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[LOME] La trypanosomiase humaine africaine, encore appelée maladie du sommeil, n’est officiellement plus un problème de santé publique au Togo. Après deux ans de procédure, l’Organisation mondiale de la santé vient de l’attester dans un communiqué daté du 27 août 2020.
 
La rareté des cas depuis la fin des années 1990 avait poussé le pays à introduire auprès de l’OMS une demande de certification de l’élimination de la maladie en 2018.
 
Les experts de l’OMS ont confirmé, au mois de juin dernier les résultats probants obtenus dans le cadre de la lutte contre la maladie du sommeil ; une reconnaissance qui fait du Togo, le premier Etat africain à avoir éliminé cette maladie endémique dans 36 pays d’Afrique subsaharienne, transmise par la piqûre de la mouche tsé-tsé. 

“Nous faisions de la prospection active. Nous allions rechercher les patients dans les localités, au sein des communautés”

Kossi Badziklou, immunologue, Togo 

« C‘est une infection redoutable, invalidante, difficilement curable et souvent mortelle en l’absence de prise en charge adéquate », a rappelé en conférence de presse, Moustafa Mijiyawa, ministre togolais de la Santé et de l’hygiène publique.
 
D’après un communiqué de presse de l’OMS, un total d’environ 25 000 cas de maladies du sommeil ont été signalés en 1995, et 60 millions de personnes seraient à risque d'infection. En 2019, moins de 1000 cas ont été rapportés. Quant au Togo, il n'a enregistré aucun cas au cours des 10 dernières années.
 
La trypanosomiase humaine africaine fait aujourd’hui partie des maladies tropicales négligées, un statut bien différent de celui qu’elle avait il y a une centaine d’années, au moment de son apparition au Togo.
 
« Les premiers cas ont été identifiés avant l’ère coloniale dans la localité de Missahohoué », localité située à environ 120 km de la capitale togolaise, se souvient l’immunologue Kossi Badziklou.
 
Chef du programme national de lutte contre la maladie du sommeil durant plusieurs années, ce dernier attribue l’élimination de la maladie à la mise en œuvre d’un système de prise en charge efficace.
 
« Sous l’occupation allemande, il y avait un hôpital dédié à la prise en charge de la trypanosomiase à Missohohé, ensuite à Pagouda où un nouveau foyer a été découvert, puis dans les villes de Mango et de Dapaong dans la région septentrionale », confie-t-il à SciDev.Net.
 
La réussite du Togo vient également après plus de deux décennies d’engagement politique soutenu, de surveillance et de dépistage des cas. Pour contenir la maladie, le pays s’est investi dans une stratégie orientée vers le travail de terrain.
 
« Nous faisions de la prospection active. Nous allions rechercher les patients dans les localités, au sein des communautés », se félicite aujourd’hui Kossi Badziklou.
 
À partir des années 2000, les responsables de la santé publique du pays ont également mis en œuvre des mesures de contrôle.
 
En 2011, le pays a mis en place des sites de surveillance dans les hôpitaux des villes de Mango et Tchamba, qui couvrent les principales zones à risque de la maladie. Les responsables de la santé publique ont, depuis, maintenu une surveillance accrue des maladies dans les zones endémiques et à risque.
 

Maintien de la surveillance

Le Togo doit encore soumettre un plan pour la vérification de l’arrêt de la transmission. Cette évaluation se fera à l’horizon 2030, telle que prévue dans la feuille de route de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
 
D’ici à là le Togo devra faire preuve de vigilance. Le critère de base est fixé à zéro cas de contamination sur une dizaine d’années, une condition déjà remplie par le Togo, dans l’attente du lancement du processus de certification.
 
« Il convient de poursuivre les activités de surveillance », a insisté la représentante-résidente de l’OMS au Togo, lors de la conférence de presse sur la déclaration du Togo comme pays ayant éliminé la trypanosomiase humaine.
 
Fatoumata Binta Diallo ajoute que « l’OMS recommande de continuer à garantir une prise en charge de qualité des patients dans tout le pays ».
 
En effet, la mouche tsé-tsé, vecteur de la pathologie, n’a pas disparu, et la présence de la maladie du sommeil dans les pays limitrophes du Togo implique le maintien de la surveillance, afin d’éviter la résurgence de la maladie.
 
Le Bénin, la Côte d’Ivoire le Burkina-Faso, le Cameroun et le Ghana ont également introduit leurs dossiers auprès de l’OMS pour être déclarés exempts de la maladie du sommeil…

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