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Promouvoir l'entomologie en Afrique
  • Promouvoir l'entomologie en Afrique

Crédit image: ICIPE

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  • En Afrique, plus de 300 insectes sont consommés, beaucoup d'autres provoquent des maladies

  • Mais les gouvernements n'accordent pas suffisamment d'attention à la science des insectes

  • Les gouvernements et les institutions académiques doivent renforcer leurs capacités en matière d'entomologie

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[WAD MEDANI, SOUDAN] Une conférence recommande que les gouvernements, l'Union africaine et d'autres organismes tels que la FAO travaillent en étroite collaboration avec les entomologistes africains, au lieu de dépendre d'experts extérieurs au continent.
 
Des entomologistes africains réunis lors de la 22ème Conférence Scientifique de l'Association Africaine des Entomologistes (African Association of Insect Scientists -
AAIS) au Soudan le mois dernier (23-26 octobre), estiment qu'ils sont rarement consultés sur des sujets liés aux insectes, tels que les ravages de la noctuelle du maïs, qui suscite une vive inquiétude dans plusieurs pays africains, à l'instar du Burundi, du Cameroun, de l'Éthiopie, du Kenya, du Nigéria, du Soudan du Sud et de l'Ouganda.
 
Les experts estiment que les insectes causent certes des maladies, mais qu'ils ont également une valeur nutritive importante, ce qui devrait pousser à prendre au sérieux l'entomologie en Afrique, en particulier au niveau des décideurs politiques et des institutions d'enseignement supérieur.
 
L'entomologie a besoin d'une attention plus soutenue en Afrique, insistent-ils.
 
La conférence a appelé le continent à donner la priorité à l'entomologie pour aider à comprendre la transmission des maladies, la nutrition et la réduction de la pauvreté, en particulier dans les communautés rurales.
 
Nabil Hamed Hassan Bashir, professeur de physiologie des insectes et de toxicologie à l'Université de Gezira au Soudan, affirme que les insectes peuvent être bénéfiques ou nocifs pour les humains, en fonction de leurs impacts.
 
"Si les insectes interfèrent avec nos intérêts, ce sont des parasites ou des vecteurs de maladies. Mais si nous pouvons en profiter, ils sont bénéfiques", explique-t-il.
 
Par exemple, les insectes tels que les abeilles sont utiles pour la pollinisation et la productivité agricole, mais d'autres, notamment les moustiques qui transmettent le paludisme, sont des vecteurs de maladies, tandis que ceux qui s'attaquent aux cultures et les détruisent, entraînant une baisse de la production agricole, sont des ravageurs.
 
Nabil Hamed Hassan Bashir affirme que les insectes représentent environ 70% des créatures sur Terre, avec environ un million d'espèces déjà connues et 10.000 autres identifiées chaque année.

“Sans données, vous ne pouvez pas comprendre les insectes et en obtenir des avantages ou résoudre les problèmes qui peuvent en découler.”

Nabil Hamid Hassan Bashir
Université de Gezira

 
Alors que l'entomologie a connu des avancées en Afrique depuis la fondation du Centre International de Physiologie et d'Ecologie des Insectes (ICIPE - International Centre of Insect Physiology and Ecology), basé au Kenya, beaucoup reste à faire, notamment pour renforcer les capacités dans des domaines tels que l'entomologie médicale et vétérinaire, la taxonomie, l'écologie, l'anatomie et la physiologie, ajoute le scientifique soudanais.
 
"Les universités africaines font des efforts, mais seulement en théorie ; pas sur le plan pratique", renchérit Nabil Hamed Hassan Bashir. "Elles sont encore loin derrière, en raison du manque d'infrastructures technologiques nécessaires pour étudier les insectes, en dehors de celles de l'ICIPE, sur le continent.
 
"Sans données, vous ne pouvez pas comprendre les insectes et en obtenir des avantages ou résoudre les problèmes qui peuvent en découler. Pour construire des données, vous avez besoin d'équipements de haute technologie pour la recherche et le développement."
 
Nabil Hamed Hassan Bashir ajoute qu'il est nécessaire que les institutions africaines d'enseignement supérieur développent des programmes d'études en entomologie, pour faciliter son enseignement.
 
Selon Abiola Oke, entomologiste à l'Institut national de recherche horticole du Nigéria, certaines communautés africaines dépendent de certains insectes pour leur alimentation, mais de nombreuses espèces sont des vecteurs de maladies et des ravageurs, ce qui rend nécessaire le développement de l'entomologie.
 
"Elle a été négligée dans les systèmes éducatifs dès les écoles primaires jusqu'à la formation universitaire. L'étude des insectes n'est pas du tout une priorité", estime Abiola Oke.
 
Elle explique à SciDev.Net que les décideurs politiques ne consultent guère les experts sur les questions relatives aux insectes et que les gouvernements africains doivent reconnaître l'AAIS afin qu'ils puissent tirer parti de la richesse des connaissances dont elle dispose pour s'attaquer à des problèmes tels que la noctuelle du maïs.
 
Saliou Niassy, président de l'AAIS, fait remarquer que l'utilisation d'insectes pour l'alimentation humaine et animale gagne en importance en Afrique australe, où plus de 300 insectes comestibles sont consommés, citant des espèces comme le ver mopane, les termites et les punaises comestibles.
 
Saliou Niassy dit qu'il y a un avenir prometteur pour les insectes comestibles, en raison de la forte demande de produits riches en nutriments et de la robustesse des systèmes alimentaires ; il s'ensuit que des règlements sont nécessaires pour promouvoir l'utilisation des insectes pour l'alimentation humaine et animale.
 
"L'absence d'un cadre juridique inhibe l'investissement dans les activités entrepreneuriales, les nouveaux produits et l'emploi", note encore Saliou Niassy.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.
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