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Une perte « sans précédent » de la biodiversité mondiale menace les progrès de plus de 80% des Objectifs de développement durable des Nations unies et met un million d'espèces animales et végétales en danger de disparition, a averti un important rapport scientifique.
 
La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a publié une évaluation globale - la plus complète à ce jour - lors de sa 7ème réunion plénière à Paris, le 6 mai.
 
L’évaluation a montré que la communauté internationale ne parviendrait probablement pas à atteindre 35 des 44 ODD, en raison de la perte d’espèces et de la dégradation des sols.
 
Ces facteurs combinés porteraient porter atteinte à l’agriculture et à la croissance économique, en particulier dans les pays du Sud. 

“Nous devons préciser beaucoup plus clairement que si vous voulez enregistrer des succès dans la réalisation des ODD, ils doivent être fondés sur la nature.”

EJ Milner-Gulland, professeur de biodiversité à l'Université d'Oxford

Le président de l'IPBES, Sir Robert Watson, a déclaré que les êtres humains « érodaient les fondements-mêmes de nos économies, de nos moyens de subsistance, de la sécurité alimentaire, de la santé et de la qualité de la vie ».
 
Selon le rapport, quelque 25% des espèces de la planète sont menacées et un million de personnes risquent de disparaître, à cause de l'influence humaine directe, ce qui met également en lumière les implications économiques de la perte de biodiversité.
 
L’utilisation des terres pour la production agricole aurait augmenté de 300 % depuis 1980, par exemple.
 
Mais la productivité de 23 % des terres dans le monde a diminué, à cause de la surexploitation, alors que des récoltes d’une valeur allant jusqu’à 577 milliards de dollars US par an sont menacées par la perte de pollinisateurs.
 
Eduardo Brondizio, anthropologue brésilien et coprésident du comité du rapport d'évaluation, a déclaré que le changement climatique commençait également à jouer un rôle dans la réduction de la perte de biodiversité.
 
Par ailleurs, notent les auteurs, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont doublé, augmentant les températures moyennes mondiales d'au moins 0,7 degrés Celsius, note le rapport.
 
« Le changement d'affectation des sols était auparavant le principal facteur [de perte de biodiversité], suivi de l'extraction des ressources, mais le changement climatique est maintenant plus prononcé - et plus prononcé dans les pays du Sud », a déclaré Eduardo Brondizio à SciDev.Net.
 
L'évaluation a révélé que cette perte ralentit les progrès vers la plupart des ODD, y compris ceux liés à la santé des océans, au bien-être, à l'égalité économique, à la salubrité de l'eau et à l'utilisation responsable des ressources.
 
« Pour le moment, les gens progressent vers les objectifs de développement durable en réduisant notre capital naturel », a déclaré à SciDev.Net EJ Milner-Gulland, professeur de biodiversité à l'Université d'Oxford, au Royaume-Uni.
 
« Nous devons préciser beaucoup plus clairement que si vous voulez enregistrer des succès pour les ODD, ils doivent être fondés sur la nature. »
 
L'accélération de l'extinction d'espèces a également pratiquement détruit les objectifs d'Aichi relatifs à l'amélioration de la biodiversité, approuvés par 27 organisations internationales, en 2011.
 
Cet ensemble de 20 objectifs devait être atteint l'année prochaine, mais selon Sandra Diaz, écologiste espagnole et coprésidente de l'IPBES, seulement quatre des cibles avaient une chance de réussir.
 
L'évaluation a été compilée sur trois ans par 145 scientifiques de 50 pays.
 
Le rapport final a été voté et approuvé le 4 mai à 3 heures du matin, après 45 heures de négociations intensives entre les gouvernements membres de l'IPBES.
 
Eduardo Brondizio a déclaré que les pays en développement, en particulier l'Afrique du Sud, la Bolivie, le Mexique, le Brésil et l'Argentine, ont uni leurs voix pour appeler à la reconnaissance de l'impact régional et local de la perte de biodiversité.
 
Le rapport révèle en outre que le problème est le plus profondément ressenti parmi les populations pauvres et autochtones du Sud.
 
L'évaluation a averti que l'état de conservation des terres appartenant aux peuples autochtones ou gérées par ceux-ci se détériorait - 9 % des mammifères domestiqués qu'ils utilisaient pour leur subsistance se sont éteints en 2016.
 
Eduardo Brondizio et son équipe ont évalué plus de 450 indicateurs de changement d'affectation des sols dans les territoires habités par des populations autochtones et ont constaté que 70% de ces indicateurs affichaient un déclin.
 
Cependant, le rapport a souligné que la participation locale et les connaissances autochtones peuvent conduire à une amélioration considérable de la protection des espèces.
 
« 35% des zones les plus diverses de la planète sont gérées par des peuples autochtones, elles sont donc au centre des discussions », a déclaré Eduardo Brondizio.
 
« Nous avons constaté que la biodiversité déclinait moins rapidement dans ces zones. Lorsque nous incluons les communautés locales dans la gouvernance, cela a généralement un impact positif sur leurs moyens de subsistance et sur les résultats en termes de biodiversité. »