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Dénommé « FreeDome », le nouveau dispositif a été développé par Biofeed Technology, une entreprise israélienne qui conçoit des solutions écologiques pour la lutte contre les ravageurs. Il a également été testé au cours des trois dernières années en Inde, en Ethiopie, au Ghana et au Sénégal.

Au Togo, le dispositif a été utilisé sur dix sites de production de mangues, dans le cadre d’un projet pilote initié par l’État, pour l’élimination de Bactrocéra dorsalis, espèce considérée comme la plus dangereuse pour la filière fruitière du pays.

Ses infestations peuvent être à l’origine de 50 à 85% des pertes de production, selon le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA).

“L'avantage de notre méthode est que l'attractif que nous avons développé attire à la fois les espèces mâles et femelles. Ce sont les femelles qui causent les dégâts et donc la capacité à les attirer et à les tuer est une avancée notable dans la lutte contre cette espèce.”

Nimrod Israely, inventeur du dispositif Freedome

Nimrod Israely, chercheur en entomologie et inventeur de « FreeDome », a expliqué à SciDev.Net que le dispositif fonctionne comme un appât alimentaire qu’on peut accrocher aux manguiers dans le verger, à raison d’une dizaine d’unités par hectare.

Chaque kit contient un goutteur qui libère une substance écologique contenant des phagostimulants et un attractif olfactif qui agit comme la phéromone, souligne le chercheur.

« Le dispositif attire les mouches qui viennent s’y poser, se nourrissent de l’appât contenant un ingrédient actif, puis meurent généralement peu de temps après le repas », indique Nimrod Israely.

Vue du dispositif Biofeed dans un verger. Crédit image : Biofeed.


Avant cette solution, précise-t-il, la façon la plus courante de contrôler Bactocéras Dorsalis avec la méthode de l’appât alimentaire consistait à utiliser le méthyleugénol, un composé organique aromatique qui n’attire que les espèces mâles.

« L'avantage de notre méthode est que l'attractif que nous avons développé attire à la fois les espèces mâles et femelles.  Ce sont les femelles qui causent les dégâts et donc la capacité à les attirer et à les tuer est une avancée notable dans la lutte contre cette espèce», a souligné Nimrod Israely.

 « Green Valley»


Pour Komina Amevoin, spécialiste en entomologie à l’Université de Lomé, le principal obstacle à la lutte contre les mouches des fruits est le manque de coordination entre les actions de lutte aussi bien au niveau national que sous régional.

« Il existe aujourd’hui beaucoup de méthodes de lutte contre ces ravageurs, mais généralement les actions se font localement, ce qui réduit leur efficacité sur le long terme », regrette le chercheur.

Cette préoccupation est partagée par Nimrod Israely, qui a confié à SciDev.Net que son entreprise entend lancer prochainement le « Green Valley Project », une initiative destinée à coordonner la lutte contre la mouche des fruits dans les pays africains les plus touchés par ces ravageurs.

Plusieurs initiatives sont annoncées dans le cadre de ce projet, notamment la mise en place du « Green Valley Fund », un fonds d’une valeur de 100 millions de dollars (soit plus de 58,8 milliards de F CFA), ainsi que l’ouverture d’un centre d’excellence régional en Afrique de l’Ouest.

Problèmes de tri


La finalité, précise Nimrod Israely, c’est non seulement de faciliter la collaboration entre les chercheurs et les producteurs, afin d’améliorer les rendements, mais aussi de développer l’exportation dans la filière en Afrique de l’Ouest.

 « En réduisant les infestations, les producteurs pourront augmenter leurs revenus et investir dans de nouvelles technologies pour améliorer quantitativement et qualitativement leurs performances », indique Nimrod Israely.

Mondjonnesso Gomina, chercheur au Laboratoire d’Entomologie Appliquée à l’Université de Lomé,  estime pour sa part qu’en matière d’exportation, le gros défi des producteurs reste le tri.

« Si on arrive à réduire de 95% les infestations dans un verger, cela suppose qu’il reste encore 5% des fruits qui ont été piqués. Et si le tri n’est pas fait comme il se doit, la cargaison destinée à l’exportation risque d’être détruite à cause d’un seul fruit infesté », explique-t-il.

Le chercheur soutient, par ailleurs, qu’une lutte intégrée reste la meilleure méthode de contrôle des populations de mouches des fruits.