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  • Des micro-entreprises de recharge solaire, solution au déficit énergétique

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[NAIROBI] Selon un rapport, la recharge solaire des téléphones portables présente un fort potentiel pour l'Afrique car elle pourrait constituer une importante source de revenus pour de petits entrepreneurs.

 L'installation de stations de recharge solaire pourrait satisfaire "un réel besoin encore non comblé" dans les zones rurales qui ne sont pas connectées au réseau national ; cela permettrait à de nombreuses personnes d'économiser le temps ainsi que l'argent qu'elles devraient, autrement, dépenser dans les trajets qu'elles doivent réaliser pour recharger leurs téléphones.

Il demeure toutefois difficile de trouver les financements pour lancer l’entreprise, selon le rapport Phone Charging Micro-businesses in Tanzania and Uganda ("Les micro-entreprises de recharge solaire en Tanzanie et en Ouganda" ), publié par Global Village Energy Partnership (GVEP), une organisation à but non lucratif qui cherche à travailler avec les entreprises pour que les pauvres puissent accéder à l'énergie.

Selon ce rapport, il y a actuellement 78 entreprises de recharge de téléphone en Tanzanie, 28 au Kenya et 26 en Ouganda, mais ces chiffres pourraient augmenter. D'ici 2015, les personnes ayant accès à un réseau mobile seront plus nombreuses que celles ayant accès à l'électricité chez elles, ce dans 40 pays de l'Afrique sub-saharienne, de l'Asie du Sud et du Sud-est, mais aussi du Moyen-Orient, selon les prévisions de Cisco concernant la circulation mondiale des données des portables entre 2010 et 2015.

Simon Collings, auteur du rapport et directeur des opérations de GVEP, a déclaré à SciDev.Net que "La recharge des téléphones peut constituer un important flux de revenus pour les entreprises qui fournissent ce service, à savoir 250 dollars américains par mois pour les entreprises kenyanes".

"La taille des stations doit être déterminée selon le nombre de clients ; l'entrepreneur doit par ailleurs comprendre les limites de son équipement et comment l'utiliser correctement. Nous apportons des conseils sur les endroits où se procurer des équipements de bonne qualité", a-t-il déclaré.

Le GVEP forme les entrepreneurs sur les composants techniques qui sont nécessaires au fonctionnement des stations, comme, par exemple, les panneaux solaires et les batteries ; il les forme également sur les techniques commerciales, notamment sur la manière de fournir un service de qualité, sur la démarche à suivre pour ouvrir un compte en banque ainsi que sur les possibilités de développer leur entreprise.

"Nous discutons avec les banques et les instituts de microfinance pour les encourager à accorder des prêts aux entrepreneurs", a déclaré S. Collings.

Selon lui, la principale difficulté est d'apporter les financements de départ qui sont nécessaires pour acheter les panneaux solaires.

"Il n'a pas été facile pour le GVEP de convaincre les banques et les instituts de microfinance. Malgré cette difficulté, des [pas] en avant sont en train d'être réalisés".

Selon Linda Kwamboka, responsable de la collection et de l'intégrité des données pour la M-Farm (une société de logiciels et de commerce agricole ayant été créée par des femmes entrepreneurs) située à Nairobi, cette initiative encourage l'adoption d'une attitude commerciale dans les zones rurales.

Selon elle, "si le propriétaire d'un chargeur solaire fait payer dix shillings kenyans (environ douze centimes de dollars américains ou neuf centimes d'euro) par téléphone, cela lui permet de gagner sa vie tout en conseillant l'utilisation du téléphone portable pour communiquer, faire des transactions et s'informer".

Elle a cependant ajouté que la météo pourrait être une réelle source de difficultés. "Moins de téléphones pourront être rechargés si le ciel est nuageux et, par conséquent, les entrées d'argent ne seront pas aussi importantes", a-t-elle déclaré.

Lien vers le rapport complet (en anglais)

 

Voir ci-dessous une vidéo sur le GVEP :
 

 

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