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La nouvelle présidente de Maurice promet de promouvoir la science
  • La nouvelle présidente de Maurice promet de promouvoir la science

Crédit image: Stephane Rinimba

Lecture rapide

  • Ameenah Gurib-Fakim est chercheuse en chimie spécialisée en plantes médicinales

  • Elle veut accroître le rôle de la diplomatie scientifique dans les discussions internationales

  • « Maurice est un petit pays, mais avec beaucoup de bonnes pratiques à exporter »

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La scientifique Ameenah Gurib-Fakim, toute nouvelle Présidente de l’île Maurice, s’est engagée à privilégier la diplomatie scientifique et exporter les « bonnes pratiques » de l’île en matière de recherche.

Le 1er juin, le gouvernement mauricien a proposé la nomination de Gurib-Fakim au poste de Président, quelques jours seulement après la démission de Rajkeswur Purryag. Une nomination confirmée hier par le parlement.

Gurib-Fakim est chercheuse en chimie spécialisée en plantes médicinales. Dans un entretien à SciDev.Net, elle reconnaît son expérience limitée de la politique.

« C’est peut-être une des raisons pour lesquelles le gouvernement m’a choisie», précise-t-elle, en relevant qu’il s’agit d’un poste apolitique. À Maurice, le président joue un rôle honorifique et n’appartient à aucun parti politique.

En tant chef de l’État, Gurib-Fakim compte s’appuyer sur sa formation scientifique pour relancer la diplomatie scientifique dans les négociations internationales et soutenir les entreprises de recherche à Maurice.

«Depuis que j’ai quitté mon poste à l’université, je suis scientifique entrepreneur»

“Nous sommes confiants que dans ses nouvelles fonctions, elle apportera une importante contribution à la science et au développement durable en Afrique.”

Romain Murenzi, Académie mondiale des sciences 

Entre 2004 et 2010, Gurib-Fakim a été tour à tour doyenne de la faculté des sciences de l’université de Maurice, puis, Chancelière chargée des enseignements et de l’apprentissage.

Depuis 2011, elle est la directrice exécutive du Centre de recherche en phytothérapie (CEPHYR), laboratoire privé qui étudie les principes actifs des plantes.

Elle compte poursuivre sa collaboration avec ce centre durant son mandat.

Elle compte aussi œuvrer pour la mise en place de parcs de biotechnologie et de centres de technologie, « pour créer de la richesse et de l’emploi pour les jeunes ».

« Maurice est un petit pays, mais avec beaucoup de bonnes pratiques à exporter », notamment dans le domaine de la science, dit-elle, en ajoutant que le pays a besoin d’être mieux représenté dans les forums internationaux, à la fois aux niveaux africain et mondial.

Ameenah Gurib-Fakim est titulaire d’un Ph.D. en chimie obtenu à l’Université d’Exeter, au Royaume-Uni, en 1987 et travaille, depuis lors, à Maurice. Elle a reçu de nombreuses distinctions, notamment le prix L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science, en 2007.

Romain Murenzi, directeur exécutif de l’Académie mondiale des sciences, estime que la nomination de Gurib-Fakim témoigne de son érudition et du respect accordé à ses conseils « au niveau le plus élevé ».

« Nous sommes confiants que dans ses nouvelles fonctions, elle apportera une importante contribution à la science et au développement durable en Afrique », poursuit Murenzi, ancien ministre rwandais de la Science, qui a été avec Gurib-Fakim, membre de l’équipe qui a élaboré une stratégie pour l’enseignement supérieur, la science et la technologie pour la Banque africaine de développement.
D’après Gurib-Fakim, l’ïle Maurice, qui compte à peu près 1,3 million d’habitants a de bonnes relations dans le domaine de la recherche avec les pays de l’Afrique de l’Est, et de plus en plus avec l’Afrique de l’Ouest, ainsi que des collaborations avec l’Union européenne, l’Inde et les États-Unis. Une partie de ses missions comme présidente sera de trouver des institutions et des gouvernements qui souhaitent coopérer avec Maurice.

En tant que scientifique, Gurib-Fakim souhaite œuvrer pour l’utilisation des données probantes comme base des décisions politiques dans les domaines tels que le climat, l’agriculture et la politique en matière de protection de l’environnement.

« Tous ces secteurs demandent des données fiables et crédibles qui puissent renforcer la prise de décision », dit-elle.

L’autre priorité qu’elle se donne, c’est la préservation des savoirs autochtones et des ressources biologiques de l’île.

Dans les années 1990, elle a publié un inventaire des 675 plantes médicinales utilisées à Maurice et dans les îles voisines, et par la suite, elle a orienté ses travaux vers les composés végétaux ayant un potentiel médicinal.

Elle entend « réconcilier les données scientifiques avec les pratiques traditionnelles ».

En tant que musulmane et femme, Gurib-Fakim espère que sa nomination va accroître la visibilité de ces deux groupes sociaux. Elle a précédemment été tutrice de femmes scientifiques en début de carrière à l’Organisation des  femmes scientifiques pour le monde en développement.
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