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Le maïs résistant à la sécheresse accroît les rendements
  • Le maïs résistant à la sécheresse accroît les rendements

Crédit image: Sven Torfinn/Panos

Lecture rapide

  • Un précédent projet a doté les cultivateurs de 200 variétés de maïs améliorées

  • Un nouveau projet qui cible sept pays implique des entreprises semencières privées

  • Un agriculteur dit avoir doublé ses rendements grâce à ces nouvelles variétés

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[DAR-ES-SALAAM] Un nouveau projet vient d’être lancé au terme d’une initiative qui a permis de mettre plus de 200 variétés de maïs améliorées à la disposition des agriculteurs dans 13 pays d’Afrique subsaharienne.
 
Lancé il y a huit ans sous les auspices du Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), le projet ‘Maïs pour l’Afrique résistant à la sécheresse’ (en anglais, Drought Tolerant Maize for Africa ou DTMA) a su développer des variétés hybrides résistant à la sécheresse et aux ravageurs, tout en améliorant les rendements, se félicite Tsedeke Abate, le chef du projet.
 
A en croire Tsedeke Abate, sept pays parmi les 13 qui ont participé feront partie d’un nouveau projet de ‘Mise à l’échelle du maïs résistant à la sécheresse pour l’Afrique’, auquel des entreprises semencières privées seront associées afin de produire 12 000 tonnes métriques de semences certifiées résistantes à la sécheresse au cours des trois prochaines années.
 
“L’objectif est d’assurer la disponibilité des semences pour les petits producteurs à des prix abordables et de répondre aux besoins en semences de ces agriculteurs”, explique le Dr. Abate à SciDev.Net.
 
Le CIMMYT travaille déjà avec les entreprises semencières et les agriculteurs dans les pays associés, qui sont l’Éthiopie, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, l’Ouganda, la Tanzanie, et la Zambie, afin de multiplier les semences hybrides pour environ 2,5 millions de personnes.
 
“Si les défis auxquels la sécurité alimentaire fait face sont nombreux sur le continent africain, la sécheresse est sans nul doute le plus redoutable,” affirme M. Boddupalli Prasanna, Directeur du Programme mondial de recherche sur le maïs du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) dans un communiqué publié le 14 septembre dernier.
 
“Les efforts du DTMA ont eu un impact considérable, mais beaucoup reste à faire”, ajoute-t-il.
 
Le communiqué précise que plus deux millions d’agriculteurs ont cultivé les nouvelles variétés tolérantes à la sécheresse dans les 13 pays cibles du projet DMTA, à savoir l’Angola, le Bénin, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Nigéria, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

L’objectif est d’assurer la disponibilité des semences à des prix abordables pour les petits producteurs et de répondre aux besoins en semences de ces agriculteurs

Tsedeke Abate
Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT)

 
Patrick Mwasapi, responsable de la production à Meru Agro Seed Company à Arusha dans le nord de la Tanzanie indique que les agriculteurs sont particulièrement satisfaits de trois variétés hybrides, appelées Meru HD 13, 15 et 405, dont l’Agence tanzanienne de certification officielle des semences a autorisé la commercialisation.
 
“Ces variétés ne sont pas seulement résistantes à la sécheresse. Elles résistent autant aux ravageurs [et aux maladies] telles que la pyrale et la célèbre maladie du virus de la striure du maïs”, relève Patrick Mwasapi.
 
“Les agriculteurs ont participé à toutes les étapes de nos recherches, nous les avons invités sur les parcelles de démonstration afin de recueillir leurs suggestions sur les caractéristiques exactes que devraient présenter les variétés hybrides”, ajoute-t-il.
 
Anthony Mwega, agriculteur à Siha dans la région du Kilimandjaro en Tanzanie, affirme que ses récoltes de maïs ont plus que doublé sur une parcelle de terre semi-aride qui convenait peu aux anciennes variétés.
 
“Je suis satisfait de ces variétés hybrides parce que je peux désormais espérer récolter quelque chose même si les pluies ne sont pas bonnes”, résume-t-il.
 
Alois Kullaya  chercheur principal à l’Institut de recherche agricole de Michokeni à Dar es Salaam, en Tanzanie, explique à SciDev.Net qu’"avec la rareté des pluies, nous devons améliorer les semences en tant que chercheurs, et c’est pour cela que la production de variétés résistantes à la sécheresse est une priorité pour les chercheurs locaux et le gouvernement".
 
Alois Kullaya exhorte par ailleurs les autorités tanzaniennes à promouvoir la culture commerciale des variétés hybrides des céréales comme le maïs pour améliorer les rendements.

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