Rapprocher la science et le développement

  • Equête de l'ONU sur les politiques scientifiques et les questions de genre

Consecutivement aux recommandations d'un rapport de la CNUCED de 2011, les Nations unies s'efforcent d'identifier les meilleures pratiques en matière d'élaboration des politiques scientifiques égalitaires..

La Commission de la science et de la technique au service du développement (CSTD) va publier une série d'études de cas mettant en évidence les meilleures pratiques dans les politiques sur l'égalité des sexes en matière de science, de technologie et d'innovation (STI) des gouvernements à travers le monde.

L'objectif est de promouvoir des politiques plus efficaces sur la science, la technologie et l'innovation, en prenant plus en compte les femmes dans le développement.

En mars dernier, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui sert de secrétariat pour la Commission de la science et de la technique au service du développement (CSTD), a envoyé des questionnaires à chacun des 43 Etats membres de la CSTD, et leur a demandé d'identifier des exemples d'élaboration de politiques réussies sur la science, la technologie et l'innovation à partir d'une perspective sexospécifique. Il espère également identifier ceux des  gouvernements qui, par leurs efforts,  pourront servir de sujets pour des études de cas approfondies.

Les résultats de l'étude constitueront une plate-forme de discussion au sein de la CSTD. Ils fourniront également une contribution pour la Commission de la condition de la femme (CCF), quand elle se réunira en 2014 pour discuter des questions de genre, de STI et de développement.

L'étude fait suite au rapport 'Applying a Gender Lens to Science, Technology and Innovation' publié par la CNUCED, en novembre 2011 - qui a conclu que l'application d'une perspective tenant compte des spécificités sexuelles dans l'analyse, la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques en matière de STI, était essentielle pour un développement fructueux.

La contribution des femmes au développement dans les pays du Sud est importante, et en conséquence, "une optique de l'égalité des sexes dans les politiques de STI est essentielle pour parvenir au développement humain et a la durabilité de l'environnement", a affirmé le rapport. Il a poursuivi en soulignant que trois domaines de politique de STI  revêtaient une importance particulière.

Tout d'abord, la science devait aider les femmes à apporter leur contribution dans des domaines tels que l'agriculture, l'énergie et la gestion de l'eau. Il était capital que les femmes aient accès à l'éducation, à la technologie et au transport, et soient impliquées dans la prise de décisions dans ces domaines, a-t-il poursuivi.

Ensuite, les politiques devaient encourager les femmes à s'impliquer dans la science, la technologie et l'innovation en abordant les préjugés sexistes dans  l'enseignement des matières scientifiques et techniques, en soutenant le recrutement des femmes, et en créant de la flexibilité dans les heures de travail.

Enfin, les politiques devaient encourager et soutenir les femmes dans le domaine de l'innovation, tant au niveau national qu'au niveau local. Les femmes doivent bénéficier d'un plus grand accès à l'éducation, aux capitaux et aux marchés, et être représentées dans les postes de haut niveau des entreprises, a conclu le rapport.

Parmi les principales recommandations figuraient les appels à l'identification, la diffusion et le partage des études de cas sur les politiques de genre réussies en matière de STI à l'intention des décideurs politiques.

Bien que le rapport contienne des exemples de politiques scientifiques égalitaires efficaces dans un certain nombre de pays - dont le Brésil, la Chine, le Ghana, l'Inde, les Philippines, le Rwanda et l'Afrique du Sud – on manquait de données, a déclaré Dong Wu, la responsable de la science et de la technologie de la CNUCED, à SciDev.Net.

"Nous avons conçu cette étude pour essayer d'évaluer ce qui se passe réellement sur le terrain en matière d'élaboration de politiques dans le domaine des STI", a-t-elle déclaré.

Shirley Malcom, la responsable de l'éducation à l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS), a reconnu que si aucune donnée nouvelle ne venait relancer le débat, le problème de l'inégalité entre les sexes dans les politiques de STI continuerait à se poser chez "nos petits-fils".

"Convaincre les sceptiques est toujours difficile, mais ... les preuves constituent le meilleur départ", a déclaré Malcom. "Si vous pouvez montrer suffisamment de bons exemples, vous pouvez convaincre ceux qui n'ont pas pris position.

"Malcom a ajouté que le fait d'amener les décideurs des politiques de STI à comprendre la problématique homme-femme était essentiel pour l'atteinte des Ojectifs du millénaire pour le développement .