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  • Mise à jour sur la grippe porcine et la science : 31 juillet 2009

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Les premiers essais des vaccins contre la grippe porcine, grippe A (H1N1), devraient commencer au cours des toutes prochaines semaines et le premier vaccin devrait être disponible aux Etats-Unis d'ici le mois de septembre.

Anthony Fauci, directeur de l'Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses (National Institute of Allergy and Infectious Diseases ou NIAID) a confirmé hier (30 juillet) au magazine Nature les projets américains en matière d'essais de vaccins. Dans une déclaration précédente (datée du 22 juillet), il avait annoncé l'imminence des essais de vaccins.

Cinq essais de deux vaccins développés par Sanofi Pasteur et CSL Biotherapies seront menés sur des milliers de personnes saines dans plusieurs centres du pays. Deux autres essais concerneront le test d'un vaccin contenant des adjuvants, des additifs à la formulation du vaccin dont le but est de stimuler la réponse immunitaire.

Les premiers essais concerneront le principe actif et le nombre de doses nécessaires. Les chercheurs étudieront aussi la possibilité d'une administration simultanée du vaccin contre la grippe A(H1N1) et du vaccin contre la grippe saisonnière.

L'Europe lancera les premiers tests de son vaccin en Belgique la semaine prochaine (3 août) et le début de la production est prévu au mois de novembre.

Pierre van Damme, directeur du Centre pour l'évaluation des vaccins de l'Université d'Anvers, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) que quatre fabricants leur ont envoyé des vaccins pour l'essai. Il a ajouté que l'université va procéder au test de deux vaccins qu'il n'a pas nommés sur environ 300 à 400 personnes, dont chacune recevra deux doses.

L'Université de Gand en Belgique et des centres situés en Finlande, en France et en Allemagne sont également impliqués dans des essais de vaccins.

Selon un article du quotidien britannique The Guardian publié cette semaine (26 juillet), l'Europe contourne les essais à grande échelle sur l'homme afin de rendre disponible le plus rapidement possible les vaccins contre la grippe porcine. La stratégie suscite quelques inquiétudes à l'OMS.

L'Agence européenne pour l'Evaluation des Médicaments dispose d'un protocole permettant d'accélérer la mise à disposition d'un vaccin en cas de pandémie.

'Dans certains domaines, il est possible de prendre des raccourcis, admettons, mais dans d'autres cela est impossible', a déclaré Keiji Fukuda, responsable de la grippe à l'OMS, à Associated Press.

De nombreux observateurs pensent au contraire que l'Europe adopte la bonne stratégie.

'Si [les autorités de régulation] prennent tout le temps nécessaire pour s'assurer que le vaccin n'a pas d'effets secondaires, un effort qui vise à sauver des vies, cela pourrait ironiquement en faire perdre beaucoup', commente Leonard Marcus, expert en santé publique à l'Université de Harvard.

Par ailleurs, l'OMS croule sous le poids du surplus d'information sur la grippe porcine et se voit accusée de ne pas fournir suffisamment d'informations pour orienter la politique de lutte contre le virus, a écrit, la semaine dernière (21 juillet), le Financial Times. Cette défaillance touche particulièrement les pays pauvres qui dépendent de l'OMS pour s'informer sur la marche à suivre.

Les pays souhaitant préserver des vies face à la pandémie de la grippe A(H1N1) devraient privilégier les jeunes par rapport aux personnes âgées dans la distribution des antiviraux, selon une étude italienne publiée dans la revue BMC Infectious Diseases. S'appuyant sur un modèle mathématique, des chercheurs de la Fondation Bruno Kessler de Trento en Italie, ont mis au point une stratégie permettant de sauver le plus grand nombre de vies avec une offre limitée de médicaments.

Dans une édition parue cette semaine (28 juillet), la revue Science Insider annonce qu'une Mexicaine âgée de six mois est aujourd'hui considérée comme la première personne à avoir contracté la grippe A(H1N1).

Celia Alpuche, responsable de l'Institut de Diagnostic et de Référence épidémiologiques de Mexico, a déclaré que ce bébé originaire de l'Etat de San Luis Potosí dans le centre-nord du Mexique, a probablement contracté le virus le 24 février, ce qui en fait le premier cas avéré connu à ce jour.

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