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[NAIROBI] Une étude a révélé qu'une augmentation des émissions de méthane en provenance d'Afrique subsaharienne s'est produite entre 2010 et 2016, la majeure partie de cette augmentation émanant de l'Afrique de l'Est.
 
Les experts affirment que lorsqu'il est émis aujourd'hui, le méthane, un gaz qui piège la chaleur et qui est environ 28 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, durera 10 à 12 ans dans l’atmosphère.
 
L'étude a révélé que l'Afrique tropicale a produit un tiers de la récente augmentation mondiale du méthane, les chercheurs ajoutant que plus de méthane pourrait entraîner une accentuation du changement climatique.
 
Les estimations mondiales de la récente augmentation du méthane dans la littérature scientifique varient entre 4 et 6 millions de tonnes chaque année, déclare Mark F. Lunt, auteur principal de l'étude et associé de recherche postdoctorale à l'université britannique d'Édimbourg. 

Une fois que nous aurons bien compris l'augmentation continue du méthane atmosphérique, nous aurons peut-être une chance de faire quelque chose pour l'arrêter

Mark F. Lunt, université d'Édimbourg

« Nous avons constaté que l'augmentation en provenance d'Afrique était d'environ 1,5 à 2 millions de tonnes chaque année entre 2010 et 2016 ; ce qui représente environ un tiers de l'augmentation totale mondiale », déclare-t-il à SciDev.Net.
 
A en croire Mark F. Lunt, « cette étude est importante car elle ajoute des preuves qui nous aident à répondre à la question de savoir d'où vient l'augmentation continue des émissions de méthane ».
 
« Une fois que nous aurons pleinement compris l'augmentation continue du méthane atmosphérique, nous aurons peut-être une chance de faire quelque chose pour l'arrêter », ajoute-t-il.
 
Mark F. Lunt indique en outre que la réduction des émissions de méthane est importante si des progrès doivent être accomplis pour atteindre les engagements déclarés dans l'Accord de Paris pour lutter contre le changement climatique.
 
Cet accord prévoit, entre autres, de limiter l'augmentation de la température moyenne mondiale ce siècle bien en dessous de deux degrés Celsius, tout en poursuivant les efforts pour limiter l'augmentation de la température à 1,5 degré.
 
L'étude publiée dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics le 11 décembre impliquait l'utilisation de données du satellite d'observation des gaz à effet de serre pour évaluer les tendances saisonnières annuelles des rejets de méthane en Afrique tropicale.
 

Techniques statistiques

Les chercheurs ont également utilisé des techniques statistiques rigoureuses pour estimer les émissions de méthane à partir des données satellitaires.
 
« Une forte augmentation d'environ trois millions de tonnes de méthane par an provenait du Soudan du Sud », explique Mark F. Lunt.
 
L'Éthiopie et le Nigéria ont d'importantes émissions de méthane, probablement en raison des activités humaines telles que l'agriculture et l'industrie des combustibles fossiles, explique le chercheur.
 
Ajoutant que l'Afrique a de grandes sources de méthane, y compris le bétail, la gestion des déchets et les activités liées aux combustibles fossiles. Le continent abrite également de vastes zones humides qui représentent une grande source naturelle de méthane, dit-il.
 
« L'une des questions importantes en matière de méthane est de savoir comment les sources de méthane peuvent changer dans un climat en évolution », a expliqué Mark F. Lunt à SciDev.Net.
 
« Nous devons encore essayer de mieux comprendre cette augmentation. Il est nécessaire de collecter davantage de données sur le méthane sur le terrain à travers le continent africain. »
 
Polly Ericksen, scientifique principale et dirigeante du programme de recherche sur les systèmes d'élevage durables à l'International Livestock Research Institute[1], loue l'étude pour avoir généré des preuves relatives aux émissions de méthane sur le continent africain.
 

Utilisation des terres

« Si les augmentations sont dues au changement dans l’utilisation des terres et à l'agriculture, alors il serait essentiel de préconiser des solutions basées sur la nature, y compris la gestion forestière, des solutions basées sur la terre susceptibles d’augmenter la séquestration du carbone et des interventions sur le développement du bétail à faibles émissions qui augmenteront la productivité du bétail et réduiront les intensités d'émissions », explique-t-elle.
 
« Ces solutions sont réalisables si nous pouvons créer les incitations financières et institutionnelles nécessaires », ajoute Polly Ericksen.
 
Christopher Oludhe, expert en changement climatique et maître de conférences à l'université de Nairobi au Kenya estime pour sa part que « cette étude améliorera la compréhension des émissions de méthane tropicales, ce qui permettra de mieux modéliser les changements climatiques futurs ».
 
« Le méthane absorbe beaucoup plus d'énergie que le dioxyde de carbone sur la même période. Il s'agit donc d'une réelle préoccupation mondiale, régionale et nationale », ajoute-t-il.
 
Oludhe confie enfin à SciDev.Net que la connaissance des principales sources de méthane peut permettre aux pays de cibler ces sources pour la réduction des émissions avec des interventions telles que l’usage des technologies appropriées.

Références

[1] Institut international de recherche sur l'élevage