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Administré aux enfants, le BCG assure une protection de 20 ans
  • Administré aux enfants, le BCG assure une protection de 20 ans

Crédit image: Panos

Lecture rapide

  • Plus de 20% des patients atteints de tuberculose en Afrique sont décédés en 2015

  • Une nouvelle étude montre que le vaccin antituberculeux administré durant l'enfance pourrait protéger les adultes

  • Selon un expert, les conclusions sont pertinentes à l'ère de la co-infection TB/VIH

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[KISUMU, KENYA] Une étude montre qu'un vaccin antituberculeux pourrait fournir environ 50% de protection contre la maladie, dix à vingt ans après avoir été administré aux enfants en âge scolaire.
 
Selon des chercheurs basés au Royaume-Uni qui ont mené l'étude, cette découverte offre de nouvelles connaissances sur la lutte contre la tuberculose dans les milieux à faible revenu.
 
L'étude, menée auprès d'adultes en Angleterre, dix à trente ans après qu'ils se sont fait administrer à l'école le vaccin BCG (vaccin bilié de Calmette et Guérin), a été publiée dans l'International Journal of Epidemiology, le 31 août.

“De bons services comprenant des tests et une vaccination BCG pour les proches non infectés et non encore vaccinés devraient contribuer à réduire le risque de transmission.”

Punam Mangtani
London School of Hygiene and Tropical Medicine

 
Les chercheurs ont comparé un groupe de 677 personnes diagnostiquées de la tuberculose entre 2003 et 2012 et un autre de 1.170 personnes sans antécédents de la maladie.
 
Ils ont ensuite mené une enquête auprès des adultes dans les deux groupes portant sur le BCG, essayé de détecter des traces de vaccination et ont posé des questions sur leurs antécédents en matière de vaccination. Ils ont ainsi découvert que, dans l'ensemble, les patients tuberculeux étaient plus susceptibles de ne pas avoir reçu le vaccin BCG alors qu'ils étaient en âge de fréquenter l'école.
 
"La vaccination en milieu scolaire a offert une protection modérée contre la tuberculose pendant au moins 20 ans, ce qui est plus long qu'on ne le croyait", affirment les chercheurs. "Cela a des implications pour l'évaluation du rapport coût-efficacité de la vaccination BCG et le développement de nouveaux vaccins contre la tuberculose."
 
Punam Mangtani, co-auteur de l'étude et professeur agrégé d'épidémiologie à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, a déclaré à SciDev.Net qu'en dépit de plusieurs essais et de l'existence d'environ treize nouveaux candidats vaccins antituberculeux en développement, il est difficile de trouver de nouveaux vaccins antituberculeux offrant une protection supplémentaire offerte par le seul vaccin antituberculeux autorisé.
 
Selon Punam Mangtani, l'étude donne un aperçu de l'utilité de la vaccination BCG, en particulier dans les milieux à faible revenu : "De bons services comprenant des tests et une vaccination BCG pour les proches non infectés et non encore vaccinés devraient contribuer à réduire le risque de transmission."
 
Mais Punam Mangtani explique que si les coûts du traitement antituberculeux ne sont pas entièrement couverts par les services de santé, cela se traduirait par un double fardeau économique, en particulier pour les pauvres vulnérables.
 
Le risque de tuberculose est élevé, mais la couverture vaccinale est faible, comme dans certaines parties de l'Afrique centrale et occidentale, de l'Asie de l'Est et du Pacifique, selon un communiqué de la London School of Hygiene and Tropical Medicine.
 
Selon l'OMS, il y avait environ 10 millions de nouveaux cas de tuberculose dans le monde en 2015, la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Nigéria, le Pakistan et l'Afrique du Sud représentant 60% d'entre eux.
 
L'OMS ajoute qu'en 2015, la proportion de patients tuberculeux décédés variait de moins de 5% dans quelques pays à plus de 20% dans la plupart des pays africains.
 
John Kembe, médecin et chargé de cours à temps partiel à la Kenya Medical College à Kisumu, affirme que le fait que le BCG puisse être administré aux enfants de 12 à 13 ans et assurer une protection par la suite mérite d'être exploré dans cette ère de multi-résistance à la tuberculose et de co-infection VIH/TB.
 
"Cela pourrait signifier que la jeune génération se verrait offrir une protection à un moment où elle risque de contracter la tuberculose et le VIH, en particulier dans des pays comme le Kenya", explique encore John Kembe.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.
 

Références

Punam Mangtani et autres - The duration of protection of school-aged BCG vaccination in England: a population -based case–control study (International Journal of Epidemiology, 31 août 2017) 
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