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Le principal défi à relever pour éradiquer la polio consiste à vacciner les enfants dans toutes les communautés à risque
  • Handicap : la campagne contre la polio doit être universelle

Le principal défi à relever pour éradiquer la polio consiste à vacciner les enfants dans toutes les communautés à risque

Lecture rapide

  • Pour éradiquer la polio, tous les enfants, notamment les enfants handicapés, doivent être vaccinés

  • Les formations sanitaires doivent être accessibles et le personnel médical formé à la prise en charge des handicapés

  • Avec une planification adéquate, ces mesures ne seraient pas dispendieuses

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Pour Sue Coe, si les handicapés ne sont pas pris en compte dans les stratégies, les efforts d’éradication de la polio échoueront.

Eradiquer la polio dans le monde serait une belle réussite. Environ 400 scientifiques venus de 80 pays ont affirmé que cet objectif pourrait être atteint d’ici 2018 si le nouveau plan stratégique de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio est mis en œuvre. Pour eux, le principal défi à relever pour atteindre cet objectif consiste à vacciner les enfants contre cette maladie au sein des communautés à risque.

Quinze pour cent de la population mondiale est atteinte d’une déficience. [1] Toutefois, la plupart des personnes handicapées n’ont pas accès à des soins de santé appropriés pour des raisons variées, notamment le manque d’accès aux formations sanitaires et le sentiment d’impuissance des professionnels de la santé face à leurs difficultés.

Selon les estimations, seulement 2 pour cent des handicapés auraient accès aux services de soins de santé primaires. Cette proportion inclut également les enfants valides nés de mères handicapées. Par conséquent, si, dans les efforts d’éradication de la polio, on ne met pas en place des stratégies dynamiques qui prennent en compte des personnes handicapées, l’objectif de 2018 pourrait échouer.

La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, entrée en vigueur en 2008, oblige, dans son article 25, les Etats à « fournir aux ….aux personnes handicapées des services de santé gratuits ou d’un coût abordable couvrant la même gamme et proposant la même qualité que ceux offerts aux autres personnes, y compris…des programmes de santé publique communautaires ». [2] Les articles 6 et 7 définissent les obligations des Etats à l’égard des femmes et des enfants handicapés en matière d’accès aux services et de reconnaissance des discriminations dont ils sont l’objet.

Afin d’assurer que les enfants et les mères handicapés sont pris en compte dans les efforts d’ouverture des services de santé, diverses mesures doivent être prises. Les établissements sanitaires doivent être physiquement accessibles, être munis par exemple d’un accès de plain-pied, et permettre l’accès aux toilettes pour les personnes à mobilité réduite. Les informations doivent être présentées de manière à être facilement comprises et accessibles aux malentendants et aux malvoyants.

De façon primordiale, les professionnels de la santé doivent être formés pour lutter contre les idées fausses concernant la prise en charge des personnes handicapées. Les préjugés vis-à-vis des handicapés sont profondément enracinés dans de nombreuses communautés à travers le monde. Des infirmiers, même sommairement sensibilisés aux problèmes des handicapés, pourraient facilement intégrer les enfants atteints de divers handicapsdans les programmes de vaccination.

Ces mesures ne coûtent pas forcément cher – il suffit d’anticiper. Par exemple, la conception de bâtiments prévoyant l’accès universel alourdirait certes d’environ 0,5 pour cent le coût total des travaux, mais ce surcoût peut atteindre 30 pour cent si les travaux d’adaptation sont effectués plus tard.

On pourrait s’inspirer du système de réhabilitation à base communautaire (RBC). A l’origine, une approche est apparue à la fin des années 70 pour améliorer l’accès des personnes handicapées aux services de réhabilitation ; elle est devenue par la suite une stratégie multisectorielle de réponse à leurs besoins au sens large dans le cadre de communautés. Ces dernières années, on enregistre de plus en plus de cas majeurs de réussite de RBC permettant de placer les personnes handicapées au centre de leurs communautés.

La santé demeure un aspect essentiel de ces programmes. L’OMS a élaboré un ensemble intégré de directives qu’elle a publié en 2010. Il comprend notamment des orientations pratiques sur leur inclusion aux soins de santé au sein des communautés. [3] Elles donnent des indirections pour le développement et le renforcement des programmes de RBC et favorise le renforcement des capacités des personnes handicapées et de leurs familles.

En rendant les services de soins de santé primaires accessibles à toutes les communautés, notamment les programmes de vaccination, on aura de meilleures chances d’atteindre l’objectif d’éradication de la polio dans cinq ans.

Références

[1] WHO/World Bank World Report On Disability [kB] (WHO, 2011)
[2] UN UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities (UN, 2006)
[3] WHO CBR Guidelines (WHO, 2010)

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