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La moitié des troubles mentaux surviennent avant l'âge de 14 ans, mais la plupart des cas ne sont détectés ou traités que beaucoup plus tard, selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé. 

La Journée mondiale de la santé mentale, célébrée ce mercredi, est destinée aux 40% de la population mondiale âgés de 10 à 24 ans. Selon la directrice régionale de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l'Afrique, Matshidiso Moeti, "dans la région africaine, 5 % de la population âgée de moins de 15 ans souffre de désordres mentaux."

La responsable onusienne poursuit, en notant que la plupart des cas ne sont pas détectés et restent non traités, avec des conséquences graves sur le long terme pour la santé mentale.

“La santé mentale est fondamentale pour l'ensemble de l'état de santé et pour atteindre les objectifs de développement durable.”

Matshidiso Moeti, Directrice de la Région Afrique de l'OMS

D'après Matshidiso Moeti, un calendrier scolaire stressant, les abus émotionnels à domicile, ainsi que la pauvreté, sont responsables des maladies mentales qui affectent les jeunes et les adolescents africains.

Et de poursuivre : "La santé mentale est fondamentale pour l'ensemble de l'état de santé et pour atteindre les objectifs de développement durable".

Face à cette situation, l'OMS recommande la formation continue du personnel de santé, pour lui permettre de détecter et de gérer les problèmes communs de santé mentale dans les communautés.

L'organisation précise que "l'intégration de la santé mentale dans les soins de santé de base est une priorité."
 
Un rapport spécial de l'OMS sur la santé des adolescents, publié en septembre, indiquait déjà que les problèmes de santé mentale non résolus imposeraient un fardeau énorme à la plus grande génération de jeunes de l'histoire. 

Le rapport avertit que 10 à 20% des adolescents souffrent d'affections pouvant avoir des effets à long terme sur leur santé mentale, notamment des troubles émotionnels, de l'anxiété, de la psychose et de l'automutilation.

La dépression a été identifiée comme un problème particulier - environ 80% des cas commencent à l'adolescence.

"Si ces troubles ne sont pas traités, ils peuvent s'étendre à la vie adulte, affectant ainsi le niveau d'instruction, l'emploi, les relations et même les responsabilités parentales", a averti Tarun Dua, conseiller en santé mentale à l'OMS.

L'OMS a fourni des recommandations et des exemples d'activités pouvant aider à détecter et à traiter rapidement ces troubles.

Ceux-ci comprennent des interventions psychologiques auto-guidées ou de groupe, la formation des familles et du personnel scolaire, des programmes communautaires de santé mentale et des initiatives de prévention de la toxicomanie, de l'automutilation et du suicide. 

Le rapport a aussi révélé que l'automutilation est la deuxième cause de décès en importance chez les filles âgées de 15 à 19 ans et la troisième en importance chez les garçons de ce groupe d'âge (voir graphique).


L’automutilation causée par des problèmes de santé mentale fait partie des cinq principales causes de décès chez les jeunes. 

Tomás Baader, directeur de l'Alliance chilienne contre la dépression, a déclaré que le passage de l'enfance à l'adolescence avait entraîné "des changements neurobiologiques, psychologiques et neuro-adaptatifs", qui se produisent parallèlement à d'importantes transformations physiques et hormonales.

Il a expliqué que les systèmes de régulation des émotions ne sont pas totalement matures chez les adolescents, ce qui les rend plus vulnérables aux stimuli externes et internes.

"Cela augmente s'ils ont connu très tôt des situations négatives telles que des abus sexuels, la famine, des guerres et la pauvreté", a ajouté Tomás Baader."

Si ces troubles ne sont pas traités, ils peuvent s'étendre à la vie adulte, ce qui aurait un impact sur le niveau d'instruction, l'emploi, les relations et même les responsabilités parentales.

Tarun Dua

Le rapport de l'OMS recommande de rendre les environnements des adolescents plus sûrs, en particulier s'ils vivent dans des zones en proie à des conflits, à la pauvreté ou à la criminalité.

Cela pourrait comprendre le besoin de parler de problèmes de santé mentale, de former les enseignants à détecter les signes de dépression et créer des programmes d'intervention pour les jeunes adultes vulnérables.

Chiara Servili, conseillère au département de la santé mentale et des toxicomanies de l’OMS, a déclaré que l'écoles joue un rôle important dans cette stratégie.

Mais, a-t-elle ajouté, de telles interventions "peuvent être effectuées au sein de la communauté, dans les établissements de santé ou par le biais de médias numériques".

La dernière ressource, qui comprend les interventions en ligne, pourrait être particulièrement appropriée, a déclaré l'OMS, en raison de la stigmatisation liée aux problèmes de santé mentale, qui peut empêcher certains jeunes adultes de demander de l'aide.

Le rapport indique par ailleurs que la stigmatisation est l'une des raisons pour lesquelles les services de santé mentale ne sont pas bien développés dans de nombreux pays.

Cependant, ajoute-t-il, les interventions en matière de santé mentale auprès des jeunes doivent être soigneusement planifiées afin de "s'assurer qu'elles sont acceptées par elles et qu'elles seront utiles".

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