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Le GIEC appelle à agir contre le réchauffement
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Crédit image: Flickr/ CECAR - Climate and Ecosystems Change Adaptation R

Lecture rapide

  • Selon le dernier rapport du GIEC, les émissions de gaz à effet de serre sont en hausse et évoluent à un rythme accéléré

  • Les experts recommandent de limiter d'ici à la fin du siècle la concentration de gaz à effet de serre à 450 ppm

  • Ces recommandations impliquent une transition énergétique à l'échelle mondiale, dont les détails seront discutés au niveau politique.

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Le troisième volet du rapport du GIEC sur l'atténuation du changement climatique, présenté le 13 avril à Berlin, presse les gouvernements d'agir rapidement pour limiter la hausse moyenne des températures mondiales à 2 degrés C d'ici à la fin du siècle.

Fruit de quatre années de collaboration scientifique entre des centaines d'auteurs du monde entier, ce rapport répond à la demande des gouvernements d'une évaluation neutre,  complète et objective des connaissances scientifiques actuelles sur l'atténuation du changement climatique.

La quintessence de ce travail, présentée sous le nom de Synthèse pour les décideurs, un document d'une trentaine de pages, a été approuvée ligne par ligne par les parties à la 12e session du Groupe de travail III du GIEC à Berlin, en Allemagne.

Le rapport constate que les émissions de gaz à effet de serre sont en hausse et que leur rythme s'accélère.


Augmentation des émissions


Il met en cause l'utilisation accrue du charbon et des énergies fossiles et avertit que le seuil des 2 degrés C, la limite de sécurité admise à l'échelle mondiale, pourrait être franchi dès 2030.

"Deux facteurs sont à l'origine de l'augmentation du niveau d'émissions de gaz à effet de serre: la croissance économique et la croissance démographique", explique à SciDev.Net, Youba Sokona, coordinateur du centre africain pour la politique en matière de climat (CAPC) et co-président du groupe de travail.

"Les conséquences de cette situation ont déjà été décrites dans le rapport du groupe II, adopté à Yokohama. Pour l'essentiel, une zone comme l'Afrique sub-saharienne, sujette à l'aridité et à la dégradation des terres, va voir ces phénomènes s'amplifier. Le groupe de travail III sur l'atténuation explore quant à lui les voies et moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre, à l'échelle planétaire. Les experts recommandent des actions urgentes dans trois domaines essentiellement liés: la technologie, l'économie et l'institutionnel."

Selon le GIEC, il convient de limiter d'ici à la fin du siècle la concentration de gaz à effet de serre à 450 ppm (équivalent à un réchauffement de 2 degrés), ce qui suppose de réduire les émissions mondiales de 40 à 70 % d'ici à 2050.

"Le message de la science est clair", a averti l'Allemand Ottmar Edenhorfer, un des trois vice-présidents de ce troisième volume: "Pour se mettre à l'abri d'interférences dangereuses avec le système climatique, il faut sortir de la routine habituelle", a-t-il déclaré.


Défis


Les chercheurs estiment qu'il est encore possible de s'en tenir à la limite des 2 degrés, même si cela pose de nombreux défis. 

"Plus tôt on commence, moins onéreuse sera l'ardoise", insiste Youba Sokona.

Selon les experts, le redéploiement de centaines de milliards de dollars des combustibles fossiles dans les énergies renouvelables et la réduction du gaspillage d'énergie ne coûteraient que 0,06 % de croissance économique sur les 1,3 % à 3 % attendus.

"Il faut donc un redéploiement massif des énergies fortes en carbone. On pourrait déjà commencer à décarboniser le secteur de l'électricité", a déclaré Youba Sokona.

Le problème, notent les économistes, c'est que plusieurs pays africains connaissent depuis plus d'une décennie une crise énergétique aiguë et très peu parmi eux sont préparés à une transition vers les énergies renouvelables.

Par ailleurs, de nombreux pays africains ont une telle dépendance vis-à-vis des exportations de pétrole qu'une transition énergétique risquerait de mettre à genoux leurs fragiles économies.

Au Nigeria, par exemple, la production de pétrole compte pour environ 80 pour cent des fonds du budget fédéral et plus de 95% des exportations, selon des statistiques du ministère nigérian des Finances.

Mais pour Youba Sokona, "la question doit se régler lors des négociations internationales sur le climat. Les chercheurs ne font qu'indiquer des pistes possibles."

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