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Une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’université du Kwazulu-Natal (Afrique du Sud) conclut qu’une meilleure sélection variétale du blé cultivé en Afrique peut constituer un moyen de résilience contre le changement climatique.
 
L’étude, dont les résultats ont été rendus publics le mois dernier, souligne qu’à la faveur de cette sélection, les producteurs agricoles du continent pourront au même moment combattre les causes et les conséquences du réchauffement climatique.
 
« Nos travaux montrent d’importantes disparités entre les variétés. Les meilleures séquestrent jusqu’à 80 % de carbone de plus dans leurs racines et leurs tissus aériens que les autres », indique Vincent Chaplot, pédologue à l’IRD et auteur principal de l’étude.

“Les programmes de sélection tenant compte de la population et du marché qu’ils desservent peuvent accroître l’absorption et l’adoption des variétés qu’ils développent et commercialisent.”

David Spielman - Institut international de recherche sur les politiques alimentaires

Un communiqué de presse de l’IRD explique que les plantes captent du carbone atmosphérique qu’elles transforment ensuite en matières organiques végétales par le phénomène de la photosynthèse.
 
Le document ajoute que cette matière organique va ensuite rejoindre le sol lorsque les racines, les tiges et les feuilles vont mourir et se décomposer.
 
Selon la même source, les plantes produisent aussi des exsudats racinaires (épanchement de liquide dû à une modification de la perméabilité de la membrane) sont constitués de sucres issus également du CO2 de l’atmosphère et qui sont transférés à la terre où ils alimentent la vie bactérienne et contribuent à stabiliser le carbone dans le sol, après avoir été transformés en matière organique.
 
« La sélection d’espèces aux tissus riches en carbone pourrait donc permettre d’en stocker davantage, mais aussi de mieux nourrir les sols et ainsi d’améliorer la qualité de la production agricole », conclut le communiqué.
 
Vincent Chaplot précise, dans une interview avec SciDev.Net, que ce sont exactement cinq variétés de blé africain qui présentent ces caractéristiques et qu’elles sont disponibles chez les semenciers classiques.
 
Le chercheur insiste sur le fait qu'il « ne s’agit pas de nouvelles variétés de blé pour l’Afrique, car, les 100 variétés que nous avons étudiées y sont déjà cultivées ».

Pas une panacée

S'il souligne que l'institution pour laquelle il travaille n'organise pas de programme de sélection, David Spielman, chercheur principal à la division de l’environnement et des techniques de production de l’IFPRI (International Food Policy Research Institute) [1] affirme cependant qu'elle mène « des recherches qui examinent l’impact des programmes de sélection et des variétés améliorées sur les coûts et les rendements des agriculteurs au niveau micro, ainsi que sur la sécurité alimentaire nationale et le commerce mondial à un niveau plus macro-économique. »
 
Dès lors, le chercheur se veut prudent dans son appréciation des travaux réalisés par ceux de l’IRD et de l’université du Kwazulu-Natal.
 
« L'amélioration variétale est une solution importante dans la lutte contre le changement climatique et l'insécurité alimentaire. Mais ce n'est pas une panacée », dit David Spielman, ajoutant que « les programmes d'amélioration des cultures doivent être accompagnés de politiques de développement efficaces, d'un engagement actif avec les agriculteurs, les consommateurs et les communautés rurales, et de nombreux autres éléments ».
 
Pour lui, « tout bon programme de sélection » doit prendre en compte les opinions des femmes et des hommes qui préparent ces aliments à la maison et qui ont des préférences spécifiques, voire fortes, en matière de goût, de couleur, d'arôme, de consistance ou de cuisson. 

Chaîne de valeur

Sans oublier l’avis des meuniers et des autres acteurs de la chaîne de valeur qui transforment les cultures en pain, pâte ou aliments préparés.
 
« Les programmes de sélection tenant compte de la population et du marché qu’ils desservent peuvent accroître l’absorption et l’adoption des variétés qu’ils développent et commercialisent », conclut David Spielman.
 
Ces observations semblent se rapprocher d’un constat que les chercheurs eux-mêmes ont fait lors de leurs travaux, selon lequel les variétés de blé les plus efficaces, notamment avec la plus importante masse racinaire, sont moins productives en grains.
 
« Mais elles sont capables d’aller chercher l’eau plus loin dans le sol et résistent mieux à la sécheresse », écrivent les chercheurs.
 
Ce qui, de leur point de vue, permet de maintenir une certaine production, malgré la dégradation des conditions environnementales, du fait du changement climatique, tout en permettant aux producteurs agricoles de bénéficier de crédits carbone. [2]

Références

[1] Institut international de recherche sur les politiques alimentaires
[2] Mesure d’incitation financière à réduire les émissions de carbone, issue du protocole de Kyoto (1997).

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