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A l’occasion du dernier salon de l’agriculture qui s’est déroulé en février 2020 à Paris, le gouvernement malien a invité la diaspora malienne à revenir au pays pour investir dans la filière de la gomme arabique.
 
Cette gomme est la résine de l’acacia Sénégal (une des 600 espèces d’acacias), un arbre qui pousse naturellement dans les régions de Mopti, de Ségou et de Kayes d’où sont originaires la grande majorité des candidats maliens à l’émigration.
 
« Le Mali fait des efforts depuis quelques années pour promouvoir la filière de la gomme arabique avec l’objectif de réduire la pauvreté dans les zones de promotion qui sont généralement des zones semi-arides et arides avec un faible potentiel agricole », indique Dr Nango Dembélé, ancien chargé de recherche au Michigan State University sur les politiques agricoles et alimentaires en Afrique de l'Ouest et ancien ministre de l’agriculture du Mali. 

“L’acacia permet de lutter contre la désertification en maintenant les sols. Ses feuilles rendent les sols plus azotés. C’est le meilleur arbre pour séquestrer le carbone”

Djibril Sidibé, ministère du Commerce, Mali

En outre, le gouvernement malien pense que cette filière a le mérite de pouvoir trouver une occupation aux populations du nord du Mali où se recrute une bonne partie des candidats à l’émigration.
 
« La gomme arabique va permettre aux populations du nord de se remettre à l’agriculture, de créer de la richesse et de renforcer la balance commerciale de notre pays », soutient en effet Moulaye Ahmed Boubacar, le ministre de l’Agriculture du Mali.
 
Interrogé par SciDev.Net, ce dernier ajoute que « la culture de cet arbre recherché dans plusieurs industries offrira aussi une alternative à l’émigration ».
 
Pour sa part, Djibril Sidibé, chargé du dossier « gomme arabique » au ministère malien du Commerce voit dans l’arbre qui la produit un important rempart contre le changement climatique.
 
« L’acacia permet de lutter contre la désertification en maintenant les sols. Ses feuilles rendent les sols plus azotés et les cultures intercalaires comme le haricot ou le petit mil ne génèrent pas de compétition nutritionnelle avec cet arbre », dit-il, avant de conclure que « c’est le meilleur arbre pour séquestrer le carbone ».
 
Encore peu étudiée, mais déjà prisée dans l’industrie agroalimentaire où elle est utilisée comme additif multifonctionnel (code européen E414), la gomme arabique peut être un enrobant, un émulsifiant ou un agent stabilisateur de boissons ou du tanin.
 
Son rôle d’antiagglomérant pour les boissons sucrées lui a valu d’être exemptée des sanctions américaines à l’encontre du Soudan, premier producteur mondial. Elle est également utilisée dans l’industrie pharmaceutique, en chimie, en diététique et en cosmétique.
 

Mesures attractives

La production malienne, bien qu’ayant plus que quadruplé depuis 2013, ne représente que 13% de parts de marché, avec 9000 tonnes exportées en 2019.
 
Pendant ce temps, 30% de la demande mondiale n’est pas satisfaite faute de matière première dans un marché où le Sahel africain se taille 95% de l’offre globale avec, en tête, le Soudan suivi du Tchad.
 
L’on apprend au passage que hormis l’utilisation de la gomme arabique pour la brillance et la solidification des tissus, la production malienne est surtout destinée à l’exportation.
 
Aussi les officiels maliens ont-ils saisi l’occasion du Salon de l’agriculture de Paris pour vanter les mesures attractives mises en place pour les jeunes.
 
A savoir la loi d’orientation agricole, 15 % du budget national alloué à l’agriculture, sans compter les mesures spécifiques comme l’accompagnement à l’export, l’octroi de terres, la construction d’entrepôts en zones gommifères et la création de fonds de garantie.
 
« Le gouvernement crée les conditions pour encourager les Maliens de la diaspora à revenir investir dans les filières agricoles très prometteuses comme la gomme arabique. Actuellement, nous mettons plus de 100 000 hectares à la disposition de la diaspora », martèle Moulaye Ahmed Boubacar.
 
Pour le ministre de l’Agriculture, il est par ailleurs important de former davantage de chercheurs qui vont permettre d’approfondir les connaissances sur cette filière qui n’a pas encore révélé toutes ses vertus.