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Le Pacsun, une alliance internationale pour sauver le manioc
  • Le Pacsun, une alliance internationale pour sauver le manioc

Crédit image: Flickr/IITA Image Library

Lecture rapide

  • Le manioc est l'aliment de base de quelque 700 millions d'Africains

  • Deux principales maladies menacent la production de ce tubercule en Afrique

  • Une trentaine d'institutions se sont regroupées en réseau pour lutter contre les virus responsables de ces maladies

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[ABIDJAN] Vingt-huit organisations internationales, fondations, centres de recherche, ONG et universités joignent leurs forces pour combattre les maladies du manioc en Afrique.
 
Le Pacsun (Pan-African Cassava Surveillance Network) ou réseau panafricain de surveillance du manioc, a vu le jour début août. Le principe de son lancement avait été acquis lors d'un atelier international sur la surveillance et le contrôle des maladies du manioc en Afrique, organisé à l'île de la Réunion, du 10 au 13 juin par le Cirad et l'IRD, sous l'égide du GCP21 (Partenariat mondial pour le manioc pour le 21e siècle.)
 
Selon les statistiques de la conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la production mondiale de manioc est d’environ 250 millions de tonnes par an.

L’Afrique contribue pour plus de la moitié à l’offre globale, avec en tête le Nigeria, qui représente à lui seul plus du tiers de la production africaine (environ 45 Mt).
 
Menaces
 
Le continent consomme quasiment l’intégralité de sa production.

Entomo-phytovirologue au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Jean-Michel Lett a expliqué à SciDev.Net que la sécurité alimentaire de quelque 700 millions d'Africains dépend du manioc.
 
Mais sur le continent, deux maladies menacent dangereusement les cultures du tubercule: la mosaïque africaine du manioc et la striure brune du manioc.

"La mosaïque provoque le jaunissement et la perte des feuilles et empêche la croissance des racines. Elle causerait la perte de 35 millions de tonnes par an en Afrique ou encore la maladie des stries brunes. La plante est également affectée par la pourriture des tiges et des racines ainsi que par les insectes", a déclaré Jean-Michel Lett.

Pour M. Lett, l'avantage d'une organisation telle que le réseau PACSUN est de mettre en commun et de coordonner les initiatives locales concernant les maladies du manioc.

Les experts et les chercheurs dans le cadre du réseau vont se concentrer sur les deux principales maladies qui sévissent en Afrique.

Plusieurs programmes de recherche sont en cours pour créer des variétés résistantes aux maladies telles que la mosaïque.
 
Connus depuis longtemps en Afrique de l'Est, les virus responsables de la striure brune du manioc semblent aujourd'hui étendre leurs aires de distribution.

"Si la maladie arrivait jusqu'au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique où le manioc est l'aliment de base, ce serait une terrible catastrophe", souligne Jean-Michel Lett.

Chercheur sélectionneur au Centre national de recherche agronomique de Côte d’Ivoire (Cnra), Boni N'zué a quant à lui estimé que le réseau Pacsun répond à un risque potentiel très grave de pénurie alimentaire, surtout qu'en Afrique, le manioc joue un rôle central dans la sécurité alimentaire, notamment à la suite de la flambée des prix des céréales.

Plante aux mille vertus

Selon le chercheur ivoirien, le manioc, plante rustique avec des racines tubéreuses est la plante vivrière la plus importante de la zone tropicale humide.

Le manioc constitue la troisième source de calories dans les pays tropicaux après le riz et le maïs. Il est utilisé pour l’alimentation humaine et animale dans de nombreux secteurs industriels, notamment sous la forme d’amidon, et plus récemment pour produire de l’éthanol.

La totalité de la plante peut être utilisée. Le bois de l’arbuste peut aussi être utilisé comme combustible.
 
Les feuilles et les épluchures sont aussi utilisées dans l’alimentation des animaux. Les tiges, elles sont utilisées comme sel alimentaire.
 
La plante présente une bonne résistance à la sécheresse, aux maladies et aux ravageurs et surtout un très bon rendement. Un pied de manioc peut produire 5 à 6 kg de tubercules, dont le poids varie de 100g jusqu’à 3 kg.

On distingue deux catégories principales de manioc selon leur teneur en acide cyanhydrique: le manioc doux (pour la consommation directe du tubercule) et le manioc amer (pour la fabrication de la fécule et autres dérivés).


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