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  • L'élagage du coton réduit son infestation par le ver du cotonnier

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Dʹaprès une étude réalisée par des chercheurs maliens, couper les extrémités des pousses des cotonniers pourrait permettre de contrôler les principaux parasites mais également de réduire la dépendance des exploitants envers les insecticides.

Selon ces chercheurs, cette pratique, lʹélagage, est déjà connue pour augmenter les rendements mais son impact sur les parasites en Afrique sub-saharienne nʹavait encore jamais été étudié.

Le coton est essentiellement cultivé par de petits exploitants dʹAfrique sub-saharienne, où il représente le moyen de subsistance de millions de personnes, selon ces chercheurs.

Le coût élevé des insecticides et la résistance aux nouveaux parasites ont poussé les chercheurs à se pencher sur lʹélagage, dont la capacité à réduire les niveaux de parasites a été démontrée par quelques dʹétudes réalisées en Chine, en Égypte et en Inde, pour examiner combien il peut permettre de contrôler les parasites en Afrique.

Ils ont donc observé les niveaux dʹinfestation de trois espèces de ver du cotonnier, les principaux parasites qui expliquent les pertes considérables des rendements en Afrique sub-saharienne, dans des champs élagués et dans des champs non élagués.

Les chercheurs ont réalisé 12 essais pour comparer lʹélagage manuel et le non élagage de parcelles de coton, au Mali, sur une période de six ans à compter de 2002.

Les résultats, publiés en ligne le mois dernier (2 juillet) dans Crop Protection, ont montré que les infestations par le ver du coton étaient toujours inférieures là où les champs avaient été élagués, et que, dans sept essais sur 12, les infestations avaient diminué de manière significative dans les champs de coton élagués.

Les chercheurs ont enregistré une réduction moyenne de 56 pour cent de H. armigera larvae, de 68 pour cent dʹEarias spp. larvae, et de 71 pour cent de D. watersi ; cʹest par ailleurs pendant les périodes où les parasites étaient les plus nombreux que lʹinfestation a le plus diminué.

"Nous avons été étonnés de constater que lʹinfestation parasitaire avait également diminué dans les parcelles de plantations de coton non élaguées qui étaient situées à proximité de plantations élaguées", a déclaré Mamoutou Togola, co-auteur de lʹétude et entomologiste à lʹInstitut dʹéconomie rurale du Mali.

Les chercheurs nʹont toutefois pas exploré les raisons pour lesquelles lʹélagage réduit le nombre de parasites ni sʹil pourrait permettre de faire des économies en réduisant considérablement lʹutilisation de pesticides ; ces deux points pourront faire lʹobjet de recherches futures.

Selon M. Togola, lʹélagage pourrait être adapté pour les pays africains dont lʹéconomie dépend en grande partie du coton, comme cʹest le cas au Bénin, au Burkina Faso, au Tchad et au Mali où environ 10 millions de personnes vivent de lʹexploitation du coton.

Selon Rafiq Chaudhry, responsable des informations techniques de lʹInternational Cotton Advisory Committee, au États-Unis, de nombreux pays producteurs de coton, tels que lʹArgentine, lʹInde et le Pakistan, nʹont pas recours à lʹélagage même sʹil "pourrait contrôler certains parasites".

"Nous conseillons toujours dʹutiliser au minimum les insecticides et dʹencourager les autres pratiques de contrôle non chimiques", a déclaré R. Chaudhry.

Selon Ibrahim Sourabié, le coordinateur national du Programme de Renforcement du Secteur Coton en Afrique de lʹOuest et du Centre (WACIP) pour le Burkina Faso, les exploitants utilisent le coton génétiquement modifié Bt ou lʹhuile extraite des margousiers pour contrôler les parasites. Il a cependant ajouté que lʹélagage pourrait aider les exploitants traditionnels à lutter contre les infestations par le ver du coton.

Lien vers un résumé de lʹarticle publié dans Crop Protection (en anglais)

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