19/10/07

Les souches du virus Ebola ‘sont capables de fusionner’ en de nouvelles souches

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Des chercheurs ont découvert qu’une souche du virus de l’Ebola isolée à partir des grands singes sauvages à proximité de la frontière entre le Gabon et du Congo appartient à une nouvelle lignée. Par ailleurs, la souche est capable de fusionner génétiquement avec d’autres souches du virus pour créer de nouvelles variantes.

D’après ces chercheurs, l’aptitude de ce virus mortel à ‘recombiner’ son matériel génétique a d’importantes implications sur le développement d’un vaccin. Un vaccin fabriqué à partir de virus affaiblis pourrait fusionner avec le virus sauvage pour créer de nouvelles souches, compliquant ainsi les prévisions et le contrôle de la propagation du virus chez les êtres humains et les grands singes.

Ces conclusions ont été publiées sur Internet cette semaine (17 octobre) dans Proceedings of the National Academy of Sciences.

Des chercheurs du Centre international de Recherches médicales de Franceville, au Gabon, et leurs collègues ont effectué l’analyse génétique d’échantillons du virus de l’Ebola du Zaïre – la variété la plus virulente, qui cause la fièvre hémorragique et la mort, en quelques jours, chez presque 90 pour cent des personnes infectées – prélevés sur les cadavres de singes anthropoïdes.

Ils ont identifié une nouvelle souche, la souche B, qui est génétiquement différente des échantillons de la souche A prélevés auprès d’humains infectés lors d’épidémies précédentes.

Les chercheurs estiment que la souche B a probablement muté juste avant la première épidémie humaine documentée, en 1976. Ils ont confirmé qu’elle était à l’origine des épidémies qui ont frappé des populations humaines en République du Congo en 2003 et en 2005.

Cette découverte indique que les éclosions chez les êtres humains peuvent être causées non seulement par la souche A, qui se répand en Afrique centrale, mais également par de multiples virus émergents.

Il existe des preuves que les souches A et B auraient fusionnées récemment – probablement lorsqu’elles étaient toutes deux présentes chez le même hôte – pour former un groupe de virus recombinés à l’origine des épidémies enregistrées dans les années 2001-2003.

Les chercheurs espèrent que leurs conclusions contribueront à la mise au point de méthodes plus efficaces pour prévoir et contrôler les éclosions.

Il nous reste néanmoins encore beaucoup à apprendre sur la façon dont les épidémies humaines surviennent, a dit Jean-Paul Gonzalez, de l’Institut de Recherche pour le Développement de l’Université Mahidol en Thaïlande, au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net). Nous devons notamment déterminer si les souches recombinées sont les principales sources d’infection et en apprendre davantage sur le rôle des chauves-souris en tant que réservoir viral.

Lien vers l’article complet dans Proceedings of National Academy of Sciences

Références

Référence : Proceedings of the National Academy of Sciences doi 10. 1073/pnas.0704076104 (2007)

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