelle en matière de financement international semble être orientée vers des objectifs de court–terme, au lieu d’investir pour le long terme, “ précise-t-il.

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