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Un anneau vaginal pour réduire le risque de VIH de 27-31 %
  • Un anneau vaginal pour réduire le risque de VIH de 27-31 %

Crédit image: Brian Sokol/Panos

Lecture rapide

  • Deux études explorent d’autres stratégies de prévention du VIH pour les femmes

  • L’anneau vaginal réduit le risque de VIH de 27 à 31 %, mais moins chez les jeunes filles

  • D'autres études sont en cours pour chercher les raisons de son échec chez les jeunes filles

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[KAMPALA] Deux essais à grande échelle de phase III réalisés en Afrique sub-saharienne ont montré qu’ils pouvaient potentiellement protéger les femmes contre l'infection à VIH de 27 à 31 %.
 
Les deux essais, en question sont notamment A Study to Prevent Infection with a Ring for External Use (ASPIRE) qui vise à prévenir l'infection avec un anneau à usage externe et The Ring study qui est une étude sur l’anneau lui-même.
 
Ces deux travaux de recherche visent à identifier des stratégies complémentaires de prévention du VIH pour les femmes.
 
L’ASPIRE et l'Etude sur l’anneau ont montré qu'un anneau vaginal mensuel muni du médicament antirétroviral, la Dapivirine, peut aider sans danger à éviter le VIH-1 chez les femmes.
 

“C’est un grand pas vers la prévention du VIH chez les femmes par leur propre initiative”

Anatoli Kamali
Unité de Recherche sur le SIDA, MRC/UVRI, Ouganda

L’annonce a été faite le 22 février dernier lors de la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes à Boston, dans le Massachusetts, aux Etats-Unis.
 
"Je suis enthousiasmée. C’est la première fois que nous obtenons quelque-chose pour les femmes", déclare Clemencia Nakabiito, chercheuse principale du Microbicide Trials Network (Réseau d'essais de microbicides - MTN) en Ouganda, qui dirige l’ASPIRE. Elle note au passage que l'anneau pourrait réduire la charge virale dans le pays.
 
Anatoli Kamali, directeur adjoint de l'Unité de recherche sur le SIDA du MRC/UVRI, en Ouganda, qui participe à l'étude sur l’anneau en Ouganda, ajoute que "c’est un grand pas vers la prévention du VIH chez les femmes par leur propre initiative".
 
L’ASPIRE a montré que l'anneau mensuel contenant du Dapivirine a réduit sans problème l'infection à VIH de 27 % dans l'ensemble, comparé à un placebo, tandis que l'Etude sur l’anneau a réduit le risque de VIH de 31 % dans l'ensemble, et de 37 % chez les participantes âgées de plus de 21 ans.
 
L’ASPIRE a été menée par le MTN financé par les Instituts nationaux de la santé des Etats-Unis alors que l'Etude sur l’anneau a été dirigée par l’International Partnership for Microbicides (Partenariat international pour les microbicides - IPM), un organisme à but non lucratif.
 
Mais les deux essais montrent qu'il reste à trouver une solution pour les jeunes, et que la tâche ne sera pas facile.

Déception
 
En effet, pour les jeunes femmes de 18 à 21 ans, le risque de VIH a baissé de 15 % dans l'Etude sur l’anneau, mais il n'y avait aucune protection en ce qui concerne l’ASPIRE.
 
Kenneth Mwehonge, responsable de programme de la Coalition for Health Promotion and Social Development (Coalition pour la promotion de la santé et le développement social), qui est basée en Ouganda, déclare à SciDev.Net que "les jeunes femmes et les jeunes ont les taux d'infection les plus élevés. C’est une déception parce qu’elle laisse nos jeunes femmes sans protection".
 
L’ASPIRE a obtenu la participation de 2 629 femmes séronégatives âgées de 18 à 45 ans sur 15 sites de recherche clinique au Malawi, en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe, alors que l'Etude sur l’anneau portait sur 1 959 femmes en Afrique du Sud et en Ouganda.
 
Les deux essais ont commencé en 2012, mais bien que l’ASPIRE ait pris fin en 2015, l'Etude sur l’anneau, qui se poursuit, présente des résultats préliminaires suivant une recommandation de son conseil indépendant de suivi des données et de la sécurité, qui estime que l'étude doit procéder à une analyse finale, d’après un communiqué publié par l’IPM le 22 février.
 
Comme avec les tests précédents qui portaient sur d'autres méthodes de prévention du VIH, le respect de l'usage prescrit est apparu plus élevé chez les femmes plus âgées, ce qui pourrait expliquer les niveaux plus élevés d'efficacité chez ces groupes d'âge.
 
C'est ce qu'indique un communiqué publié le 22 février par l’AVAC, une coalition qui plaide pour une prévention du VIH dans le monde entier.
 
"Le respect de l'usage prescrit était d'environ 80 % en général, un pourcentage que nous n’avons encore jamais atteint dans une étude sur l'anneau", affirme Flavia Matovu, une chercheuse de l'Université de Makerere, en Ouganda, un des principaux chercheurs impliqués dans ASPIRE.
 
Elle ajoute que les jeunes femmes sont moins susceptibles de prendre les choses au sérieux.
 
Selon Flavia Matovu, d'autres études sont en cours pour comprendre les questions de prévention du VIH chez les jeunes femmes, en particulier les raisons de la non-acceptation des anneaux.
 
Pour Flavia Matovu "Il est difficile de s'abstenir ou d'utiliser un préservatif. Un dispositif qui peut être utilisé par les jeunes femmes est essentiel".

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