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Un Centre de recherche au Kenya pour créer du maïs résistant aux maladies
  • Un Centre de recherche au Kenya pour créer du maïs résistant aux maladies

Crédit image: Photo by: Ochieng' Ogodo

Lecture rapide

  • Un nouveau laboratoire ultra-moderne va sélectionner des variétés résistant à la maladie de la nécrose létale du maïs

  • Initialement diagnostiquée en 2011, la maladie est déjà à l'origine de grosses pertes

  • Le centre de recherche basé au Kenya pourrait livrer des semences résistantes à toute la région

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[NAIROBI] des installations modernes de recherche pour aider à accélérer la R&D en Afrique sub-saharienne, notamment le développement de variétés de maïs résistant à la nécrose létale du maïs (MLN), verront le jour sous peu au Kenya.

Ce centre de recherche sur le maïs dihaploïde sera mis en place par le Centre International d'amélioration du blé et du maïs [(CIMMYT), acronyme de la définition espagnole Centro internacional de mejoramiento de maiz y trigo] dans l’un des locaux de l’Institut de recherche agricole du Kenya. Il s’agit du seul centre du genre en Afrique.

Chez les plantes haploïdes doublées, chaque cellule contient deux copies identiques du matériel génétique. La technique des haploïdes doublés est utilisée pour accélérer les programmes de sélection de lignées de plantes à haut rendement.

Le nouveau centre devrait également utiliser une technique dite du marqueur moléculaire à sélection assistée, qui permet de développer rapidement la résistance aux maladies chez les plantes.
 
«La technologie peut aider à réduire de moitié le temps nécessaire pour développer des versions résistantes de lignées élites sensibles existantes», explique Budhali Prasanna, directeur du programme mondial pour le maïs, au CIMMYT.

L’annonce de l’installation du centre de recherche a été effectuée début juillet au Kenya, lors d'un atelier de formation sur les maladies du maïs, organisé pour le compte de chercheurs éthiopiens, kenyans, rwandais, tanzaniens, ougandais et zimbabwéens. Selon Budhali Prasanna, le centre sera opérationnel dès le mois de septembre.

Le chercheur a par ailleurs ajouté que l'équipe qui a piloté la mise en place du centre "mène aussi des efforts intensifs pour identifier les marqueurs moléculaires dans le matériel génétique pour la résistance à la nécrose létale du maïs qui peuvent aider à accélérer le développement de variétés résistantes de maïs élite».

L'établissement, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates à hauteur de 1,2 million de dollars,  pourrait stimuler la culture du maïs sur le continent, dans la mesure où il va produire des lignées pour servir l'ensemble de la région, en utilisant des techniques moléculaires modernes.

Budhali Prasanna affirme en outre que des pépinières de production de semences seront développées dans des localités sur le continent africain où la nécrose létale du maïs n'a pas été identifiée. Ces pépinières seront contrôlées régulièrement pour s'assurer qu'elles restent protégées de la maladie.
 
Le CIMMYT mettra des semences résistant à la nécrose létale du maïs à la disposition des pays africains où la maladie a déjà été repérée, mais ces semences ne seront pas envoyées dans des pays où elle n’a pas encore été signalée.

La maladie de la nécrose létale du maïs est causée par une double infection des plants de maïs par deux virus: le virus de la marbrure chlorotique du maïs et le virus de la mosaïque de la canne à sucre. Elle a été initialement repérée au Kenya, en septembre 2011.

Joseph Ngetich, directeur adjoint de l'agriculture et chef de la division de la protection des cultures au ministère kenyan de l'Agriculture, explique à SciDev.Net que le pays a perdu une quantité importante de maïs à cause de la maladie, malgré des dépenses gouvernementales chiffrées à  113.000 dollars, pour sensibiliser le personnel agricole et le public.

La maladie a également provoqué des pertes massives au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda.

Cet article a été rédigé par un bureau en Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.


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