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Selon une étude, après deux ans d'immobilisation, les émissions mondiales sont à nouveau en hausse, ce qui réduit davantage les chances de maintenir le réchauffement planétaire à moins de 1,5 ° C au-dessus des niveaux préindustriels.

Présenté le 6 décembre, lors du débat sur le climat, qui a eu lieu à Katowice, en Pologne, le Global Carbon Project 2018, un effort de recherche visant à cerner les tendances en matière d'émissions et de consommation d'énergie, estime que d'ici à la fin de l'année, les êtres humains auront rejeté 2% de plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère qu'en 2017.

La forte augmentation de la consommation de charbon en Chine et aux États-Unis est à l'origine de la tendance, mais le problème est aggravé par le fait que d'autres pays ne parviennent pas à réduire leurs émissions autant que promis, déclare l'auteure principale Corinne Le Quéré, climatologue à l'université d'East Anglia, en Grande-Bretagne.

Si l'augmentation sensible de l'utilisation des énergies renouvelables peut inciter à l'optimisme, "les efforts ne se sont pas étendus à tous les secteurs de l'économie ; les émissions issues des secteurs des transports, du bâtiment et de l'industrie ne connaissent pas de répit", a-t-elle noté.

Les conclusions de Le Quéré s'appuient sur une autre recherche récente qui met en lumière des revers inattendus.

Le rapport de l'ONU sur les émissions, publié la semaine dernière, mesure la différence entre la trajectoire d'émissions nécessaire pour atteindre l'objectif international consistant à maintenir le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius et les tendances de la pollution par les gaz à effet de serre.
 
La dernière édition du rapport a révélé que les deux voies divergeaient plus qu'on ne le pensait.

Les promesses actuelles en matière de lutte contre le changement climatique réduiraient les émissions à des niveaux situés entre 53 et 56 gigatonnes d'équivalent CO2 d'ici 2030.

Toutefois, pour éviter une augmentation de la température supérieure à 1,5 degré Celsius, il faudrait réduire les émissions à 24 gigatonnes, selon le rapport.

Ces chiffres abstraits sont au cœur des changements brutaux sur le terrain qui sont les plus susceptibles d’affecter les pays les plus pauvres.

Dans un peu plus d'une décennie, le changement climatique devrait entraîner une réduction des rendements agricoles en Afrique et en Asie du Sud, augmenter le prix des aliments et exacerber la pauvreté.

Un rapport de The Lancet a révélé qu’une planète plus chaude augmenterait probablement l’incidence des maladies à vecteur ainsi que d’autres risques pour la santé liés au stress thermique.

Taryn Fransen, membre du groupe de réflexion américain World Resources Institute et co-auteur du rapport Emissions Gap Report, explique que ses conclusions sont plus pessimistes, car les principales études publiées cette année ont rendu les scientifiques "plus prudents quant au potentiel de déploiement à grande échelle de technologies d'émissions négatives."

Alors que les anciens modèles misaient beaucoup sur la capacité technologique à extraire le CO2 de l'atmosphère, il est devenu évident que de telles solutions ne sont toujours pas viables sur les plans financier et technique.

« Cela signifie que nous devons réduire les émissions beaucoup plus rapidement », déclare Taryn Fransen.#

Selon Dabo Guan, professeur d'économie du changement climatique à l'Université d'East Anglia au Royaume-Uni, « l'avenir de l'atténuation du changement climatique est entre les mains de grands pays en développement tels que l'Inde et la Chine », car ils sont en croissance et peuvent développer leurs infrastructures énergétiques sur des voies durables.

Cependant, ajoute-t-il, les défis auxquels ces pays sont confrontés sont plus complexes que ceux auxquels les économies industrialisées ont été confrontées dans le passé."
 
« Si les pays riches peuvent penser à la croissance d'abord et à la décarbonisation plus tard, les pays en développement doivent les affronter tous en même temps », a déclaré Dabo Guan.