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  • Le premier vaccin non réfrigéré fait ses débuts en Afrique

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Les autorités réglementaires ont assoupli les contrôles de température sur un vaccin contre la méningite, autorisant désormais son utilisation après plusieurs jours sans réfrigération. C'est une évolution susceptible de faire baisser le coût de son utilisation en Afrique, et la première approbation du genre pour un vaccin sur le continent.

MenAfriVac est fabriqué en Inde et utilisé dans 26 pays d'Afrique pour protéger les populations contre la méningite de type A. Le Contrôleur général des médicaments de l'Inde et l'OMS ont désormais approuvé la fourniture du vaccin dans une chaîne à température contrôlée jusqu'à 40 degrés Celsius pour une durée de temps pouvant aller jusqu'à quatre jours.

Le Bénin est le premier pays à utiliser le vaccin dans une chaîne à température moins rigoureuse, dans un programme pilote s'étalant du 15 au 25 novembre dans le nord du pays.

La fabrication et l'administration de MenAfriVac coûtent près de 75 cents américains par dose, et son stockage hors d'une chaîne d'approvisionnement à froid pourrait faire baisser ce coût d'une dizaine de cents, selon Michel Zaffran, directeur de Optimize, une collaboration entre PATH et l'OMS visant à améliorer la technologie et les systèmes d'administration des vaccins.

"Certains pays comme le Tchad disposent d'une infrastructure de chaînes du froid de très mauvaise qualité. Ils doivent avoir recours aux réfrigérateurs et aux générateurs diesel, puis tout ramener à la capitale une fois le programme de vaccination terminé. Cette [nouvelle approbation] sera d'une grande aide", soutient-il.

Zaffran dit espèrer que MenAfriVac soit le premier d'une longue série de vaccins qui seront homologués de cette manière et que les fabricants envisageront l'introduction de tests de stabilité thermique dans des essais cliniques.

"Il a fallu beaucoup de temps pour que quelques fabricants réalisent l'importance de cette avancée et nous espérons que d'autres étudieront les données de stabilité et verront si leurs vaccins peuvent être réhomologués. Nous espérons également que l'annonce du premier vaccin constituera une incitation supplémentaire pour les fabricants", dit-il.

Il existe déjà de bonnes données sur la thermostabilité pour les vaccins contre la fièvre jaune et le papillomavirus humain. D'autres vaccins, au contraire, vont devoir subir davantage d'essais cliniques, remarque Zaffran.

Un risque de créer une certaine confusion existe, souligne-t-il.

"En principe, tous les vaccins sont plus thermostabiles que la durée stipulée sur leur étiquette. Mais la recommandation de tous les conserver entre deux et huit degrés Celsius est une recommandation simple et claire qui peut être appliquée partout. Si vous dites 'ce vaccin est plus stable [qu'un autre]', cela devient plus compliqué".

Mais il affirme qu'à mesure que les programmes d'inoculation deviennent de plus en plus sophistiqués, la question devient moins problématique.

Anthony Battersby, un consultant qui a mis en place des programmes de vaccination pour différentes organisations, dont l'OMS, estime que la possibilité de conserver un vaccin hors de la chaîne du froid est une percée majeure - mais pour de nombreux vaccins, cela ne serait pas possible.

Le principal risque est que le vaccin n'ait aucun effet, et non qu'il soit nocif, rappelle-t-il.

"Les recherches sont toujours en cours sur la façon d'obtenir des vaccins plus stables, mais toute recherche sur les vaccins est extrêmement coûteuse et longue – cela prend des années", affirme Battersby.

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