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  • Augmentation des surfaces arables en Afrique de l'Est et réchauffement

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[NAIROBI] Des chercheurs affirment que de vastes étendues de prairies ou de savanes seront progressivement transformées en terres arables au cours des 40 prochaines années en Afrique de l'Est. En effet,  ces terres de pâturages suscitent l'intérêt des exploitants des cultures en plein champ, suite à l'accroissement de l'humidité dû au changement climatique.

Pius Yanda, directeur de l'Institut de l'Evaluation des Ressources de l'Université de Dar es Salaam, en Tanzanie, affirme que 'la transformation des écosystèmes naturels en surfaces arables représentera la plus grande contribution au réchauffement climatique en Afrique de l'Est.'

M. Yanda a pris part au Projet d'Interaction entre Terre et Climat (CLIP), un projet en collaboration entre chercheurs kényans et américains qui associe modélisation météorologique à des études sur les changements intervenus dans l'utilisation des sols et à l'imagerie satellitaire à haute résolution.

Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations unies, la plupart des modèles climatiques prédisent que l'Afrique de l'Est sera la seule région tropicale au monde à avoir un climat plus humide d'ici la fin du siècle. L'accroissement de l'humidité et de la chaleur sont susceptibles de provoquer une baisse de la productivité agricole actuelle.

L'étude du CLIP, publiée le mois dernier (22 juillet), prévient que certaines terres agricoles deviendront plus sèches pendant que les terres arides dans le lointain Nord-Est deviendront plus humides, provoquant des changements dramatiques dans le domaine de l'utilisation du sol.

D'ici 2050, les éleveurs nomades de bovins et de caprins de la région du Wajir au Nord-Est du Kenya subiront les effets négatifs d'une pluviométrie accrue, ce qui favorisera le développement des broussailles au lieu du couvert herbeux actuel.

Les différences au niveau de l'humidité du sol peuvent altérer la qualité de l'herbe qui pousse, portant atteinte à la disponibilité d'aliments pour le bétail. En outre, l'augmentation des espaces forestiers peut favoriser la prolifération des moustiques et d'autres vecteurs responsables des maladies telles que le paludisme de montagne, la maladie du sommeil et la fièvre de la Vallée du Rift.

Ceci pourrait conduire à un déplacement des bestiaux et des bergers et à leur concentration dans des régions où la pluviométrie et la croissance végétale sont plus faibles. La pression sur la terre qui en résultera pourrait conduire à la dégradation des sols.

Joseph Mworia Maitima, un chercheur du CLIP venant de l'Institut international de Recherche sur le Bétail à Nairobi affirme que le processus pourrait provoquer des conflits fonciers sur les terres utilisables dont la superficie se retrouve limitée, la sécheresse frappant d'autres régions semi-arides et les pasteurs abandonnant certains espaces.

Emily Massawa, du Ministère kenyan de l'environnement et des ressources minières, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) qu'un changement climatique incontrôlé ébranlerait l'économie kenyane, et provoquerait des effets négatifs importants sur les moyens de subsistance humains, la santé, les ressources hydrauliques, la production agricole et la sécurité alimentaire, ainsi que sur le tourisme qui s'est développé autour de la nature.

Le CLIP a présenté les résultats de son étude aux décideurs politiques au cours d'ateliers organisés au Kenya et en Tanzanie en juin, dans le but d'essayer d'influencer la prise de décisions dans cette région.

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