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  • Un antipaludique en comprimés avec un goût plus sucré pour les enfants

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Des études réalisées dans cinq pays africains ont montré qu'une nouvelle préparation sucrée d'un antipaludique à dissolution dans l'eau est tout aussi efficace que le comprimé standard qu'on écrase.

Cette nouvelle préparation aurait pour avantage d'encourager les enfants à compléter une cure d'antipaludiques.

L'étude réalisée au Bénin, au Kenya, au Mali, au Mozambique et en Tanzanie, a été publiée en ligne dans The Lancet le mois dernier (15 octobre).

Les chercheurs ont choisi au hasard près de 900 enfants de moins de 12 ans, en leur prescrivant soit un comprimé d'artemether-luméfantrine écrasé et dissout dans de l'eau, soit le nouvel artemether-luméfantrine parfumé à la cerise, spécialement conçu pour se disperser dans l'eau.

Ils ont découvert que la préparation parfumée à la cerise était tout aussi efficace dans le traitement du paludisme.

Dans le but d'aider les jeunes enfants à avaler leurs comprimés, il est fréquent que lles fournisseurs de soins écrasent le comprimé classique et le mélangent avec de l'eau. Mais, pour Issaka Sagara, du Centre malien de recherche et de formation sur le paludisme à l'université de Bamako, l'un des auteurs de l'étude, le fait d'écraser la pilule risque d'affaiblir son dosage. Par ailleurs, les enfants rejettent le comprimé amer, même s'il a été préalablement écrasé.

Le rejet du médicament complique l'évaluation du dosage et réduit l'efficacité du traitement. Le phénomène encourage aussi l'évolution possible de souches pharmacorésistantes du parasite, puisque seule une petite partie de la dose correcte du produit est avalée.

L'auteur principal de l'étude, Salim Abdulla, de l'Institut de Santé d'Ifakara, en Tanzanie, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net), que le médicament sucré facilite la tâche des adultes devant administrer les doses aux enfants.

"Les enfants préfèrent le médicaments parfumés à la cerise et cela rend le traitement du paludisme plus effectif" , affirme Abdulla. "Ces médicaments [à l'instar des antipaludiques actuels] sont susceptibles d'être largement disponibles dans le secteur privé".

Une fois que l'étude revue et le médicament aromatisé approuvé par les autorités réglementaires, il sera distribué aux enfants dans les pays où le paludisme est endémique, affirme Bernhards Ogutu, chargé de recherche principal à l'Institut de Recherches médicales du Kenya et l'un des participants à l'étude. La préparation devrait coûter le même prix que les antipaludiques couramment utilisés actuellement.

Ogutu souligne l'importantance de disposer de médicaments adaptés aux besoins des enfants, au vu de la fréquence potentielle des traitements – les enfants pouvant faire deux ou trois crises par an.

Dans un commentaire publié en parallèle dans la revue The Lancet, Hailay DestaTeklehaimanot du Centre du Développement de Santé nationale éthiopien affirme que l'impact de la recherche sera "substantiel" parce qu'elle améliore "l'un des antipaludiques les plus utilisés en Afrique".

Lien vers le résumé dans The Lancet

Références

The Lancet doi:10.1016 (2008)

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