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Le projet Awa, une nouvelle approche pour la gestion des ressources halieutiques
  • Le projet Awa, une nouvelle approche pour la gestion des ressources halieutiques

Crédit image: Flickr/Mark 75

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  • Un projet dont l'objectif est d'améliorer la gestion des pêches et de l'environnement marin dans les eaux ouest-africaines est en cours d'expérimentation dans 8 pays d'Afrique de l'Ouest

  • Selon les chercheurs, les ressources halieutiques dans la région sont surexploitées

  • L'objectif du projet est de fournir aux décideurs des données scientifiques pour une gestion rationnelle de ces ressources

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Un projet visant à rationaliser l'exploitation des ressources halieutiques sur les côtes ouest-africaines, a été lancé, sur financement de l'IRD.

[ABIDJAN] La surexploitation des ressources halieutiques, combinée au rapide changement climatique, exerce une forte pression sur les écosystèmes marins.
 
L'effondrement des stocks de poissons est devenu un phénomène courant dans les eaux riches et hautement productives de l'ouest africain, avec à l'heure actuelle, peu de signes de résilience.
 
Ces constats provoquent l'inquiétude des responsables politiques et des scientifiques impliqués dans l'évaluation des stocks et la gestion des pêcheries, mais aussi des populations auxquelles la pêche offre sécurité alimentaire et ressources économiques.
 
Le projet Awa se propose donc de mettre à la disposition des gouvernements des pays à façade maritime de l'Afrique de l'ouest à partir des données scientifiques, des systèmes de gestion durable des pêcheries et de l'environnement marin aux plans biologique et socioéconomique.
 
Selon les statistiques de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et diverses autres sources, les activités halieutiques représentent une part significative du Produit Intérieur Brut (PIB) de plusieurs pays de l'Afrique de l'ouest.
 
Ce qui représente entre 10 et 12% pour la Sierra Leone, 7% pour la Guinée Bissau, 5% pour la Mauritanie, 4,2% pour le Mali, 2,5% pour la Guinée, 2% pour le Sénégal et 1% pour la Côte d'Ivoire.
 
L'expert ivoirien en trafic maritime en Afrique de l'Ouest, Blédé Gbaka Barthélémy, a expliqué à SciDev.Net que les études et déclarations réalisées dans cette partie du continent africain concluent que les ressources halieutiques de cette zone géographique sont surexploitées, principalement à cause de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, dite "pêche INN."
 
"En Afrique subsaharienne, près de 40% des poissons pêchés sont réalisés de façon frauduleuse. La Guinée est l'un des pays les plus touchés. En 2009, le pays a enregistré une perte de 110 millions de dollars américains, soit 34 000 tonnes de poisson de pêche illégale", a déclaré Blédé Gbaka Barthelemy.
 
Il a aussi expliqué qu'officiellement, la Guinée produit par an en moyenne 54 000 tonnes de poisson, ce qui signifie que la pêche frauduleuse représente les 2/3 des prises enregistrées dans le pays.
 
"Une étude de l'Union Européenne révèle que jusqu'à 60 % des navires aperçus durant des patrouilles en 2001 dans les eaux guinéennes pêchaient frauduleusement", a souligné M. Blédé.
 
Le projet de recherche en expérimentation dans les huit pays d'Afrique de l'Ouest - Bénin, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie et Sénégal - sur l'amélioration de la gestion des pêches et de l'environnement marin a adopté une approche multidisciplinaire.
 
"Il s'agit d'un programme tripartite (France-Allemagne-Afrique de l'Ouest) financé par l'IRD et par le Ministère de l'éducation et de la recherche Allemand (BMBF) et par les instituts de recherche et des universités de 8 pays partenaires", a confié à SciDeV.Net, le coordinateur des travaux de recherche en Afrique de l'Ouest,  Aboubacar Sidibé.
 
Il y a une interaction entre les écologistes, les halieutes, les biogéochimistes, les océanographes, les physiciens, les socio-économistes et les climatologues.
 
La méthodologie de l'étude s'appuie sur l'analyse de séries chronologiques d'observations, ainsi que l'organisation de missions en mer.
 
Selon M. Aboubacar Sidibé, les simulations numériques incluant des études de processus sont réalisées par l'équipe des chercheurs. Ainsi que les diverses approches statistiques et la recherche d'indicateurs éco systémiques.
 
Chercheur à l'Université d'Abidjan-Cocody, Sylvain Kouadio estime que les pays d'Afrique de l'Ouest ont des responsabilités dans les pillages des eaux maritimes. Selon, lui ces pays manquent des moyens financiers et techniques pour mettre fin à ces pratiques néfastes. Et pourtant des lois internationales existent pour réprimer ces pratiques.
 
"Si tous les pays concernés par ce problème se décidaient à mettre en application les mesures existantes, l'usage des navires de complaisance serait rendu bien plus difficile et beaucoup moins bénéfique", a-t-il insisté.
 
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