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  • Médicament contre la drépanocytose : le Nigeria prend le relais

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[ABUJA] Le gouvernement nigérian produira un médicament local contre la drépanocytose, suite à l'échec des tentatives de commercialiser le traitement par la filiale nigériane d'une compagnie pharmaceutique basée aux Etats-Unis.

Le Niprisan – commercialisé sous le nom de Nicosan par Xechem International, compagnie détentrice, jusque récemment, de la licence de fabrication – soulage les symptômes de milliers de drépanocytaires nigérians. Or sa production a été réduite l'année dernière et selon certaines sources, aurait désormais complètement cessé.

L'Institut nigérian pour le Développement et la Recherche pharmaceutique (NIPRD), organise responsable du développement initial du traitement, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) la semaine dernière (19 mars) prendre en charge la production du Niprisan.

Niyi Ojuolape, Assistant spécial (communication) auprès du ministre nigérian de la santé a ainsi déclaré : "Nous souhaitons confirmer que la licence exclusive accordée à Xechem International pour la production et la commercialisation du Nicosan a été révoquée et l'accord en question annulé".

Dans un e-mail  adressé à SciDev.NetNiyi a affirmé que "dans l'intervalle, le NIPRD produira le médicament pour pallier toute éventuelle pénurie qui pourrait survenir avant la désignation d'un nouveau titulaire de licence."

Le Niprisan est un médicament à base d'extraits de plantes ouest africaines, dont les propriétés contre la drépanocytose étaient connues par des générations d'une famille nigériane. Près de 12 millions de personnes souffrent de cette maladie génétique douloureuse.

La famille qui détenait à l'origine la recette du médicament a signé un accord novateur pour son développement avec le NIPRD. Cet accord a été largement présenté comme un bon exemple de 'partage des bénéfices' – permettant aux groupes vulnérables de participer aux profits de la commercialisation de produits locaux.

La licence pour la production du médicament a été achetée par la suite par Xechem International, qui l'a exploitée pendant six ans – mais la compagnie a été maintes fois accusée ces dernières années de fraude et de détournement.

En novembre 2008, Xechem International a introduit une demande de liquidation judiciaire aux Etats-Unis (voir Un dépôt de bilan menace la prise en charge locale des drépanocytaires)

Pour Charles Wambebe, président directeur général de l'Institut international de Recherches biomédicales, à Abuja, au Nigeria, et ancien directeur général du NIPRD, "c'est une bonne nouvelle pour le pays. Les drépanocytaires nigérians pourront désormais accéder à ce médicament à un prix raisonnable".

"Xechem n'a pas su répondre à leurs attentes, gardons donc le statu quo –le NIPRD produira le médicament pour les Nigérians. Après tout, Xechem n'a apporté aucune valeur ajoutée au processus," a-t-il expliqué à SciDev.Net.

Le NIPRD fait pourtant savoir que sa prise en charge de la production du Niprisan ne sera que temporaire, en attendant la désignation d'un nouveau titulaire d'une licence.

LaMonte Forthun, un actionnaire de Xechem qui tente de ressusciter la société sous une direction différente, affirme qu'il est important à long terme d'identifier une compagnie pour assurer la production du Niprisan.  

"Les gens du NIPRD sont de premier ordre et ont un attachement affectif au le produit – c'est ce dont on a besoin à l'heure actuelle". 

"Il faut espérer qu'e cette expérience ne gâche pas les futures relations ou collaborations du NIPRD avec les sociétés publiques".

"Le NIPRD est un groupe de recherche et développement sans pareil.  Mais s'occuper de la commercialisation, de la vente, de la distribution, de l'acquisition de matières premières à une échelle commerciale , etc., ce sont autant de tâches susceptibles de détourner le NIPRD de sa spécialité fondamentale – à savoir, le développement de nouveaux médicaments".

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