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Le Gabon veut réduire de 65% ses gaz à effet de serre
  • Le Gabon veut réduire de 65% ses gaz à effet de serre

Crédit image: Flickr/Mixedeyes

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  • Le pays prévoit de réduire de 1 500 000 GgCO2 ses émissions entre 2010 et 2025

  • Le plan d’action proposé sera enrichi de nouveaux détails avant décembre 2015

  • Plusieurs lois et règlements ont déjà été adoptés pour soutenir le programme

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Le gouvernement gabonais a soumis le 31 mars 2015 son plan d’action climat aux Nations Unies en, prélude à la Conférence sur le climat (COP21), qui aura lieu à Paris (France) en décembre 2015.

Selon un communiqué publié par la Direction de la communication de la présidence de la République gabonaise, "le Gabon s’engage, à travers cette contribution, à réduire d’au moins 50% ses émissions par rapport à l’évolution prévue en cas de politique inchangée".

Dans le communiqué de presse parvenu à SciDev.Net, il est précisé que de façon cumulée, les engagements du Gabon devraient concrètement lui permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de plus de 1 500 000 GgCO2 sur la période 2010-2025, ce qui représenterait 65% de réduction par rapport à la tendance actuelle.

La philosophie qui sous-tend les engagements du Gabon est que le pays "ne souhaite pas limiter sa politique Climat à la simple conservation de forêts à l’aide de mécanismes de financement internationaux. Cette logique de rente obérerait son développement économique et social en l’asservissant à des mécanismes extérieurs, sans lien avec l’économie réelle. C’est pourquoi les engagements pris par le Gabon portent exclusivement sur ses émissions de GES, hors stockage de carbone par la biomasse."

Dans le segment que couvrent ses engagements, le Gabon avait en 2000 une production de GES répartie entre les changements d’affectation des terres (63%), le torchage dans l’industrie pétrolière (23%), la consommation d’énergie (9%) et le reste (5%).

"J’apprécie énormément l'initiative du Gabon et salue cette première INDC (contribution prévue déterminée au niveau national, NDLR) d'une nation africaine", s’est réjouie Christiana Figueres, la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), à la réception du dossier du Gabon.

"Nous saluons par ailleurs le fait que cette contribution prévoie la possibilité de définir d’ici à la COP21 des objectifs additionnels pour 2030, voire 2050. Cette perspective de long terme est importante pour que la Conférence de Paris amorce une transition vers une économie mondiale sobre en carbone et plus résistante aux impacts du dérèglement climatique", a déclaré pour sa part Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et du Développement international.

Le plan soumis aux Nations Unies n’est cependant pas complet : "cette soumission sera enrichie d’ici à la Conférence pour le climat d’annexes détaillant plus précisément les scénarios et les mesures prévues par le Gabon pour suivre et tenir ses engagements", indique un document annexé au communiqué de presse.

Pour cette projection, "les sous-jacents pris en compte sont une croissance démographique de 2,5% par an et une croissance économique (hors secteur pétrolier) de 10% par an à partir de 2010", peut-on lire.

D’où l’élaboration de deux scénarios d’émissions de GES, à savoir un scénario "tendanciel" "correspondant à un développement économique non maîtrisé" et un scénario "maîtrisé" "prenant en compte toutes les politiques publiques engagées après 2000."

Pays de l’Afrique équatoriale couvert à 88% par la forêt, le Gabon a en effet déjà pris un certain nombre de mesures depuis 2000, à l’instar du Code forestier en 2001 et de la création de 13 parcs nationaux couvrant près de 11% du territoire, en 2002.

Il y a eu aussi l’adoption d’un plan national de réduction du torchage, du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE) avec son développement industriel à faible intensité de carbone, le plan Climat, la mise en œuvre d’un mécanisme de marché induit par la loi portant Orientation du Développement Durable ; et il est prévu prochainement l’adoption du Plan National d’Affectation des Terres.

En déposant sa proposition le 31 mars, le Gabon est le seul pays d’Afrique à déposer ses propositions en la matière dans les délais recommandés qui étaient le premier trimestre 2015.

Selon le portail de la conférence de Paris, "la COP21, également connue sous le nom de la Conférence sur le Climat à Paris, envisagera d’obtenir, pour la première fois en plus de 20 ans de négociations aux Nations Unies, un accord universel juridiquement contraignant sur le climat, ayant pour but de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C".

Références


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